Une responsable de garderie privée de Gatineau a été reconnue coupable, lundi, de voies de fait sur un enfant de 14 mois.

Une responsable de garderie coupable de voies de fait

Une responsable de garderie privée de Gatineau a été reconnue coupable, lundi, de voies de fait sur un enfant de 14 mois.

La juge Rosemarie Millar n’a pas eu de doute raisonnable sur la preuve de la Couronne, mais la défense songe déjà à en appeler de cette décision.

Selon le ministère public, l’accusée Zahra Hamrich a eu «l’opportunité exclusive» de commettre les voies de fait sur l’enfant, les 17 et 18 octobre 2016. Autrement dit, personne d’autre n’aurait pu infliger de telles blessures.

Une mère inquiète a contacté la police de Gatineau après avoir constaté une ecchymose autour d’un poignet, et, le lendemain, des cheveux manquants à la petite tête de son fils.

Selon la procureure de la Couronne, Me Marylou Proulx-Gosselin, la preuve circonstancielle était suffisante à établir sa version des faits.

Lorsque la mère a questionné la gardienne sur les ecchymoses de son enfant, Mme Hamrich a répondu: «Ça doit être du feutre.»

Mme Hamrich a frotté pour enlever la marque. «Il a dû se faire ça dans la voiture», a dit la gardienne à la mère inquiète.

«De toute façon, a rajouté Mme Hamrich, j’ai rien vu, je ne sais pas comment ça s’est produit parce qu’il a gardé sa veste toute la journée.»

Mais en enlevant la veste de son enfant, le soir, la mère a vu une tache de sauce tomate sur le chandail du bébé. Selon la juge, la veste a, selon toute logique, été enlevée pendant la journée.

La mère est retournée avec l’enfant le jour suivant. «Le soir [...], la mère constate qu’il manque beaucoup de cheveux du côté gauche. Et il y a une marque rouge où il y a encore des cheveux.»

Le lendemain de cette découverte, la mère est retournée à la garderie, où Mme Hamrich aurait alors déclaré: «Ah! Il manque
des cheveux!»

«La gardienne est très fâchée lorsque la mère lui demande pourquoi il manque des cheveux, explique la juge. Elle crie que ce ne sont pas les autres enfants qui tirent les cheveux, mais [la victime] qui tire les cheveux des autres, et que les autres parents sont très fâchés. La mère est surprise puisque cela n’avait jamais été rapporté avant.»

La gardienne aurait affirmé que, même si elle faisait de la prison, elle aura fait son devoir de protéger un autre enfant.

Défense en appel?

Deux parents satisfaits de la garderie ont témoigné pour la défense. L’avocat de la défense, Me Pierre Bourget, étudie la possibilité d’en appeler du verdict. «Les témoins experts se sont prononcés sur des photographies et n’ont pas vu l’enfant en personne. Il y a probablement matière à contester ces analyses. Trois experts disent que ce sont des blessures bizarres, mais on ne conclut pas à de la maltraitance.»

Le tribunal n’a pas identifié la garderie. Toutefois, les parents des autres enfants fréquentant l’établissement ont été avertis des récents développements.

«Le Tribunal, dit la juge, peut concevoir qu’il doit être extrêmement difficile dans les circonstances pour [l’accusée] d’admettre avoir eu un moment d’égarement, un moment où elle aurait discipliné un enfant de 14 mois qui tirait les cheveux de ses amis de la garderie. Son témoignage ne soulève aucun doute raisonnable.»