La Régie du logement a donné raison au locateur qui voulait résilier le bail qui le liait depuis septembre 2018 au couple de locataires, particulièrement en raison du comportement « inadmissible » de Mme Poulin-Beauregard envers l’école d’équitation présente sur le même site en vertu d’un bail commercial.
La Régie du logement a donné raison au locateur qui voulait résilier le bail qui le liait depuis septembre 2018 au couple de locataires, particulièrement en raison du comportement « inadmissible » de Mme Poulin-Beauregard envers l’école d’équitation présente sur le même site en vertu d’un bail commercial.

Une locataire effrayait les chevaux d'un centre équestre

Effrayer volontairement les chevaux du centre équestre voisin de la maison que vous louez peut vous mettre dans l’eau chaude. Une résidente de Cowansville l’a appris à ses dépens cette semaine, alors qu’elle a été contrainte de quitter sa demeure sur ordre de la Régie du logement.

L’un des propriétaires de l’endroit, Robert Cleary, s’est rendu sur place vendredi pour faire changer les serrures de la résidence, qu’il affirme avoir retrouvée en bien mauvais état.

« Les gens sont sortis hier, et ils ont laissé la place pas mal en bordel », a-t-il déploré lors d’un entretien téléphonique avec La Voix de l’Est.

Trous dans les murs et dans les portes, peinture à refaire, détritus et objets qui encombrent le sol ; « c’est l’enfer, illustre l’homme d’affaires, qui a toutefois décliné notre demande de prendre des photos sur place. On a un container plein [de leurs affaires], on va en faire venir un deuxième. J’ai au moins de 15 000 à 20 000 $ à investir pour tout remettre en état. »

Comportement « inadmissible »

Aux dires de M. Cleary, les locataires Pier-Luc Grenier et Rachel Poulin-Beauregard, qui n’auraient pas payé leur loyer depuis novembre, auront été « du trouble jusqu’à la fin ».

Si elle admet avoir utilisé une voiture téléguidée, Rachel Poulin-Beauregard nie avoir été en possession d’une arme à feu ou de feux d’artifice pour faire peur aux animaux et d’avoir insulté des clients du centre ; elle affirme que son bail lui permettait, à elle, son conjoint et son frère, de faire du VTT ou du motocross sur la propriété.

Le 13 février dernier, la Régie du logement avait donné raison au locateur qui voulait résilier le bail qui le liait depuis septembre 2018 au couple de locataires, particulièrement en raison du comportement « inadmissible » de Mme Poulin-Beauregard envers l’école d’équitation présente sur le même site en vertu d’un bail commercial.

Selon le représentant des propriétaires, la dame prenait « tous les moyens pour effrayer les chevaux lors des cours ». Elle aurait notamment utilisé une petite voiture téléguidée, mais aussi une arme à feu, une motocyclette, des feux d’artifice et un véhicule tout-terrain pour faire peur aux bêtes et perturber les opérations du centre équestre.

Le témoin a par ailleurs indiqué que Mme Poulin-Beauregard injuriait les clients de l’école et en avait menacé les employés, allant même jusqu’à déverser une brouette chargée de fumier sur la directrice du centre. La locataire aurait également arraché une clôture.

Son comportement « insupportable » n’aurait pas cessé malgré de « nombreux avertissements et une mise en demeure », indique-t-on, si bien que même son conjoint aurait quitté les lieux.

Celui-ci « est venu corroborer les dires du représentant [du locateur] à tout égard », rapporte la décision de la Régie, qui a finalement ordonné l’éviction des occupants de la maison en plus de résilier leur bail et de les condamner à rembourser les frais de 99 $ engendrés par la démarche.

Escalade

Rachel Poulin-Beauregard n’avait pas pris connaissance de la décision de la Régie du logement au moment d’accorder une entrevue à La Voix de l’Est, plus tôt cette semaine. Nous la lui avons fait parvenir.

« Il y a beaucoup de mensonges », a réagi la locataire évincée, qui a raté l’audience de janvier parce qu’elle était en voyage dans les Caraïbes.

Selon la dame, des éléments ont été exagérés par les propriétaires afin de se débarrasser d’elle.

Si elle admet avoir utilisé une voiture téléguidée, Mme Poulin-Beauregard nie avoir été en possession d’une arme à feu ou de feux d’artifice pour faire peur aux animaux et d’avoir insulté des clients du centre ; elle affirme que son bail lui permettait, à elle, son conjoint et son frère, de faire du VTT ou du motocross sur la propriété.

Elle reconnaît toutefois avoir renversé une brouette de fumier sur les pieds de la directrice du centre, qui ne l’aurait jamais aimée. « C’est vrai, affirme-t-elle. Elle voulait que je laisse ça dans mon écurie, mais ça sent beaucoup trop mauvais, c’est mauvais pour les chevaux. Alors je lui ai vidé sur les pieds en lui disant qu’elle n’avait qu’à le ramasser. »

Quant à la clôture qu’on l’a accusée d’avoir cassée, Mme Poulin-Beauregard affirme l’avoir simplement démontée pour pouvoir faire passer son tracteur.

Selon la locataire, toute cette histoire n’est qu’une escalade d’événements de part et d’autre qui a culminé par son expulsion. « Si j’ai fait peur aux chevaux, c’est parce qu’eux m’ont aussi fait des choses par en arrière », allègue-t-elle.

« La police est intervenue plusieurs fois, mais ils ne savaient pas quoi faire », renchérit la mère de deux jeunes enfants.

« On a obtenu un jugement et c’est dans notre droit de le faire appliquer, a répondu M. Cleary lorsque nous lui avons demandé de réagir aux propos de son ancienne locataire. Elle a fait bien des dommages et il était temps qu’elle sorte d’ici. »