Le centre d’hébergement temporaire de la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi a été ouvert au hangar de la Zone portuaire le 31 mars.
Le centre d’hébergement temporaire de la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi a été ouvert au hangar de la Zone portuaire le 31 mars.

Le hangar de la Zone portuaire transformé pour accueillir des sans-abri

Le hangar de la Zone portuaire de Chicoutimi a été transformé depuis une semaine en zone de débordement de la Maison d’accueil pour sans-abri, afin d’accueillir un surplus de clientèle et les personnes qui ne se conforment pas aux règles de confinement mises en place par l’établissement.
Dix-huit lits prêtés par la Base militaire de Bagotville ont été installés dans le hangar de la Zone portuaire de Chicoutimi, lequel a été transformé en zone de débordement pour la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi.

Dix-huit lits fournis par la filiale 235 Chicoutimi de la Légion royale canadienne, prêtés initialement par la Base militaire de Bagotville, ont été installés le 31 mars dans le corridor du hangar, où se trouvent des locaux et bureaux utilisés lors de l’organisation d’événements.

Luc Girard, responsable immeuble et débordement pour la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi, est l’un des deux intervenants présents chaque jour sur le site, qui est accessible de 21h30 à 7h30.

Depuis, quatre à cinq personnes utilisent quotidiennement le centre d’hébergement temporaire mis en place par l’organisme, a expliqué en entrevue Michel St-Gelais, directeur général de la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi. La mesure a été implantée de concert avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la région et la Ville de Saguenay.

« Ce n’est pas nécessairement juste en cas de débordement, c’est si les personnes qui veulent fréquenter la Maison d’accueil n’acceptent pas les mesures de confinement et d’isolement, […] on leur offre l’alternative de pouvoir dormir dans notre centre de débordement et de pouvoir avoir accès à des repas à l’extérieur », a-t-il expliqué.

Le centre de débordement est accessible de 21h30 à 7h30 le matin. Deux intervenants se trouvent sur place, surveillent l’apparition de symptômes et s’assurent que les personnes présentes respectent les mesures de distanciation sociale, alors qu’un espace minimal est respecté entre chaque lit. Ils ont également accès aux toilettes et aux douches de l’établissement. Une fois le matin venu, les lieux sont entièrement désinfectés.

La Maison d’accueil se trouve en confinement préventif depuis le 30 mars, à 16h, et a dû réduire sa capacité d’accueil de 35 à 25 places. Les allées et venues, qui sont habituellement libres et non surveillées par l’organisme, ont alors été interdites, sauf pour les déplacements essentiels, une mesure que certains n’ont pas respectée. D’autres n’ont pas coopéré face aux mesures de distanciation sociale imposées afin de protéger la clientèle de l’établissement et son personnel.

Une augmentation attendue

« Dès le premier soir, ç’a été utilisé, et on prévoit une augmentation au fil des jours », estime le directeur général. Il s’attend à ce que les quelques places encore disponibles mardi à la Maison d’accueil soient comblées prochainement, d’autant plus que l’organisme, qui est la seule ressource pour les personnes en situation d’itinérance au Saguenay-Lac-Saint-Jean, poursuit les admissions.

Quatre à cinq personnes utilisent quotidiennement le centre d’hébergement temporaire.

La ressource est également forcée de changer ses façons d’intervenir auprès des sans-abri en raison de la crise de la COVID-19. « Dans notre philosophie, c’est nous qui nous adaptons à leur réalité, et non pas les réalités qui s’adaptent à nous. Là présentement, on est un peu dans une philosophie contraire », a-t-il souligné, en précisant que ces mesures sont nécessaires afin de pouvoir continuer à offrir les services de l’organisme pendant la crise.

Michel St-Gelais estime que certains sans-abri qui préfèrent profiter de leur liberté finiront par constater que cette liberté demeure bien limitée dans le contexte actuel, alors que les lieux et toilettes publiques sont fermés le jour et que plusieurs commerces n’acceptent plus l’argent comptant.

En cas de besoin, d’autres lieux de débordement ont été identifiés avec le CIUSSS, précise le directeur général, qui estime que la région est bien préparée pour assurer une continuité des services pour cette clientèle vulnérable.