Le juge Jean Hudon

Le juge Hudon exaspéré par le manque d’effectifs

Un étrange cafouillage a eu lieu à la cour criminelle d’Alma, mercredi matin, alors que le juge de la Cour du Québec, Jean Hudon, a dû ordonner aux agents de détention d’admettre une dame qui venait de recevoir une sentence de 30 jours de prison pour de multiples vols. Les agents refusaient initialement de prendre la dame puisqu’ils n’avaient pas d’espace pour la ramener à la prison de Roberval.

« Vous allez appeler votre patron pour trouver une façon d’amener madame à Roberval, parce que ce n’est pas aux policiers de faire cela. Et il n’y a pas question de G7, ces gens-là n’ont pas encore été arrêtés ! », a fait savoir le juge.

En plus d’effectuer le transport des détenus, les agents en milieu carcéral sont aussi présents afin de les surveiller et de les accompagner à la cour lorsque leur dossier est appelé. Puisque le juge a ordonné l’admission de la dame, les deux agents l’ont escortée et ont commencé à procéder à son admission.

Le nœud du problème survient à ce moment-là, puisque la cour se trouvait bloquée, car tous les cas restants étaient des gens déjà en détention, ce qui demandait l’intervention de deux agents. « Nous sommes quatre agents présentement. Nous devons être deux pour admettre la dame et faire la fouille. Les deux autres surveillent les autres détenus. Il nous est impossible de vous amener qui que ce soit, tant que l’admission de madame n’est pas terminée », a expliqué un agent au juge Hudon.

Les avocats présents dans la salle ont aussi ajouté qu’ils ne pouvaient pas rencontrer leurs clients en détention non plus, puisque l’intervention des agents est requise.

Ce n’est pas la première fois que le juge Jean Hudon fait face à de tels problèmes de logistique. « J’ai déjà dénoncé ce problème il y a quelques mois, et je vais le refaire, puisque ce n’est définitivement pas réglé », a-t-il expliqué aux agents carcéraux. Ceux-ci ont aussi mentionné que de leur côté le problème avait aussi été soulevé à la direction plusieurs fois, mais qu’aucune modification n’a été apportée. « C’est trop récurrent. Ça embourbe la cour pour aucune raison », a mentionné l’agent au juge.

« Le tout fonctionnerait beaucoup mieux si nous étions cinq sur le plancher. Nous, tout ce que nous voulons, c’est faire ce qui est sécuritaire en maintenant un roulement pour la cour. On ne veut pas être un boulet », a conclu l’agent carcéral.