Alain Beauparlant et Fred Pellerin ont savouré cette première expérience au ciné-parc de Vallée du parc.
Alain Beauparlant et Fred Pellerin ont savouré cette première expérience au ciné-parc de Vallée du parc.

Une soirée comme dans le temps à Vallée du parc

SHAWINIGAN — Ma première visite au ciné-parc remonte à 1978. J’étais déménagé à Gentilly depuis un an et j’étais allé voir un grand classique cinématographique, Mon nom est Bulldozer, à Trois-Rivières.

J’imagine que c’était avec mes parents, mais il me semble que Stéphane Grenon et Patrice Lavigne m’accompagnaient. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de cette première. Par contre, l’idée de voir l’énorme Bud Spencer sur un écran géant me terrifie encore.

J’y suis retourné à quelques occasions par la suite, mais je serais bien embêté de vous faire la nomenclature des œuvres que j’ai eu le privilège de visionner en plein air.

Patrick Oligny et Caroline Langlois étaient bien installés pour cette avant-première cinématographique à la belle étoile.

Si je me fie à ma mémoire évidemment très sélective, je crois que ma dernière visite remonte au début des années 1990, toujours à Trois-Rivières.

Cette fois, j’étais avec Julie Blanchette, cette petite bombe atomique de Sainte-Marie-de-Blandford qui faisait exploser les cœurs. Inutile de me demander le titre du film, je n’en ai aucun souvenir. En fait, je me demande même si le ciné-parc était ouvert ce soir-là.

En y réfléchissant bien, suis-je vraiment allé au ciné-parc avec elle ou s’agit-il simplement d’un rêve inassouvi? La deuxième hypothèse est loin d’être farfelue, je le dis bien franchement.

Près de trente ans plus tard, me revoilà donc dans un cinéma en plein air, cette fois à Vallée du parc. L’audacieux projet mené sur les chapeaux de roues par Alain Beauparlant et son équipe se concrétisait en avant-première mardi soir avec la projection de Babine, écrit par notre monument national de Saint-Élie-de-Caxton. Une valeur sûre pour les partenaires du projet et les journalistes invités.

Fred Pellerin nous honorait de sa présence. Il se disait vraiment fier qu’on ait songé à mettre un produit local en vedette pour cette grande première.

«J’me doutais pas qu’on irait au ciné-parc dans le parking de Vallée du parc!», souriait-il, avant le début de la projection. Fin négociateur, il avait obtenu une vingtaine de places pour ses concitoyens, appliquant une fois de plus l’incontournable clause Caxton qui se retrouve sur la plupart de ses contrats.

Je me suis donc présenté avec Beauté et mes deux adolescents de bientôt 14 et 16 ans, pour qui un ciné-parc représentait un concept un peu abstrait. La sortie revêtait une saveur particulière en cette ère post-confinement, mais les gars se demandaient comment ils pourraient apprécier un film dans une voiture.

Ma blonde et moi leur avons donc offert les sièges avant pendant que nous allions prendre place sur la banquette arrière, comme dans le bon vieux temps. Il ne manquait que ma Pontiac Laurentian jaune pour que la reconstitution soit parfaite.

La superbe soirée voulait s’éterniser sur la terrasse, de sorte que la projection a débuté un peu plus tard que prévu, à 21 h 35. Mais pour le reste, pas de pépin majeur. La qualité de l’image était très bonne. Un aménagement a été fait au pied des pentes, dont une dizaine de tables à pique-nique pour ceux qui veulent profiter du site avant la représentation.

Les gens présents ont pu assister à la projection de <em>Babine</em>, écrit par Fred Pellerin.

Alain Beauparlant gagnera-t-il son pari? Pour vendredi, la première diffusion officielle pour la population, Le Roi lion, est déjà complète. Celle de jeudi, d’abord réservée pour les abonnés de Vallée du parc et les employés, est ouverte au public. Cette fois, Merveilleux occupera l’écran géant.

Seul bémol, la réfection du chemin de la Vallée du parc est commencée. Prévoyez donc une quinzaine de minutes de plus pour vous rendre. Mais pour le reste, la famille a apprécié cette sortie par un temps idéal.

Évidemment, l’heure de tombée a mis fin un peu trop brusquement à la soirée.

«Papa, est-ce qu’on pourrait revenir pour écouter un film au complet la prochaine fois?», m’a demandé mon aîné. Comme appréciation, c’est plutôt bon signe.