Le président du Conseil du Trésor et ministre responsable de la région, Stéphane Bédard, a fait une déclaration en ce sens quelques minutes après une allocution présentée devant la Chambre de commerce du Saguenay.

Le gouvernement prêt à s'asseoir avec RTA

Après avoir conclu une entente de 15 ans avec le producteur d'aluminium Alcoa, le gouvernement du Québec est prêt à s'asseoir avec la société Rio Tinto Alcan pour discuter d'une multitude de sujets d'importance pour l'économie du Québec, et plus particulièrement celle de la région qui tourne au ralenti.
Le président du Conseil du Trésor et ministre responsable de la région, Stéphane Bédard, a fait une déclaration en ce sens quelques minutes après une allocution présentée devant la Chambre de commerce du Saguenay où il a expliqué la logique qui a guidé la construction du budget déposé la semaine dernière. Un budget, a dit le ministre, qui est basé sur le contrôle des dépenses et une grande prudence quant aux prévisions de croissance.
«Nous sommes prêts à nous asseoir avec Rio Tinto Alcan», a déclaré à deux reprises Stéphane Bédard, avant d'ajouter que les discussions porteraient sur d'éventuels engagements de la multinationale, les différentes phases pour les projets d'expansion à Jonquière et Alma.
Le député de Chicoutimi répondait ainsi à une question du Quotidien concernant la demande du leader syndical Alain Gagnon pour prolonger de quelques années encore le permis d'exploitation des cuves précuites du complexe Jonquière. Le président du SNEAA-Unifor, au lendemain de l'entente Alcoa, faisait état de ses craintes quant au fameux trou noir qui guette 900 travailleurs de Rio Tinto Alcan entre la mise en service des deux dernières phases de l'usine AP60 et la fin du permis d'exploitation des cuves précuites qui a été fixée par décret au premier janvier 2016.
«Ce que nous disons, c'est que le gouvernement du Québec est prêt à s'asseoir avec Rio Tinto Alcan», a de nouveau répliqué Stéphane Bédard quand il a été question de la demande du leader syndical. Il n'a donc pas exclu cette idée. Lors des discussions entourant le premier report de l'échéance des permis environnementaux, le gouvernement du Québec avait attendu la demande de Rio Tinto qui est l'exploitant de l'usine.
La position de Stéphane Bédard à propos du dossier Rio Tinto Alcan constituait une suite logique à l'allocution qu'il venait de prononcer. Il avait confirmé un changement important de vision du gouvernement concernant Hydro-Québec. «Il y a une vision qui est celle des grands centres pour qui Hydro-Québec doit générer des profits avec les ventes et l'exportation. Le paysage a changé avec les nouvelles énergies. L'autre vision est celle que nous avons choisie qui consiste à utiliser Hydro-Québec et les surplus énergétiques comme un levier économique pour supporter le développement régional», a soutenu le député de Chicoutimi.
Stéphane Bédard a reconnu qu'il y avait en ce moment un ralentissement économique dans la région attribuable à la fin des chantiers de la route 175 et AP60. Stéphane Bédard a évidemment rappelé que le gouvernement ne pouvait pas obliger une entreprise à lancer un projet. Il faut toutefois déduire de ces différents commentaires qu'il existe un lien possible entre les demandes de la multinationale sur une nouvelle tarification industrielle contre des engagements contractuels pour les différents projets.
Pendant l'allocution, Stéphane Bédard a confirmé qu'il avait rencontré Étienne Jacques, le vice-président Métal Primaire chez Rio Tinto Alcan, lundi dernier, et que la première ministre Pauline Marois rencontrait régulièrement la présidente de Rio Tinto Alcan, Jacynthe Côté. Il n'a toutefois pas révélé le contenu des discussions.
Sur le plan des infrastructures, le gouvernement du Québec évalue les opportunités qui pourraient permettre d'avancer certains projets lorsqu'une région affiche un ralentissement économique comme c'est le cas au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'exercice a été réalisé par le ministère de l'Éducation.
«Nous avons choisi les commissions scolaires puisque nous sommes en mesure d'intervenir partout sur le territoire. Aussi, les commissions scolaires sont des partenaires qui gèrent très bien et dont les projets de construction d'école respectent toujours les budgets.»
De plus, Québec évaluera les opportunités pour implanter des services gouvernementaux dans les régions comme c'est le cas dans le domaine informatique avec des bureaux à Chicoutimi et Rimouski.