Jonathan Lapointe devra rester en prison jusqu’à Noël, puisqu’il est incapable de respecter les règles qui lui sont imposées.

Le juge Simard à Jonathan Lapointe: « Vous devez comprendre le message. »

« La défense de trouble mental ne s’applique pas à vous. Vous savez très bien ce que vous faites. Vous devez comprendre le message. » Le juge Pierre Simard a condamné Jonathan Lapointe à 30 jours de prison et à un suivi probatoire de deux ans, ajoutant au passage que le problème de manque de ressources adaptées à ce jeune homme aux prises avec des problèmes de santé mentale était bien réel, mais que l’individu de 24 ans devait finir par respecter les règlements.

Jonathan Lapointe avait été arrêté il y a une dizaine de jours, lorsqu’il a menacé des gens de la ressource où il vivait qu’il était capable de se battre et de « tous les coucher par terre, qu’il était formé pour ça ». L’individu avait été arrêté, puis incarcéré, puisqu’il était en bris de condition. Lapointe a plusieurs peines de prison à son actif, dont une de 15 mois pour avoir fait semblant d’avoir été attaqué par un ours, au parc de la Rivière-du-Moulin, alors qu’il avait 19 ans. Il a également été reconnu coupable de menaces et de voies de fait à l’égard de ses proches, notamment en poussant sa mère.

Le jeune homme, qui souffre d’un syndrome de Gilles de la Tourette, d’une déficience intellectuelle, d’un trouble de personnalité limite et d’un trouble de déficit de l’attention, avait demandé au juge qu’on ne l’envoie pas en prison, puisqu’il avait peur et qu’il y vivait de l’intimidation.

Ses nombreux antécédents judiciaires concernent surtout des bris de conditions, puisque pour reprendre les mots du juge Pierre Simard et du procureur de la Couronne Me Jean-Sébastien Lebel, Jonathan Lapointe est réfractaire à la discipline et n’est pas capable de respecter les règlements qui lui sont imposés.

Par exemple, il a été pincé en train de donner de l’alcool à ses compagnons de la résidence où il vivait et à fumer des cigarettes, alors que cela lui était interdit. Il consomme aussi beaucoup de boissons énergisantes, ce qui ne lui est pas recommandé compte tenu de ses problèmes de santé.

Le juge Pierre Simard devait trancher entre une peine d’incarcération de 30 jours ou une peine en collectivité de deux mois, ce que proposait la défense, représentée par Me Charles Cantin.

Au cours de son enquête sur remise en liberté, Jonathan Lapointe avait promis qu’il respecterait les règles et suppliait le juge de ne pas l’envoyer en prison.

« J’ai peur. Je sais que j’ai la corde au cou. Je suis prêt à suivre les directives. Si j’échoue, tant pis, mais je suis prêt à tenter le tout pour le tout », avait dit Lapointe.

Me Lebel avait précisé que l’accusé faisait toujours de telles promesses lorsqu’il se présentait devant les tribunaux, mais n’était tout simplement pas capable de s’empêcher de briser ses conditions par la suite.

Le procureur de la Couronne a ajouté qu’un 30 jours de prison était une peine clémente, qui prenait en compte les problèmes de santé mentale de l’accusé.

Le juge Simard a finalement opté pour la proposition de la Couronne, en condamnant l’individu à 30 jours d’incarcération. Dix jours seront retranchés à cette peine, puisqu’il a purgé du temps préventif.

Le juge Pierre Simard espère que cette nouvelle peine sera la dernière de Jonathan Lapointe. « Il faut que vous compreniez le message. Mais le véritable point dans tout ça, c’est de savoir où vous vivrez à votre sortie, puisque vous avez épuisé toutes les ressources. Je crois que la meilleure place, c’est chez votre beau-père, qui est maintenant votre seul allié. Vous avez besoin d’encadrement et la société a besoin de protection », a souligné le juge Simard.

Le beau-père de l’accusé avait témoigné en cour, mercredi, et se disait prêt à accueillir le jeune homme chez lui.

À sa sortie de prison, Jonathan Lapointe devra suivre un suivi probatoire de 24 mois et il aura un couvre-feu les 12 premiers mois. Il lui est également interdit de consommer de la drogue et de l’alcool, de même que des boissons énergisantes.

S’il brise ses conditions à nouveau, il sera immédiatement réincarcéré.