Le podcast Synthèse revient sur le meurtre non résolu de Valérie Leblanc, sept après la tragédie.

Valérie Leblanc : autopsie d’une tragédie

Sept ans après son meurtre sordide, l’histoire de Valérie Leblanc continue de donner des frissons. Le podcast Synthèses devait raconter son histoire ; presque par accident, la série a fini par déterrer de nouvelles informations sur la tragédie qui encore aujourd’hui, reste irrésolue.

Synthèses est le dernier-né de la boîte gatinoise Transistor Média. La série de cinq épisodes fait partie de la première vague de produits disponibles sur QUB, une nouvelle plateforme de radio numérique dévoilée jeudi par Québecor. Le premier épisode peut déjà être écouté en ligne sur le site web de QUB Radio ou via plusieurs applications de podcasts. Les épisodes suivants paraîtront sur les mêmes plateformes chaque jeudi, à raison d’un par semaine.

23 août 2011. Une lugubre découverte ébranle toute la province : le corps de l’étudiante de 18 ans est retrouvé mutilé et brûlé, abandonné dans un boisé derrière le Cégep de l’Outaouais. À ce jour, son cas incompréhensible demeure l’un des deux seuls meurtres que le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) n’a jamais élucidés.

Fils d’un coroner, le réalisateur de Synthèses Julien Morissette avoue avoir grandi avec une fascination pour les enquêtes sur les meurtres. Lui-même diplômé en 2007 du même cégep, la nouvelle l’a bouleversé, « comme beaucoup de gens dans la région ». L’idée de rendre hommage à la victime avec la baladodiffusion marinait depuis quelques années, mais c’est plus récemment, lorsque son collègue Steven Boivin et lui ont commencé à contacter les proches de la victime, que le projet s’est montré réalisable.

Au départ, le duo voulait faire la Synthèses de la recherche des policiers en utilisant des informations déjà publiées. Sans le vouloir, leur travail sur l’enquête est devenu à son tour une sorte d’enquête. Au fil de leur trentaine d’entrevues avec autant de personnes, des éléments qui n’avaient jamais été connus du public ont émergé. Des témoins qui n’avaient jamais pris la parole publiquement ont accepté de parler.

« On n’a pas voulu jouer aux enquêteurs. On est des réalisateurs, des documentaristes, pas des journalistes d’enquête, précise Julien Morissette. Les témoins et les acteurs de ce drame-là ont vu qu’on ne le faisait pas par sensationnalisme ou pour aller chercher une clip. On a pris notre temps. On fait cinq épisodes de 25 à 30 minutes et on va au fond des choses. Ça a convaincu beaucoup de monde de se confier à nous. »

« Des trucs assez surprenants ont sorti » des quelque 50 heures d’enregistrement. De cette somme, des entretiens avec des enquêteurs, des experts, des journalistes. Pour s’assurer de la crédibilité du contenu, l’équipe a retiré du montage les informations qu’ils n’ont pas pu prouver. Une trame narrative cimente les éléments qui ont été gardés, semblable à un film sans images.

Valérie Leblanc a été assassinée dans le boisé situé derrière le Cégep de l'Outaouais.

Au bout de cinq épisodes, la question se pose toujours : pourquoi, sept ans plus tard, le cas n’est-il toujours pas réglé ? « C’est un meurtre qui est arrivé en plein jour, dans un lieu extrêmement fréquenté par les étudiants, lance le réalisateur. C’est arrivé à 800 mètres du cégep, pendant que des jeunes y vont pour lire, fumer ou se promener dans le bois. Il y a eu plus que 2000 appels et signalements. Que ce soit un crime non résolu, pour moi, c’est impensable. »

Sept ans plus tard...

Le septième anniversaire de la tragédie a fait peu de vagues dans les médias, contrairement aux années précédentes. L’enquête reste toujours active. L’ancien directeur du SPVG Mario Harel a désigné le meurtre, ainsi que celui de Kelly Morrisseau, comme les seules pointes d’amertume de sa carrière de 35 ans. « J’aurais aimé prendre ma retraite en sachant qu’on a réglé ces deux dossiers », a-t-il avoué en juin, trois mois avant son retrait définitif.

En 2016, la grand-mère de la victime, Huguette Leblanc, est décédée.

Elle avait souvent pris la parole pour honorer la mémoire de sa petite-fille dans l’espoir qu’un jour, la famille pourrait connaître l’auteur du crime.

POUR L’ÉCOUTER

Quoi ? Baladodiffusion Synthèses : Le cas Valérie Leblanc

Quand ? Chaque jeudi depuis le 4 octobre

Où ? En ligne sur qub. radio ; sur l’application QUB Radio ; via iTunes et Google Play