La boutique Ordi-Livres est située au rez-de-chaussée d’un immeuble de l'avenue Maufils, dans le quartier Maizerets.

Vol spectaculaire dans un organisme d'aide

L’organisme Signes d’Espoir, qui vient en aide à des personnes sourdes et handicapées, a été victime d’un vol spectaculaire en cette période névralgique pour le financement de ses activités.

Signes d’Espoir, c’est un centre de jour fondé par sœur Louise Bellavance en 1979 pour soutenir cette clientèle délaissée. C’est aussi deux maisons: l’Auberge des sourds et Habitat-sourds. Se greffe au tout une fondation. Et un atelier de travail adapté où les produits en bon état — livres, disques et ordinateurs — sont restaurés pour être vendus à la boutique Ordi-Livres de l’avenue Maufils, dans le quartier Maizerets.

C’est là que la scène s’est jouée à un mois de Noël, raconte Stéphane Pellerin, directeur de l’atelier et responsable de la boutique. Des voleurs se sont introduits dans le commerce à vocation sociale… en défonçant un mur du sous-sol. «On n’est pas une banque, on ne pensait pas que les gens seraient si imaginatifs!»

La boutique était pleine. «On était en préparation de la vente de Noël», indique-t-il. «Ils ont pris une vingtaine d’ordinateurs, 22 pour être précis. Des portables et des PC, des ordinateurs de bureau. Puis ils ont aussi mis la main sur environ 500 $ en argent.»

M. Pellerin pense que les malfrats connaissaient très bien les lieux. Ou qu’ils avaient fait du repérage.

Car le commerce a un système d’alarme… depuis un autre vol survenu en février. Cette fois-là, les pillards avaient fracassé la porte de verre pour saisir quelques ordinateurs et prendre la fuite rapidement.

Mais, cette fois-ci, les voleurs sont restés plus longtemps.

Système d'alarme évité

Ordi-Livres est situé au rez-de-chaussée d’un immeuble de logements. La réserve du sous-sol a un mur mitoyen avec une zone accessible depuis la portion résidentielle du bâtiment. C’est par là que les dévaliseurs-démolisseurs ont percé la cloison, selon le récit de M. Pellerin. Juste au bon endroit. «C’est un peu spécial.»

En procédant ainsi, ils ont réussi à éviter le système d’alarme. 

Autre signe de la connaisse des lieux, les cambrioleurs ont poussé l’audace jusqu’à monter au rez-de-chaussée… en se faufilant hors de la portée des détecteurs de mouvements.

«Il fallait quand même que les gens planifient leur coup un peu beaucoup», observe Stéphane Pellerin. «C’est pas parce qu’on défonce quelque part qu’on trouve une vingtaine d’ordinateurs à voler. Il fallait qu’ils sachent qu’ils étaient là.»

«Tout le matériel provient de l’atelier de travail où on recycle livres et ordinateurs pour la revente», rappelle M. Pellerin, découragé. «Environ la moitié de notre personnel, ce sont des personnes sourdes. L’autre moitié, ce sont des gens qui ont d’autres limitations que ce soit des limitations physiques ou intellectuelles.» L’équipe est complétée par quelques travailleurs «sans limitations» et des volontaires. «On a beaucoup de bénévoles qui travaillent à la boutique. Ça fait en sorte que la boutique peut fonctionner et être rentable.»

450 tonnes par année

L’Atelier Signes d’Espoir reçoit de gros lots d’ordinateurs usagés: 450 tonnes par année. L’entreprise sociale dispose des certifications de sécurité nécessaires, entre autres pour l’effacement des données et pour la récupération des composantes.

«On en reçoit vraiment beaucoup. Mais la majorité, c’est du matériel en fin de vie.» Il faut donc plusieurs machines usagées pour réussir à «monter» un ordinateur performant, vendable. Et la vente d’ordinateurs à la boutique finance les activités de l’atelier qui offre des emplois à des gens qui ne pourraient pas travailler ailleurs.

«C’est certain que c’est ennuyeux. Le plus grave n’est pas tant monétaire.» Les assurances, une fois la franchise payée, ont épongé la perte de quelques milliers de dollars. «Mais c’est l’insécurité que ça crée au niveau des bénévoles qui s’impliquent. Ça crée du stress et des soucis chez les gens.» Puis il a fallu renforcer le mur, améliorer le système d’alarme.