Ryan Slingerland et la député conservatrice Rachael Harder au parlement d'Ottawa

Une pétition contre le contrôle des armes récolte plus de 85 000 signatures

OTTAWA — Une pétition électronique opposée à un contrôle accru des armes à feu, lancée en mars sur le site Web de la Chambre des communes par un adolescent, Ryan Slingerland, a jusqu’ici recueilli plus de 85 700 signatures.

La pétition, parrainée par Rachael Harder, députée conservatrice de Lethbridge, en Alberta, s’oppose au projet de loi C-71 et demande à la Chambre des communes de ne pas l’adopter.

Le texte de la pétition reproche à ce projet de loi d’imposer des tracasseries aux propriétaires d’armes à feu respectueux des lois. La pétition soutient que le projet de loi rétablirait en fait le registre «inutile et inefficace» des armes d’épaule.

La Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu a tenu un discours similaire à la fin mai devant un comité des Communes, soutenant que tout était en place pour la résurrection d’un registre à l’image de celui qui a été aboli en 2012.

La pétition du jeune Canadien, qui réside à Coalhurst, une petite localité de l’Alberta, propose plutôt des ressources accrues pour les forces de police du pays afin qu’elles puissent être plus efficaces dans leur lutte contre la criminalité.

La pétition de l’adolescent sera fermée jeudi matin. Elle a jusqu’ici récolté près de 25 500 signatures en Ontario, plus de 20 800 en Alberta, près de 15 000 en Colombie-Britannique, plus de 9300 au Québec et 3230 au Nouveau-Brunswick.

La députée Harder devrait présenter la pétition de Ryan Slingerland à la Chambre des communes à l’automne, à la reprise des travaux parlementaires.

Une «minorité très active»

Selon la coordonnatrice et porte-parole du collectif Poly se souvient, Heidi Rathjen, il s’agit d’un nombre de signatures «assez considérable», mais qu’il faut mettre en perspective, selon elle, en le comparant par exemple au nombre de propriétaires d’armes au Canada.

«Il y a plus de deux millions [de propriétaires d’armes], et si on compare à d’autres pétitions par le passé, comme celle des étudiants de Polytechnique suite à la tuerie à cette école, en 1989, il y avait plus qu’un demi-million de signatures», a-t-elle souligné en entrevue.

«Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au Canada, il est certain qu’il y a une minorité très active qui va signer des pétitions, qui va écrire des lettres aux députés, qui vont visiter leurs députés, parce qu’ils défendent leurs propres intérêts, c’est-à-dire leur investissement en temps, en hobby, en argent dans les armes à feu, incluant aussi des marchands», a ajouté Mme Rathjen.

La coordonnatrice et porte-parole du collectif Poly se souvient affirme que tous les sondages fiables démontrent que la majorité des Canadiens appuient le contrôle des armes.

«Mais ils ne sont pas engagés politiquement comme le lobby des armes à feu, c’est pourquoi on voit surtout des manifestations organisées contre le contrôle des armes, alors qu’un groupe comme le nôtre, qui représente des victimes, n’a pas de ressources. Mais on reflète un peu l’opinion publique, on n’a pas la chance de faire autant de bruit que le lobby des armes via des choses comme cette pétition-là», a fait valoir Mme Rathjen.