Il aura fallu beaucoup de patience à Geneviève Grenier pour réussir à toucher Petite-Rousse, une génisse surgie du boisé au fond de la cour.
Il aura fallu beaucoup de patience à Geneviève Grenier pour réussir à toucher Petite-Rousse, une génisse surgie du boisé au fond de la cour.

Une génisse en cavale devient une vedette [GALERIE PHOTOS]

Une génisse rousse est devenue la vedette du groupe Facebook « Frelighsburg ! » depuis que la nouvelle Dunhamienne Geneviève Grenier y publie ses aventures. Depuis juin, elle a usé de patience pour amadouer le jeune animal.

La Voix de l’Est est allée à la rencontre du duo improbable mercredi soir, à l’heure où Petite-Rousse, une Galloway, sort du boisé et va à la rencontre de Mme Grenier.

En cavale depuis mai, Petite-Rousse s’est montré le bout du nez devant sa nouvelle amie au début juin, peu de temps après que Mme Grenier ait déménagé dans la région.

Elle croyait d’abord avoir affaire à un chevreuil, mais des longues-vues lui ont permis de découvrir qu’il s’agissait plutôt d’un bovin. L’animal se tenait en bordure du boisé, craintif.

« Elle sortait vraiment régulièrement. Mon but était de tranquillement réussir à l’approcher, raconte-t-elle pendant que Petit-Rousse se délecte de caresses. Mélissa Lachapelle, qui a travaillé beaucoup avec les chevaux et qui a deux veaux, m’a écrit. Elle a apporté de la moulée avec de la mélasse dedans et du lait dans un immense biberon. »

Petite-Rousse a levé le nez sur le lait, mais elle aime particulièrement cette moulée. « Elle ne veut rien savoir d’autre chose ! »

Il aura fallu beaucoup de patience et de temps à Geneviève Grenier pour amadouer Petite-Rousse, une vache Galloway.

Gourmandise

Une journée, mesdames Lachapelle et Grenier ont marché dans le boisé au fond du champ pour tenter de trouver où se réfugiait la génisse durant le jour. Elles ont trouvé un étang où elle doit s’abreuver. Non loin de là, elles ont trouvé des herbes couchées où elle doit se reposer. Elles ont été rassurées qu’elle puisse trouver le nécessaire pour survivre.

Puis, elles ont commencé à l’attirer en faisant des pistes de nourriture jusqu’au haut du champ, près de la maison. Un beau soir, la semaine dernière, c’est ce qui est arrivé. Vers 20 h, Petite-Rousse est montée par elle-même vers la maison en quête de nourriture.

Rien n’était encore gagné, toutefois. Ce n’est que récemment qu’elle s’est laissé toucher. Elle adore depuis les gratouilles et les caresses et se laisse même approcher par les invités.

De connivence avec les propriétaires

Le gardien du troupeau a fini par entendre parler de la relation naissante entre Petite-Rousse et Geneviève Grenier. Il est entré en contact avec cette dernière pour s’impliquer et lui apporter le nécessaire pour la nourrir.

« Elle est en très bonne santé ! », souligne-t-il. En entrevue, il préfère taire son nom et celui de la ferme pour éviter des problèmes avec le ministère de l’Agriculture en raison de cette aventure.

La génisse a fui en mai, autour de la fête des Mères, alors qu’elle n’avait pas encore deux mois. Elle n’avait pas été familiarisée avec l’extérieur et, le soleil l’aveuglant, elle a paniqué et a défoncé des clôtures.

« Je l’avais quasiment attrapée avec le lasso, près de la route, quand une voiture est passée et a klaxonné », raconte le gardien. Elle a alors pris la poudre d’escampette. « Je l’ai traquée pendant un mois pour la ramener. Une deuxième fois, j’ai failli l’attraper au lasso, mais la même chose est arrivée. Quelqu’un a klaxonné. »

Il était donc heureux d’avoir des nouvelles de la génisse. Comme il est en pleine période des foins, il n’a pas eu le temps d’aller la voir encore.

L’objectif du gardien de troupeau, élevé pour la viande, et de Geneviève Grenier sera de l’attirer dans une remorque avec de la nourriture afin qu’elle rentre à la maison avec un minimum de stress.

Comme elle est maintenant sauvage, le gardien devra lui aussi être patient avant de la réintégrer au troupeau.

Mascotte

Contrairement à ses congénères, elle aura un avenir particulier. « Petite-Rousse, on va la garder, lâche-t-il sans hésitation. Elle a fait l’histoire. Elle va rester à la ferme, on ne l’enverra pas à la boucherie. »

Une nouvelle qui rassurera bien des gens qui s’inquiètent quotidiennement de la jeune vache.

Lorsqu’elle sera partie à la ferme, la génisse manquera certainement à Mme Grenier. La Galloway fait partie du quotidien de la musicienne.

« C’est ma réalité de tous les soirs ! Quand elle ne sera plus là, ça va faire un vide », confie-t-elle avec émotions.

Et chaque soir, il y a des nouveautés. Lors de la visite de La Voix de l’Est, elle a suivi pour la première fois Mme Grenier à l’avant de la maison. Cette dernière a été touchée de sa confiance.

« C’est un événement improbable qui génère un lien tout aussi improbable », conclut-elle.