Yves Lévesque annonce sa démission de son poste à la mairie de Trois-Rivières.

Une page d’histoire se tourne avec le départ d'Yves Lévesque

Trois-Rivières — Une page d’histoire de la vie municipale de Trois-Rivières s’est tournée jeudi, alors que le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque, en poste depuis la fusion de la Ville, a confirmé au conseil municipal et aux Trifluviens qu’il démissionnait bel et bien, après près de 25 ans en politique municipale. Une décision «difficile et déchirante» qu’il a annoncée par lettre, lui qui indique tout de même partir «avec le sentiment du devoir accompli».

Yves Lévesque, déjà en arrêt de travail depuis le mois d’octobre, se retire donc officiellement en raison de sa condition médicale. Le maire n’a pas souhaité être à l’hôtel de ville pour cette annonce, et se trouvait aux États-Unis lorsque la nouvelle a été annoncée au conseil municipal. Bien que le diagnostic qui l’afflige soit connu de son équipe politique et de ses proches, ce diagnostic n’a cependant pas été divulgué aux élus ni aux médias. «Pour des raisons médicales et sur la directive de mon médecin, j’en suis arrivé à cette inéluctable décision. Je me dois de vous témoigner à vous, Trifluviens, une reconnaissance incommensurable pour la confiance que vous m’avez accordée depuis plus de vingt ans, et je vous en serai toujours redevable», peut-on lire dans sa lettre, qui a été transmise aux médias sous forme de communiqué de presse.

Le responsable des communications au cabinet du maire, Yvan Toutant, mentionne que les dernières semaines n’ont pas été faciles sur le plan de la santé pour lui. «Dès qu’on lui parlait de travail, il se mettait à trembler. C’est effectivement son médecin qui lui a fortement recommandé de se retirer complètement et de ne pas penser à un retour quelconque. Ça a fait mûrir sa décision. Quand c’est une question de santé, il faut prendre ça au sérieux», a-t-il indiqué, sans cacher que cette nouvelle l’affectait personnellement beaucoup. 

«On n’a pas toujours été d’accord sur la façon de faire. Mais c’était tellement un leader. Trois-Rivières tourne une page importante aujourd’hui. On peut être en désaccord sur sa façon de faire, mais ses réalisations en bout de ligne auront permis aux Trifluviens d’avoir une plus grande fierté», a mentionné Yvan Toutant, en essuyant quelques larmes.

«Je n’ai pas l’intention d’énumérer nos nombreuses réalisations au cours de mon passage à titre de maire, d’autres s’en chargeront, mais je pars avec le sentiment du devoir accompli. Je ne saurais passer sous silence, l’extraordinaire collaboration et contribution d’une fonction publique des plus qualifiées et dont tous les Trifluviens et Trifluviennes peuvent s’enorgueillir. La Ville de Trois-Rivières nous survivra à tous et toutes. Mon souhait le plus cher; qu’elle continue à grandir dans sa noblesse et sa santé économique. Ma famille et moi conserverons de vous tous un souvenir impérissable», a-t-il ajouté dans sa missive.

Le maire a par ailleurs refusé toutes les demandes d’entrevue formulées jeudi. Son personnel politique a indiqué qu’il était trop bouleversé pour accorder des entrevues.


Élection partielle

Cette décision, bien qu’officielle, deviendra cependant effective le 15 janvier prochain, moment où le conseil municipal en prendra officiellement acte sous forme de résolution lors de la première séance régulière de l’année 2019. À partir de ce moment, la Loi sur les cités et villes prévoit que la présidente d’élection dispose de quatre mois pour tenir un scrutin électoral afin de combler le poste laissé vacant par Yves Lévesque.

Bien que la présidente d’élection soit en droit de demander une prolongation de délai au ministère des Affaires municipales, il semble bien que la volonté de l’administration municipale soit de tenir le scrutin à l’intérieur de ce délai légal, ce qui fait que l’on pourrait s’attendre à une élection partielle à la mairie au mois de mai, croit Yvan Toutant.

D’ici là, l’intérim qui était déjà assumé depuis le mois d’octobre par la mairesse suppléante Ginette Bellemare se poursuivra. «La mairesse suppléante aura tous les pouvoirs à l’exception du droit de veto. Elle va assurer l’intérim jusqu’à l’élection à la mairie», mentionne M. Toutant, qui ajoute que l’élection partielle pourrait coûter tout près d’un million de dollars aux contribuables trifluviens. Un montant en partie déjà amassé dans un fonds que se crée la Ville en prévision des élections municipales à être tenues aux quatre ans.

Le porte-parole du cabinet du maire, Yvan Toutant, n’a pas caché qu’il était très affecté par la nouvelle.

Démission

Il ne faut pas remonter si loin dans l’histoire de Trois-Rivières pour recenser une autre démission à la mairie. En effet, celui qui fut à la tête de l’ancienne Ville de Trois-Rivières de 1990 à 2001, Guy LeBlanc, avait aussi démissionné de son poste, lui qui avait accepté la présidence de la Commission municipale. Alors que les candidatures s’annonçaient pour la course à la mairie de la nouvelle grande ville, M. LeBlanc avait pris tout le monde par surprise en annonçant, de son côté, sa démission en avril, quelques mois avant l’élection de novembre 2001.

L’intérim avait été assumé par le maire suppléant de l’époque, Henri-Paul Jobin.