Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’est défendu de céder par cette annonce aux pressions des ambulanciers de Québec. En conférence de presse à l’Assemblée nationale, il a souligné que l’évaluation se faisait de façon continue et que ces décisions avaient été prises en fonction des tendances.

Le gouvernement Couillard investit 28 millions $ dans les ambulances

QUÉBEC — Après des semaines de revendications des ambulanciers de la région de la capitale qui déploraient même la mort de certains patients, le gouvernement Couillard a annoncé mercredi 28,2 millions $ de plus pour améliorer la couverture à la grandeur du Québec.

Cela se traduira par 22 véhicules de plus sur les routes et 133 000 heures de service supplémentaires.

Près de la moitié de ces ambulances, 10, sera ajoutée dans la région métropolitaine, soit Montréal et Laval, mais quatre seront déployées à Québec et sept autres en Montérégie. Finalement, une sera ajoutée à Gatineau.

En outre, neuf horaires de faction seront convertis en quarts de travail régulier, c’est-à-dire que des horaires de disponibilité mis en place dans les régions moins densément peuplées seront transformés en quarts de travail de huit heures, à raison de trois par jour. Les zones retenues sont Saint-Paulin, Lotbinière, Waterloo, Louiseville, Saint-André-Avellin, Gracefield, Maniwaki, Grenville et Lacolle.

Une situation qui est somme toute bien accueillie du côté du Syndicat des Paramédics du Coeur du Québec, en Mauricie.

«C’est évidemment une très bonne nouvelle pour les citoyens de la Mauricie et c’est un pas dans la bonne direction de la part du gouvernement, mais on souhaite voir de quelle manière ils vont procéder avant de nous prononcer clairement sur le sujet», précise le président du syndicat des Paramédics du Coeur du Québec, Michel Beaumier.

Malgré cette annonce faite par le gouvernement Couillard, Michel Beaumier soutient que les moyens de pression déjà entamés en Mauricie et au niveau national ne s’arrêteront pas du jour au lendemain si rien n’est fait du côté de la convention collective.

«Les moyens de pression vont demeurer pour l’instant, mais on n’exclut pas non plus de les diminuer éventuellement si les négociations avancent», précise-t-il.

Rappelons que récemment, des ambulanciers de Québec avaient plaidé que des retards dans des interventions avaient entraîné la mort d’au moins deux patients.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’est défendu de céder par cette annonce aux pressions des ambulanciers de Québec. En conférence de presse à l’Assemblée nationale, il a souligné que l’évaluation se faisait de façon continue et que ces décisions avaient été prises en fonction des tendances.

«Une année où il y a eu plus d’épidémies de grippe, par exemple, qui ont nécessité plus de transport de personnes âgées. Alors, on peut constater que, dans une année donnée, il y ait eu une utilisation supérieure au seuil. Il faut attendre de voir si cette tendance-là se maintient et c’est ce que l’on fait continuellement.»

À titre de précision, quand une ambulance est utilisée à plus de 25 pour cent du temps pour le transport de patients, alors l’horaire de faction est converti en quart de travail.

«Les ambulanciers aujourd’hui veulent quoi? Ils voudraient qu’il n’y ait plus d’horaires de faction. Il y a des territoires où le taux d’utilisation en horaires de faction d’une ambulance est de 15 pour cent, et ces ambulanciers-là voudraient que ce soit en quarts de travail. À un moment donné, c’est une question d’arbitrage.»

Par ailleurs, deux zones qui demandaient une meilleure couverture, soit Lévis, près de Québec, et Manawan, une communauté atikamekw dans Lanaudière, n’ont pas obtenu ce qu’elles souhaitaient.

M. Barrette soutient que des ajustements ont été faits à Lévis, mais que le point de bascule de l’horaire de faction au quart de travail n’a pas été atteint, tandis que pour Manawan, des discussions sont encore en cours.

Le ministre a par ailleurs déploré que les négociations avec un des grands employeurs des ambulanciers, la Corporation de services ambulanciers du Québec (CSAQ), n’avancent plus.

«Nous sommes actuellement empêtrés dans une stagnation de négociation avec la CSAQ, qui est doublée de poursuites juridiques contre le gouvernement», a commenté M. Barrette.

La CSAQ a été convoquée à une séance de négociations qui devait avoir lieu mercredi et le gouvernement allait l’inviter à négocier «de bonne foi» durant un blitz, a ajouté le ministre.

En collaboration avec Amélie Houle