Vidéos troublantes d’un jeune frappé à coups de poing

Trois-Rivières — Deux vidéos troublantes circulaient sur les médias sociaux, mardi, dans lesquelles on pouvait voir des jeunes, de l’école secondaire des Pionniers à Trois-Rivières, invectiver et frapper à grands coups de poing un autre adolescent. À la fin, la victime est couchée par terre et tente de se protéger des coups du mieux qu’elle le peut. Les événements se seraient déroulés sur l’heure du midi, mardi, dans des stationnements, à l’extérieur de l’enceinte des Pionniers.

Dans une des vidéos, un groupe de plusieurs élèves cernent le jeune homme qu’ils ont pris pour cible. Ils l’invectivent et lui demandent de se mettre à genoux. Quand il obtempère, il se fait cracher dessus. Dans l’autre vidéo, on le voit se faire frapper. Selon la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR), la victime n’a pas subi de blessures importantes. Il n’a pas été possible de savoir pourquoi il a ainsi été pris à partie. 

Ces images ont été partagées par des centaines d’internautes et ont généré de très nombreux commentaires. Elles ont fini par être retirées. Des internautes indignés les ont fait parvenir à la commission scolaire ou à la police. «J’ai tout de suite montré la vidéo à ma mère et à ma sœur, et on a décidé de partager la vidéo et d’alerter la police», raconte une jeune femme qui connaît les agresseurs et la victime. «Il faut que ça cesse, c’est dégueulasse», nous a-t-elle mentionné sur Facebook. Des propos qui correspondaient à bon nombre de commentaires.

L’école des Pionniers a été avisée, mardi, de cet attroupement qui a dégénéré en agression. «Notre équipe d’intervenants à l’école a été en mesure d’identifier les jeunes impliqués dans cette situation. On s’est basé sur notre code de vie, notre politique tolérance zéro sur la violence. Les interventions ont eu lieu, les sanctions ont été mises en place et un retour avec la collaboration des parents va être envisagée prochainement», explique Jonathan Bradley, directeur de l’école secondaire des Pionniers.

Les jeunes impliqués sont donc suspendus de l’école. «Suspension de l’école et retour avec les parents, plan d’encadrement, contrat en lien avec la politique zéro sur la violence», énumère le directeur. Ce dernier n’a pas précisé la durée de cette suspension.

Quatre jeunes des Pionniers ont été punis. Il s’agirait d’élèves de première et de deuxième secondaire. Les adolescents impliqués ne sont pas tous de l’école des Pionniers. La victime fréquente d’ailleurs une autre institution scolaire.

Même si les événements ne se sont pas déroulés sur les terrains de l’école, la direction n’a pas hésité à sévir. «Quand c’est porté à notre attention, c’est sûr qu’il y a intervention immédiate. On ne tolère pas ça. C’est tolérance zéro», affirme M. Bradley. «C’est très triste ce genre de situation. On ne veut pas voir ça dans notre école», ajoute-t-il.

Ces vidéos ont été transmises à la DPTR qui mène une enquête. Les enquêteurs ont d’ailleurs l’intention de rencontrer les jeunes impliqués. Les adolescents en cause s’exposent à des accusations de voies de fait.

Par contre, en fin d’après-midi, mercredi, la victime n’avait toujours pas porté plainte. «Quand on va avoir toute l’information, si la victime ne veut toujours pas porter plainte, ce sont les enquêteurs qui vont décider s’ils vont plus loin ou non», précise l’agente Carole Arbelot, porte-parole de la police de Trois-Rivières.

Aux Pionniers, on assure que des mesures de prévention en lien avec la violence et les médias sociaux sont appliquées. «La prévention est au rendez-vous, je vous le garantis», assure M. Bradley. «La prévention est déjà au rendez-vous que ce soit en début d’année, en cours d’année, en milieu d’année. Pas plus tard que la semaine dernière, on avait l’activité #gardeçapourtoi en collaboration avec les policiers de Trois-Rivières et le CIUSSS. On est constamment en prévention, et quand on regarde notre plan de lutte pour combattre l’intimidation, les moyens de prévention sont nombreux.»

Même son de cloche de la part de la police de Trois-Rivières qui explique que tous les élèves de sixième année sont rencontrés dans le cadre d’une activité de sensibilisation sur les médias sociaux et sur les comportements qui sont acceptables ou non. La violence est alors abordée. Au secondaire, les jeunes sont sensibilisés aux conséquences des sextos. De plus, un policier éducateur est attitré aux écoles secondaires de la ville.