En 2018, le Service de police de la Ville de Lévis a enregistré 127 plaintes de violence conjugale. Du nombre, 35 des victimes présumées étaient des hommes.

Violence conjugale: signalements masculins en hausse à Lévis

Dimanche soir, la police de Lévis a reçu un appel pour un type de violence conjugale de plus en plus répandu.

Des patrouilleurs se sont rendus au domicile d’un couple en dispute, où deux jeunes enfants se trouvaient aussi. La querelle entre l’homme de 30 ans et la femme de 27 ans avait mené à des coups. 

«L’information, quand on est arrivé, c’est à l’effet que la dame aurait frappé son conjoint», indique Christian Cantin, porte-parole du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL). 

L’homme ne présentait pas de blessures apparentes. Mais les policiers sont intervenus de la même manière que si un homme avait frappé une femme. La suspecte de 27 ans a été arrêtée et conduite au poste de police. Elle a été relâchée, mais pourrait faire face à des accusations de voies de fait.

À Lévis, les policiers ne s’étonnent plus que des hommes rapportent avoir été frappés. «Ça fait partie de la réalité des hommes de porter plainte quand ils sont victimes de violence conjugale», dit M. Cantin. C’est «de plus en plus fréquent».

En 2018, par exemple, le SPVL a enregistré 127 plaintes de violence conjugale. Du nombre, 35 des victimes présumées étaient des hommes. En 2017, c’était 53 hommes sur 213.

Les policiers de Lévis tâchent de ne pas se laisser influencer par le genre des victimes présumées. «On n’y va pas selon le sexe, on y va selon les faits», dit Christian Cantin. 

Autant que les femmes

Selon des données rendues publiques par Statistique Canada en 2016, les hommes sont victimes autant que les femmes de violence conjugale. 

L’Enquête sociale générale sur la victimisation montre que, sur un peu plus de 19 millions de Canadiens qui avaient un conjoint ou un ex-conjoint en 2014, environ 4 % ont déclaré avoir été victimes de violence physique ou sexuelle, ou les deux, de la part de leur partenaire au cours des cinq années précédentes.

Cette proportion de 4 % est identique chez les hommes et les femmes.

Toutefois, les femmes sont deux fois plus nombreuses à avoir subi les violences les plus graves (34 % contre 16 % chez les hommes), soit d’avoir été agressées sexuellement, battues, étranglées ou menacées avec une arme à feu ou un couteau.

Les hommes, eux, sont trois fois et demie plus nombreux (35 % contre 10 %) à avoir subi des voies de fait sous la forme de coups de pied, de morsures, de coups et de coups avec un objet contondant.

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QUAND LA POLICE PORTE PLAINTE 

L’homme de 30 ans qui aurait été frappé par sa conjointe, dimanche soir, à Lévis, n’a pas voulu porter plainte contre elle. 

Comme c’est souvent le cas en matière de violence conjugale, les victimes présumées veulent éviter la judiciarisation de leur partenaire.  

Mais une fois le signalement effectué, une plainte de violence conjugale peut cheminer même si la victime se rétracte. La police fait elle-même la plainte si elle soupçonne qu’un crime a été commis.

C’est ce qui s’est produit avec la présumée victime masculine, dimanche, à Lévis. «Quand on est mis au fait de la situation, nous, on va porter plainte à sa place pour la protection, parce qu’on ne peut pas laisser aller ça en matière de violence conjugale», explique Christian Cantin, porte-parole du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL).

Le SPVL transmettra donc la preuve au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui décidera ensuite si des accusations seront portées contre la femme de 27 ans.

Par ailleurs, comme il y avait deux jeunes enfants à la résidence du couple au moment de l’agression présumée, la police de Lévis a fait un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse.