«Même avec les cinq sacs payants supplémentaires permis par collecte je n’y arrive pas», affirme la directrice générale du Centre de la petite enfance Au pays de Cornemuse, Line Kelly.

Une garderie demandera de rapporter les couches souillées à la maison

« Si la Ville de Gatineau ne nous trouve pas un arrangement rapidement, je vais devoir forcer les parents à repartir avec les couches souillées de leurs enfants quand ils viendront les chercher le soir. »

À première vue, on pourrait croire qu’il s’agit d’une mauvaise blague, convient Line Kelly, directrice générale du Centre de la petite enfance (CPE) Au pays de Cornemuse, situé sur le boulevard Saint-Raymond, mais la situation est bien réelle. L’entrée en vigueur, lundi, de la nouvelle réglementation sur les matières résiduelles qui plafonne à 120 litres par deux semaines la quantité de déchets qui sera ramassée fait ressortir des cas jugés surréalistes aux yeux de plusieurs.

Le CPE Au pays de Cornemuse compte deux installations de garde qui compte chacune une soixantaine d’enfants. Du nombre, une quarantaine sont des bambins encore aux couches. « Imaginez que chacun de ces enfants utilise au minimum trois couches par jour, lance la directrice générale. Et en septembre, c’est encore pire parce que plusieurs petits dont la propreté n’est pas encore acquise font leur entrée à la garderie. Comment pensez-vous que je peux arriver avec un seul bac de 120 litres par deux semaines ? Même avec les cinq sacs payants supplémentaires permis par collecte je n’y arrive pas. On remplit habituellement entre quatre et cinq bacs de 360 litres aux deux semaines. »

Mme Kelly est entrée en contact avec la Ville de Gatineau afin d’expliquer sa situation. « La seule solution qui m’a été proposée, c’est d’envoyer quelqu’un pour faire du coaching dans la gestion de nos matières résiduelles, explique-t-elle. Nous faisons déjà du compost et nous recyclons. Nous y mettons beaucoup d’ardeur afin de conscientiser les petits dès le jeune âge. La seule chose qui se retrouve dans nos poubelles, ce sont les couches souillées. »

Insatisfaite de la réponse offerte par la municipalité, Mme Kelly s’est tournée vers la conseillère du quartier, Louise Boudrias. Cette dernière explique que le CPE dépassait déjà le maximum de matière résiduelle prévue dans l’ancienne réglementation, mais que la Ville a fait preuve de tolérance dans ce cas précis pendant des années.

Le service des communications de la Ville de Gatineau confirme avoir eu des discussions avec le CPE, mais ajoute qu’aucune mesure d’atténuation n’est permise par la loi. La seule solution résiderait dans la location par le CPE d’un conteneur à déchets privé. Une fois plein, le CPE devrait payer une entreprise pour venir le vider. « Le problème, c’est qu’il n’y a pas de place sur ce terrain pour un conteneur, note Mme Boudrias. Le CPE serait obligé de réduire la superficie de la cour dans laquelle s’amusent les enfants pour faire entrer un conteneur. Pensez aux odeurs. »

Mme Boudrias estime que la Ville de Gatineau aurait dû reporter l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation lorsqu’elle a appris qu’il n’était pas permis par la loi d’offrir des accommodements. « On fait les choses à l’envers, dit-elle. On n’a pas prévu de solutions pour les cas particuliers. On va encore tenter de s’ajuster après coup. »