Trackz Mobilité a créé des fauteuils roulants tout-terrain il y a près de deux ans, afin de permettre aux personnes à mobilité réduite de jouer dehors.
Trackz Mobilité a créé des fauteuils roulants tout-terrain il y a près de deux ans, afin de permettre aux personnes à mobilité réduite de jouer dehors.

Vers des zones de plein air plus accessibles pour les personnes à mobilité réduite

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Trackz Mobilité a créé des fauteuils roulants tout-terrain il y a près de deux ans, afin de permettre aux personnes à mobilité réduite de jouer dehors. Maintenant qu’elles ont le véhicule, il leur faut le terrain de jeu.  

«On ne voulait pas s’arrêter là. Il faut des sentiers pour utiliser ces fauteuils-là. Les fauteuils, c’est la base. C’est comme nos bottes de marche à nous. Maintenant, on ajoute du fun, le côté loisir plutôt que le côté pratique», exprime le directeur général de Trackz Mobilité, Hugo Lefebvre. 

L’entreprise a vendu une cinquantaine de fauteuils tout-terrain dans la province depuis la création du modèle, en plus d’avoir d’autres clients partout dans le monde. Ces fauteuils roulent dans la neige, sur le gazon et même dans le sable. Ils peuvent surmonter plusieurs obstacles au sol. 

«Je suis le dg de l’entreprise, mais je suis aussi un randonneur, un gars de plein air. C’est en me rendant dans un des sentiers dans la Vallée Bras-du-Nord, jusqu’à la chute Delaney, que j’y ai réfléchi. C’est tellement une belle promenade, et c’est tout près d’être adapté pour les fauteuils. Il ne manquait pas grand-chose pour que ce soit accessible», raconte Hugo Lefebvre. 

Et si les parcs du Québec, avec des paysages à couper le souffle, adaptaient quelques-uns de leurs sentiers pour permettre aux personnes à mobilité réduite d’y accéder? Avec le bon équipement, c’est tout à fait possible. 

«Ça serait le fun de s’adapter un peu, pas défaire leur site, mais choisir un beau sentier prestigieux qui donne le goût d’aller voir les paysages. On veut aider les parcs et les pousser à le faire, partout au Québec», croit M. Lefebvre, son entreprise est installée à Saint-Raymond, dans Portneuf. 

«Il y a une clientèle capable de bouger qui veut sortir, qui est active, mais il n’y a pas de place pour eux. Ça ne leur tente pas, le sentier en poussière de pierre tout près du chalet principal, qui tourne en rond. Un vrai sentier de randonnée!» 

La coopérative de la Vallée Bras-du-Nord a embarqué dans le projet sans hésiter. Il n’a pas fallu la convaincre, l’équipe avait déjà le souci de rendre ses terrains plus accessibles, pas juste un sentier.  

«On a une mission sociale, je pense que c’est important pour tout le monde de rendre accessibles ses pistes, même si le territoire n’est pas évident. Si on est capable d’adapter nos futures infrastructures et nos sentiers pour permettre à ces gens-là de vivre une expérience, on va le faire», explique le directeur général de la Vallée Bras-du-Nord, Frederic Asselin.  

Les travaux commenceront au printemps, il ne reste que quelques racines à enlever et des pentes trop abruptes à ajuster.  

Même que la coopérative a l’objectif d’acheter deux fauteuils tout-terrain de Trackz, afin de les laisser en location, comme des vélos ou des skis.  

«En poussant la réflexion avec Hugo, il y a plein d’autres choses qu’on pourra rendre accessibles. Il ne faut pas être naïf, on ne peut pas tout rendre accessible, mais on y va par étape. Tu ne peux pas dire non à des projets comme ça, je ne connais pas beaucoup de propriétaires de parc qui n’accepteront pas», ajoute M. Asselin.  

Le directeur général de Trackz Mobilité, Hugo Lefebvre

Bientôt partout?

Trackz Mobilité agit de consultant pour les parcs ou les municipalités qui se lancent dans les modifications de terrain. 

«Et les parcs, ce qu’on se rend compte, ils ont beaucoup d’intérêt, les gens tripent au bout. Ils ont de bonnes intentions, mais ne savent pas comment s’y prendre. On les dirige aussi vers des subventions faites pour ça, ça ne coûtera pas trop cher. Tout ce que ça prend, c’est quelqu’un pour les guider», note Hugo Lefebvre. 

Plusieurs discussions sont lancées, la Vallée Bras-du-Nord est le premier endroit où le projet se concrétise, mais plusieurs emboîteront le pas, assure M. Lefebvre. 

L’idéal pour le directeur général de Trackz et son équipe serait que la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) se lance dans le projet.  

«Ça prend des proportions que je n’avais pas imaginées. Je ne pensais pas avoir autant de positivisme, on nous accueille les bras ouverts, ça démarre quelque chose de plaisant et motivant. On commence par un sentier, puis après un autre et on continue!» 

Hugo Lefebvre a déjà eu une première rencontre avec la SÉPAQ, dans le but de faire connaître son fauteuil roulant tout-terrain ainsi que les besoins des utilisateurs. 

«La SÉPAQ est intéressée par les équipements facilitant l’accessibilité universelle et se tient à l’affût des produits qui entrent dans le marché, a indiqué le porte-parole de la SÉPAQ, Simon Boivin, par courriel. La SÉPAQ évalue actuellement l’utilisation de différents équipements adaptés afin de rendre davantage accessibles ses territoires et activités (nautique, baignade, randonnée, ski de fond, etc.) à la clientèle handicapée. Le fauteuil Trackz est un de ces équipements en analyse actuellement.»  

Le fauteuil tout-terrain conçu par Trackz, idéal pour les randonnées à l'extérieur. 

Une clientèle autonome, qui doit être servie 

Hugo Lefebvre a rapidement transformé son idée en mission. Il espère voir les parcs se transformer dans un futur rapproché, pour permettre à sa clientèle de profiter des plus beaux paysages de la province.  

«Il s’agit d’une clientèle très autonome, souvent très mal représentée par les associations de personnes handicapées, ils passent entre les mailles. Ils sont très indépendants, et ne sont pas nécessairement dans le même panier que d’autres, ceux qui ont besoin d’aide pour le transport par exemple. Les associations représentent surtout des personnes handicapées lourd, c’est correct et ça en prend, mais on a une clientèle différente», exprime-t-il. 

Tous les jours, il travaille avec ces personnes, celles qui «passent entre les mailles». Quand il a besoin de testeurs pour ces fauteuils, ils lèvent tous la main. 

«Il faut leur ouvrir des portes et ils vont suivre. Ils ont des besoins, mais beaucoup moins. Ils sont actifs, ils ont juste besoin d’idées et de choses à faire et ils vont aller jouer dehors», termine le directeur général de Trackz Mobilité.