Le lion «Norm», chouchou du propriétaire Normand Trahan, avait quatre ans. Il est mort de causes naturelles en juillet 2019, selon la SPCA.

Zoo de Saint-Édouard: le lion serait mort de causes naturelles, selon la SPCA

TROIS-RIVIÈRES — La Société pour la prévention de la cruauté des animaux de Montréal (SPCA) n’a pas tardé à réagir aux informations dévoilées, jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières, dans le dossier du Zoo de Saint-Édouard concernant la mort d’une quinzaine d’animaux.

Dans un communiqué émis tôt vendredi matin, elle soutient qu’il y a eu, depuis le début de la perquisition en mai 2019, un total de 16 morts, dont celui du lion «Norm», chouchou du propriétaire Normand Trahan. L’animal, qui, rappelons-le, avait quatre ans, est mort de causes naturelles en juillet 2019, selon la SPCA. «Ce lion a immédiatement bénéficié de soins d’urgence prodigués par une équipe vétérinaire composée des meilleurs spécialistes en médecine zoologique de la province avant de succomber à une condition naturelle intraitable. La cause de la mort a par la suite été confirmée par une nécropsie effectuée au département de pathologie de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal», peut-on lire dans le communiqué.

Par ailleurs, en ce qui concerne la divulgation des informations concernant la mort des animaux, la SPCA soutient avoir transmis tous les documents à ce sujet et n’avoir rien caché à Normand Trahan.

«Alors qu’il a été rapporté que l’accusé aurait appris seulement en salle de cour le décès du lion, depuis le début de la perquisition, des inventaires d’animaux sont remis périodiquement à l’accusé. Ceux-ci font notamment état des décès et des naissances. De plus, le dossier médical du lion, son rapport de nécropsie, ainsi que les photos et les vidéos des interventions d’urgence ont été transmis dans leur entièreté à l’accusé le 1er novembre 2019, avec l’intégralité des dossiers médicaux de l’ensemble des animaux», ajoute la SPCA.

On se rappellera que Normand Trahan était visiblement bouleversé, jeudi, d’apprendre la perte de plusieurs animaux et tout particulièrement de son lion. «C’est pesant de voir mourir mes bêtes de même, surtout le lion. Ça meurt pas de même une bête, un lion qui a été élevé à la suce», avait-il raconté.

Son avocat, Me Michel Lebrun, avait pour sa part précisé que les informations liées à la mort de plusieurs animaux leur avaient été communiquées il y a quelques jours à peine dans le cadre d’une requête de la Couronne visant à faire stériliser une soixantaine d’animaux.

Vendredi, Me Lebrun a réitéré que jamais il n’avait été informé verbalement et formellement en temps utile du décès des animaux.

Il donne par contre raison à la SPCA mais en partie seulement. Après vérifications, il a découvert, vendredi matin, des informations sur la mort de certains animaux mais que celles-ci étaient en quelque sorte «noyées» dans une multitude de fichiers. Il a précisé avoir reçu à ce jour pas moins de 825 dossiers regroupant 11 491 fichiers totalisant 214 gigaoctets. Certaines références à la mort du lion y ont été retracées par l’avocat Lebrun, vendredi, dans des fichiers datant de novembre mais non dans un inventaire.

Il explique avoir reçu un premier inventaire en octobre mais dans lequel il n’était pas question d’animaux morts mais plutôt déplacés. Il a ensuite reçu un autre inventaire en décembre dont il a pris connaissance en janvier. C’est dans ce document qu’il a appris la mort du lion survenu en juillet et des autres animaux.

Ainsi, il rappelle que son client avait raison de dire qu’il avait appris la nouvelle cette semaine. Il déplore par ailleurs que la défense n’ait jamais eu la chance de faire des contre-expertises sur les animaux morts. «La SPCA s’est assurée d’être la seule à pouvoir déterminer les causes des décès. De notre côté, nous n’avons jamais eu l’opportunité de vérifier leurs dires. Et ce que j’apprends maintenant est loin de me rassurer», a-t-il affirmé.

Le dossier du zoo revient le 24 janvier pour fixer la date de l’audition de la requête visant à permettre la stérilisation de 64 animaux, et ce, dans le but de prévenir les maladies et infections génitales, d’éviter l’isolement des animaux non stérilisés, d’éviter les conflits entre les animaux dus aux comportements agressifs afférents à la reproduction, de prévenir la consanguinité entre animaux du même groupe et d’assurer une saine gestion du contrôle des naissances.

Il y a eu 41 naissances depuis le 21 mai 2019, jour du début de la perquisition. En tenant compte des morts ou fuites, le décompte actuel des animaux sous la garde de la SPCA est de 250.

Quant à l’enquête préliminaire de Normand Trahan pour les accusations de cruauté et de négligence envers les animaux, elle commencera le 12 mars.