La vidéo «Maltraitance par négligence» illustre différentes scènes de maltraitance envers une personne âgée en plus de présenter quelques pistes de solutions aux citoyens pour que cela cesse.
La vidéo «Maltraitance par négligence» illustre différentes scènes de maltraitance envers une personne âgée en plus de présenter quelques pistes de solutions aux citoyens pour que cela cesse.

Une vidéo pour dénoncer la maltraitance envers les aînés en Mauricie [VIDÉO]

TROIS-RIVIÈRES — À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées, la Table Action Abus Aînés Mauricie (TAAAM) a lancé la vidéo «Maltraitance par négligence», un projet visant à permettre aux citoyens de mieux identifier les situations problématiques entre aidants et aidés.

Avec cette vidéo, la directrice générale de la TAAAM, Colette Coudé, espère pousser les gens à réfléchir sur l’impact que peuvent avoir leurs gestes sur autrui, même lorsque l’intention initiale n’est pas de commettre de la maltraitance.

«Certains types de maltraitance sont plus difficiles à identifier que d’autres. En mettant de telles images à la portée des citoyens, on espère les aider à reconnaître ce genre de comportements et à les éviter. J’aimerais que tous ceux qui voient cette vidéo, concernés ou non par les personnes âgées, effectuent une introspection dans le but de mieux agir dans le futur», a-t-elle fait savoir.

Bien que l’idée de mettre sur pied cette initiative soit née avant que la pandémie de COVID-19 ne frappe de plein fouet la province, la directrice générale ne peut nier que l’arrivée du virus a rendu exponentiellement plus pertinente la publication d’une telle vidéo.

«Au départ, l’élaboration de notre projet a été rendue possible grâce au financement que nous a octroyé la Ville de Trois-Rivières. Toutefois, force est d’admettre que la pandémie a multiplié par 50 sa pertinence. Ça nous a en quelque sorte confirmé que nous avions raison en ce qui a trait aux problèmes de maltraitance qui perdurent dans la société», a ajouté Mme Coudé.

Par ailleurs, en ces temps troubles, l’organisme régional a constaté une augmentation notable des cas de maltraitance des personnes âgées en résidence. Au dire de la directrice générale, les problèmes qui ont été relevés concernent principalement des augmentations indues de loyer, une baisse de la qualité de la nourriture servie ainsi qu’une absence de services rendus aux bénéficiaires.

Il est à noter que la TAAAM n’a pas pu observer d’augmentation du volume d’appels provenant des CHSLD, puisque ceux-ci sont dirigés vers un réseau montréalais desservant l’ensemble de la province.

Colette Coudé croit d’ailleurs que la pandémie laissera inévitablement des traces, autant positives que négatives, sur la façon dont seront traités les aînés ainsi que leurs aidants dans l’avenir.

«La COVID-19 laissera sa trace la plus évidente dans le cœur des personnes endeuillées qui ont perdu des êtres chers sans même pouvoir leur parler à cause du virus. Ces gens ont dû passer à travers des épreuves extrêmement traumatisantes sans avoir la chance de vivre un deuil en bonne et due forme. J’espère sincèrement que la mémoire des personnes décédées et la résilience de celles qui sont restées seront honorées adéquatement, un peu comme on le fait avec le jour du Souvenir pour les héros de guerre», a-t-elle soutenu.

Elle espère également que les promesses faites par les politiciens au cours des dernières semaines se matérialiseront et qu’il ne s’agira pas de projets en l’air ayant l’effet de lunettes roses sur les yeux de la société pour quelque temps.

Au cours des prochains mois, la directrice générale de la TAAAM continuera de se battre pour l’amélioration des conditions de vie des aînés à domicile comme en résidence, où il reste encore beaucoup de travail à faire selon elle.

«Aux yeux de la loi, les animaux sont considérés plus importants que les aînés et ça doit changer. Lorsqu’on maltraite un animal, on en subit les conséquences et il doit en aller de même pour les personnes âgées. Le gouvernement provincial a affiché sa volonté de modifier la loi d’ici 2022, mais il faut que ça se fasse plus tôt que ça», a conclu Mme Coudé.