Yondr ou la vie sans téléphone intelligent

Que diriez-vous d’avoir votre téléphone cellulaire sur vous durant un spectacle ou à l’école secondaire, au cégep ou à l’université, mais de ne pas pouvoir y accéder avant la fin de la soirée ou la fin du cours? Yondr, une jeune entreprise de San Francisco, a développé un produit afin de créer des espaces «sans cellulaire» dans un monde de plus en plus «branché».

Ceux qui ont assisté au spectacle des Misfits au Prudential Center de Newark le 19 mai ou à ceux de la présente tournée de Jack White, dont son arrêt à Toronto le 9 juin, connaissent déjà les pochettes Yondr. 

À l’entrée, un préposé plaçait le téléphone intelligent de chaque spectateur dans une pochette et le verrouillait à l’intérieur grâce à un système s’apparentant à celui qui permet d’attacher des antivols aux vêtements dans les boutiques. Le spectateur conservait sur lui la pochette contenant son précieux téléphone toute la soirée et un préposé lui rendait sa liberté une fois le spectacle terminé en déverrouillant et récupérant la pochette. 

L’ex-joueur de soccer américain Graham Dugoni est l’homme derrière Yondr, l’entreprise qu’il a lancée en 2014. Âgé de 31 ans, il n’est pas présent sur Facebook et son cellulaire est un préhistorique téléphone à clapet (flip phone). Celui qui a étudié en science politique à l’Université de Duke ne se destinait pas du tout au monde des affaires, mais Yondr l’y a amené.

Par la philosophie

«Quand je jouais au soccer en Norvège, j’avais beaucoup de temps libre et j’ai commencé à m’intéresser aux philosophes existentialistes. J’ai lui Heidegger, Kierkegaard et plusieurs autres et c’est comme si j’étais tombé dans le terrier du lapin blanc de la philosophie!», raconte-t-il en entrevue téléphonique avec Le Soleil, citant une scène célèbre du livre Alice au pays des merveilles.

«Je me suis mis à penser aux téléphones intelligents et j’ai commencé à m’intéresser au rôle de la technologie dans la société et à la façon dont elle affecte les gens. Je me suis demandé ce que je pourrais développer pour faire face à certains des problèmes créés par le fait que la société occidentale maintient une certaine philosophie qui nous a amenés là», poursuit-il.

Dugoni a donc commencé par s’entretenir avec certaines écoles au sujet des téléphones intelligents. «Les écoles sont vraiment les premiers établissements avec lesquels j’ai parlé, suivis des bars et des salles de spectacle», poursuit-il. C’est comme ça qu’il a eu l’idée d’une pochette qu’on peut garder sur soi, histoire de ne pas confier nos gadgets de plus de 500 $ à des inconnus, mais qui nous empêche d’accéder à ces petits ordinateurs qui sont dans nos poches presque 24 heures sur 24.

En arrivant au concert, des préposés sont en place pour sceller les téléphones intelligents dans la pochette Yondr.

Humoristes et musiciens

«L’un des premiers à avoir saisi le concept de Yondr est l’humoriste Dave Chappelle. C’est particulier, car, lorsque je pensais aux artistes en développant mon produit, je ne pensais pas d’abord aux humoristes. Ce sont cependant eux qui ont été les premiers utilisateurs du monde du spectacle», poursuit-il.

«Les humoristes aiment expérimenter, ils ont besoin de cette liberté d’essayer différentes choses pour voir si ça marche. Leur créativité a besoin de cette liberté, mais ils ne souhaitent pas nécessairement que tous ces “essais” soient filmés et aboutissent sur internet», souligne M. Dugoni.

Quant aux écoles, le fondateur de Yondr souligne que l’idée d’élèves «débranchés» dépasse les notions de distraction, de plagiat ou de harcèlement. «Il y a aussi la structure de l’apprentissage, la façon dont les gens apprennent. Les gens cliquent sur quelque chose et aboutissent automatiquement dans un monde surréaliste. Notre approche de base, c’est que les espaces sans téléphones sont plus efficaces, plus agréables.»

Maintenant, les pochettes Yondr sont présentes dans de plus en plus d’écoles américaines et même canadiennes et de plus en plus d’artistes demandent à les utiliser afin que leurs spectacles soient des zones sans téléphone. Guns N’ Roses, les Misfits, Jack White, l’humoriste Chris Rock, la tournée de Dave Chappelle avec le musicien John Mayer et plusieurs autres ont adopté le produit.

En tournée

Dans le cas d’une tournée comme celle de Jack White, les pochettes sont envoyées à l’artiste en compagnie d’un “directeur de tournée” de Yondr et le suivent comme le reste de son matériel. Dans chaque ville, des personnes sont embauchées et formées par le directeur de tournée pour remettre, verrouiller et déverrouiller les pochettes à l’entrée, à la sortie et dans les zones spéciales où les gens peuvent se rendre pour utiliser leur appareil avant de le faire verrouiller de nouveau au retour dans la salle de spectacle.

Pour la tournée de Chris Rock au Royaume-Uni, c’est le même principe. Les pochettes sont envoyées outre-mer et conservées dans des entrepôts loués là-bas. 

Graham Dugoni avoue que certains spectateurs distraits quittent parfois un spectacle sans remettre leur pochette, mais que ce n’est pas vraiment répandu. «La pochette Yondr n’a vraiment aucune autre utilité que celle d’empêcher quelqu’un d’utiliser son cellulaire, alors je ne peux pas dire que plusieurs sont tentés de les voler.»

L’homme d’affaires qui n’avait jamais prévu le devenir espère maintenant que son entreprise pourra continuer de grandir. «Ma perception, c’est la réalité que je vois actuellement et je constate que la demande est à la hausse», conclut celui qui donne du travail à une trentaine de personnes au siège social de l’entreprise.

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La pochette et le système de verrouillage et déverrouillage Yondr

Des réactions qui divergent

Le spectateur qui se voit pour la première fois confronté à l’obligation de déposer son téléphone cellulaire dans une pochette Yondr peut avoir plusieurs réactions: l’approbation, l’abnégation, l’amusement ou la colère pure et simple.

Force est d’admettre que la mécanique semblait rouler beaucoup mieux au spectacle de Jack White au Budweiser Stage de Toronto qu’à celui des Misfits, réunis à leur chanteur original Glenn Danzig, réputé pour détester les caméras, au Prudential Center de Newark.

Tout d’abord, les employés en place étaient beaucoup plus assidus à leur tâche en Ontario qu’au New Jersey, même si de rares ­spectateurs ont réussi à «passer» un cellulaire au spectacle de l’ex-leader des White Stripes. Au spectacle des Misfits, on comptait davantage sur la bonne foi des spectateurs et on a aussi pu constater que certains mécontents ont réussi à déchirer la pochette Yondr avec des clés pour en extirper leur cellulaire.

«C’est certain qu’un spectacle punk comme celui des Misfits, c’est un public, disons, différent, moins à l’aise avec l’autorité que le public d’un spectacle de musique classique!», lance en riant Kelly Taylor, responsable du marketing et des relations avec les médias de Yondr. 

«Il y a aussi plus de gens qui boivent et qui “oublient” de faire déverrouiller la pochette à la fin de la soirée ou qui décident tout bonnement de la garder et de l’ouvrir avec un couteau une fois à la maison», poursuit-elle, rappelant toutefois que c’est loin d’être la majorité du public.

«Bien sûr, il y en a qui n’aiment pas faire “barrer” leur téléphone au départ, car pour certains, le téléphone cellulaire est presque devenu un membre supplémentaire. C’est un peu comme une désintox! Cependant, les spectateurs ne sont jamais en colère après avoir assisté à un spectacle sans téléphone. On voit davantage de sourires que de visages fâchés à la sortie», souligne Mme Taylor.

La tournée de Jack White est la plus importante sur laquelle Yondr ait travaillé jusqu’à maintenant. La tournée de Dave Chappelle et John Mayer, qui s’arrêtera au Centre Bell le 28 juillet, sera de la même ampleur et permettra au public québécois de s’initier aux zones sans cellulaire. «Ce sera “notre” plus gros spectacle au Québec», assure Kelly Taylor.

Le groupe montréalais Arcade Fire avait aussi jonglé avec l’idée d’utiliser les pochettes Yondr l’an dernier, mais Kelly Taylor indique que le projet avait été mis de côté en même temps que celui d’imposer un code vestimentaire strict à ses spectateurs.

Au niveau scolaire, les écoles secondaires demeurent les principaux clients de Yondr, mais s’ajoutent de plus en plus les «middle schools» qui regroupent les élèves de 11 à 14 ans aux États-Unis, et des universités. «Des professeurs nous contactent tous les jours pour voir de quelle façon nous pourrions les aider», indique Kelly Taylor. 

«Nous avons aussi des contrats pour des camps d’été, des soirées et même... des mariages!», ajoute-t-elle en terminant afin de démontrer que de plus en plus de sphères de la société sont maintenant attirées par l’idée de zones sans cellulaire.  

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Un outil apprécié des professeurs

Même si elles sont davantage utilisées dans les écoles américaines, les pochettes Yondr sont tout de même présentes dans une soixantaine d’écoles du Canada. Matt Acheson, le premier enseignant à les utiliser au pays, ne jure que par le produit développé par Graham Dugoni.

M. Acheson était préoccupé après avoir lu que la durée d’attention des élèves avait décliné de 30 % au cours des treize dernières années, ce qui correspondait grosso modo à la hausse de popularité des téléphones intelligents.

«J’avais vu un petit reportage sur Yondr à CBC et c’est moi qui les ai contactés. Je leur ai écrit une lettre», explique au Soleil le professeur de soins de santé au St. Mary’s High School de Kitchener, en Ontario. À l’époque, l’enseignant avait eu droit à un prix d’ami de 45 $ par mois pour que Yondr fournisse des pochettes à ses étudiants. 

«Pour vendre l’idée à mes élèves, je leur avais dit que ça faisait du bien d’avoir du succès en classe et qu’ils auraient plus de succès s’ils n’étaient pas sans cesse dérangés par leurs cellulaires.», poursuit-il, assurant que la majorité de ses élèves était d’accord avec l’idée. «Il y a toujours quelques résistants, mais maintenant ils se rendent compte qu’ils apprécient davantage les cours quand ils ne sont pas dérangés.» L’enseignant a aussi immédiatement apprécié le fait que la base fournie par l’entreprise permette de déverrouiller les pochettes en quelques secondes après les cours.

Il assure que la moyenne de ses étudiants a augmenté de 5 % à 7 % suite à l’adoption de Yondr. «Et plus on le fait, plus on obtient des résultats», signale Matt Acheson. Suite à son expérience, tous les professeurs de géographie de neuvième année du St. Mary’s High School ont ensuite adopté une mesure similaire, invitant leurs élèves à créer leur propre «étui» pour y emprisonner temporairement leurs téléphones cellulaires.

En tant que professeur de soins de santé, M. Acheson demeure préoccupé par l’impact des téléphones intelligents sur l’apprentissage des jeunes. «Le problème est le même partout, même en Afrique et dans l’Est asiatique. Environ 90 % des jeunes ne sont pas supervisés quand ils utilisent un téléphone cellulaire. Il y a beaucoup de parallèles à faire avec la dépendance à la drogue. Une génération complète est accro à ces appareils.»

Extra-terrestre

Quant à Marc Philippe Parent, qui est chargé de cours en génie logiciel à l’Université Laval depuis 18 ans, il avoue être un «extra-terrestre» parmi ses collègues du département d’informatique. «La plupart de mes collègues sont capables de rester concentrés quand des étudiants utilisent leur téléphone durant le cours, mais ce n’est pas mon cas. Je ne suis pas capable d’enseigner quand je sens qu’on ne suit pas», explique celui qui donne maintenant surtout des cours à distance.

«Quand j’étais en classe, j’avais mis en place un règlement interdisant d’utiliser un téléphone ou un ordinateur durant le cours, car les gens sont déconcentrés par leurs appareils électroniques et ceux des autres. J’avais déjà essayé de les laisser les utiliser, mais ça a déraillé. Le téléphone intelligent dérange la personne qui l’utilise, ses voisins et, en bout de ligne, toute la classe.»

«Je sais que ce n’est pas de la malveillance, le problème c’est le phénomène de masse même si les étudiants sont des adultes. Un individu peut s’autodiscipliner, mais un groupe non», poursuit Marc-Philippe Parent.

Bref, l’enseignant trouve que les pochettes Yondr sont une excellente idée pour les professeurs. «Ça prend des incitatifs comme celui-là, mais jusqu’à maintenant, je n’ai pas vu beaucoup d’enseignants à l’Université mettre un règlement pour interdire le cellulaire en classe même s’ils ont le droit de le faire. Personnellement, je ne peux pas compétitionner avec un cellulaire», conclut-il. 

Karim Ouellet

Téléphone intelligent dans les spectacles: pas d’unanimité chez les musiciens

Les musiciens du Québec n’ont pas tous la même réaction devant des spectateurs qui utilisent leur téléphone intelligent durant leur prestation. Alors que certains l’acceptent, d’autres avouent avoir un problème avec ce phénomène.

«Je l’avoue, je trouve ça aberrant!», lance d’entrée de jeu le bassiste et chanteur Vincent Peake, leader du groupe alternatif Groovy Aardvark et membre de Grimskunk, Aut’Chose et d’une foule d’autres groupes québécois. 

«Le monde ne se laisse plus abandonner au moment. Le but d’un show rock, c’est une communion avec le monde, mais les téléphones ont créé un mur entre l’artiste et le monde», poursuit celui qui avoue n’avoir lui-même jamais possédé de téléphone intelligent.

Vincent Peake avoue également que comme amateur de musique, il trouve le phénomène difficile à comprendre. «À quoi ça sert d’enregistrer un show complet si tu n’apprécies pas le moment?», s’interroge-t-il, ajoutant qu’il comprend pourquoi certains artistes refusent les cellulaires à leurs spectacles et utilisent des dispositifs comme les pochettes Yondr pour s’assurer que leurs fans gardent les yeux sur la scène et non sur leurs gadgets électroniques.

«C’est quand même brillant comme solution. Je n’y aurais pas pensé. Je suis tout à fait pour. Par contre, si les gens ont besoin de ça pour ne pas tout le temps checker leur cellulaire, c’est pas drôle! Moi, qui ai grandi dans le metal, je ne peux imaginer quelqu’un regarder son cellulaire durant un show de Slayer ou au Rockfest. D’ailleurs, lors du dernier spectacle de Slayer à Laval, il n’y en avait pas tant que ça, des cellulaires. Peut-être parce que c’était une crowd un peu plus âgée.»

Des avantages

De son côté, Karim Ouellet avoue être un peu plus ambivalent sur le sujet. «Moi, j’ai la philosophie que le public fait bien ce qu’il veut. Par contre, après les shows, je jase avec le public et souvent j’entends: “Oui, le show était bon, mais plein de gens devant nous filmaient avec leurs cellulaires et ça nous dérangeait”», raconte-t-il, précisant que ses spectacles attirent des spectateurs de tous les âges.

«Malgré tout, je serais mal à l’aise de dire à un promoteur d’imposer quelque chose comme des pochettes Yondr», explique celui qui dit aussi trouver un avantage à voir ses fans filmer ses spectacles. «Personnellement, ça ne me dérange pas du tout. À au moins deux reprises, j’ai modifié des choses dans mon spectacle après avoir visionné des vidéos tournés par des fans. Il y a un avantage à avoir un feed-back visuel. C’est l’fun d’ouvrir Facebook après un spectacle et de voir des images et des vidéos.»

Concernant Jack White et le fait qu’il ait adopté les pochettes Yondr pour sa présente tournée, Karim Ouellet précise que le guitariste de Détroit est un cas différent. «Rendu où il est rendu dans sa carrière, Jack White n’a pas besoin de following sur les réseaux sociaux. Moi, je pense que ce n’est pas fâchant que des gars comme lui et Neil Young imposent ça car ils ont un petit quelque chose de légendaire. Ils ont le droit de donner des ordres!», illustre-t-il.

Personnellement toutefois, Karim Ouellet ne considère pas que d’utiliser son téléphone intelligent durant un spectacle soit un manque de respect à l’artiste. «Moi-même, des fois je checke mon cellulaire quand je suis à un spectacle, ou je l’utilise pour prendre des photos ou des vidéos», avoue-t-il.

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Louis-José Houde tolère bien les cellulaires à ses spectacles, mais il lui est arrivé d’intervenir quand le comportement devenait excessif.

Plus irrité comme spectateur

C’est davantage quand il assiste à des spectacles que quand il se produit devant son public que l’humoriste Louis-José Houde est irrité par les téléphones intelligents. 

«J’ai fait l’expérience des pochettes Yondr lorsque j’ai assisté à des spectacles de Chris Rock et Dave Chappelle et j’ai vraiment aimé ça. Il faut dire que j’ai un rapport très particulier avec mon cellulaire... Je crois que j’ai un iPhone 2», rigole-t-il.

«Comme spectateur, ça me dérange davantage de voir quelqu’un qui filme tout le temps que comme artiste. J’ai vu les Rolling Stones à Londres récemment et je n’en revenais pas de la quantité de monde qui filmait», poursuit celui qui n’a toutefois pas l’intention d’utiliser les pochettes Yondr lors de ses spectacles. 

«Maintenant, la plupart du temps, je suis capable de ne pas voir ça et je n’interviens pas. C’est pas vrai que je vais briser le beat de mon show parce qu’un spectateur n’a pas d’attention. Tu ne sais pas ce qui se passe dans la vie des gens. Peut-être qu’ils ont un proche à l’hôpital ou autre chose. Et quand quelqu’un me filme, je n’ai pas de problème, car souvent c’est un jeune qui est content d’être là et qui veut juste un souvenir.»

Louis-José Houde agit cependant différemment devant un spectateur ayant un comportement «excessif» avec son téléphone intelligent. «C’est arrivé récemment à Montmagny. Une femme était sur son cellulaire depuis le début du spectacle et après 20 minutes, je suis intervenu et j’ai reçu des applaudissements. Même chose quand un show ne lève pas, je vais m’en servir pour faire de l’impro et écœurer un peu le spectateur en question.»

«Les gens ne savent pas à quel point on les voit utiliser leur cellulaire. Ils ont beau baisser la luminosité, même s’ils sont dans la dernière rangée du deuxième balcon à Albert-Rousseau, ça éclaire ta face!» lance-t-il, précisant tout de même que le phénomène est moins présent qu’il y a cinq ou six ans.

«J’ai l’impression que c’était pire au début des téléphones intelligents. Maintenant, il y a un contrôle qui s’est installé. Beaucoup de gens sont maintenant capables de décrocher de leur cellulaire durant une heure et demie. À un moment donné, tu en reviens de faire des vidéos que tu ne regarderas jamais.»

Enjeux

L’humoriste avoue cependant avoir parfois des sueurs froides lorsqu’il se prépare à animer le gala de l’Adisq et qu’il teste ses blagues au Bordel comédie club. «Il m’est arrivé de tester mes gags à dix jours du gala devant une marée de téléphones. On fait ensuite le suivi pour s’assurer que ça ne devienne pas viral et que ça n’aboutisse pas sur YouTube ou Facebook. Jusqu’à maintenant, j’ai été chanceux, ça n’est jamais arrivé», signale-t-il.

«Je pense que cet aspect est plus difficile à gérer aux États-Unis pour les humoristes américains, qui ont souvent des contrats de plusieurs millions $ avec Netflix et qui ne veulent pas que leurs blagues se ramassent sur Internet six mois avant», conclut Louis-José Houde. 

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Quelques artistes qui utilisent Yondr

  • Jack White
  • Alicia Keys
  • Smashing Pumpkins
  • Tool
  • The Lumineers
  • The Misfits
  • John Mayer
  • HAIM
  • Chance the Rapper
  • Childish Gambino
  • Chris Rock
  • Dave Chappelle
  • Grouplove