Une première perturbation contre le G7 à Québec

Des manifestants ont fait un premier acte de perturbation contre le G7, vendredi, dans la haute-ville de Québec, et certains d'entre eux ont été arrêtés par les policiers.

Vers midi, des protestataires qui étaient rassemblés à la Place d'Youville se sont dirigés sur l'avenue Honoré-Mercier. À l'endroit où l'avenue descend vers la basse-ville pour devenir l'autoroute Dufferin-Montmorency, des manifestants ont largué deux divans au milieu de la chaussée et leur ont mis le feu pour obstruer la circulation.

Les policiers antiémeutes sont tout de suite intervenus pour disperser les manifestants. Plusieurs d'entre eux se sont rendus dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, où ils ont joué au chat et à la souris avec les policiers. «Mauvaise idée ! On prend une autre rue», a crié l'un d'eux, quand le groupe a emprunté une rue au détour de laquelle des policiers armés de bâtons et de matraques les attendaient. 

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a déclaré que l'attroupement était illégal. Il a conseillé sur Twitter d'éviter le secteur de l'Assemblée nationale. 

Les manifestants ont ensuite marché dans les rues du quartier Montcalm, suivis par l'anti-émeute. Plusieurs ont été pris en souricière par les policiers, notamment dans la ruelle de la rue Crémazie.

Vers 12h30, le SPVQ a annoncé avoir interpellé plusieurs individus. Le Soleil a vu deux manifestants dont les poignets ont été attachés avec des attaches-câbles (tie-wraps). Ils ont été embarqués dans une voiture de police.

Ceinturés par les policiers à Beauport

Plusieurs des manifestants du midi avaient aussi participé à la manif organisée en matinée sur le boulevard Sainte-Anne, dans Beauport. 

Le Réseau de résistance anti-G7 (RRAG7) avait appelé à une «action de perturbation» visant à «couper les ponts» avec la Malbaie. 

Ceinturés par les policiers anti-émeute, les manifestants n’ont finalement pas réussi à bloquer l’autoroute Dufferin-Montmorency vers La Malbaie. Durant près d’une heure, ils ont fait un aller-retour sur un court tronçon du boulevard Ste-Anne entre les rues François-de-Laval et Sauriol.

Le Service de police de la Ville de Québec a déclaré la manifestation illégale vers 8h20. Les organisateurs n'ont pas remis leur trajet aux forces de l'ordre. Un policier avec un porte-voix a averti les manifestants qu’ils pourraient être arrêtés ou recevoir des contraventions.

Mais les manifestants n'ont pas osé franchir les rangs de policiers anti-émeute qui les empêchaient d'aller plus loin sur le boulevard Sainte-Anne ou de se diriger vers l'autoroute tout près. 

Au micro, une manifestante a admis qu'«on n'a pas réussi à faire notre action».

Un manifestant, Benoît Valiquette, a estimé que l'imposant déploiement policier décourageait les gens de protester contre le G7. «Quatre-cents policiers autour de moi, c'est un gros empêchement à manifester», a-t-il dit, déplorant le «petit coin de rue qu'on nous donne pour manifester».

Un autre manifestant qui s'adressait à la foule a souligné que les 10 000 fonctionnaires qui étaient en congé vendredi représentaient en soi une victoire des manifestants. «La perturbation est déjà bien commencée», a-t-il dit. 

La police a déclaré la manifestation terminée vers 9h15. Les manifestants se sont dispersés sur le trottoir et la circulation a repris sur le boulevard Sainte-Anne.