Une équipe de hockey mineur de Coaticook, catégorie pee-wee B, a préféré mettre fin à sa saison, prétextant que la sécurité et le plaisir des jeunes n’étaient plus au rendez-vous.

Une équipe pee-wee B de Coaticook met fin à sa saison

L’équipe pee-wee B du Dynamik de Coaticook a décidé que c’en était assez. Le 14 janvier dernier, elle a annoncé à l’Association du hockey mineur de Coaticook qu’elle mettait fin à sa saison.

Avec une fiche d’une victoire, neuf défaites et deux matchs nuls, l’équipe dirigée par Stéphane Goupil affichait un différentiel de -52 au moment de quitter.

Les dirigeants de l’équipe de hockey mineur confirment avoir demandé à trois reprises, deux fois par écrit et une fois verbalement, une dérogation afin d’évoluer dans une catégorie inférieure, soit le pee-wee C. Mais chaque fois, ils ont essuyé un refus.

Estimant que la sécurité des joueurs était en cause, et que ces derniers n’avaient plus de plaisir à disputer leurs matchs, ils ont quitté la Ligue Orford/Saint-François.

« L’Association de hockey mineur de Coaticook a été rencontrée par Hockey Estrie, la semaine dernière, afin de statuer sur notre décision. On a écopé une amende de 200 $ pour avoir quitté la ligue, et on a déjà une autre amende de 500 $ à notre dossier pour avoir refusé de disputer un match, lors de la saison, alors que notre seul gardien de but souffrait d’une commotion. Il n’était pas question pour nous de demander à un gardien de niveau atome de venir jouer avec nous, dans les conditions », a dit Stéphane Goupil.

Dès les premiers jours du camp de sélection, les entraîneurs Stéphane Goupil et Nick Côté constatent que le niveau de la future équipe n’est pas à la hauteur.

D’ailleurs, cet état de fait est constaté également chez l’équipe pee-wee A.

D’un commun accord, avant le début de la saison, chaque équipe a demandé une dérogation afin d’évoluer dans un niveau inférieur. Demandes qui ont été refusées par l’Association de Coaticook.

Les entraîneurs confirment avoir respecté à la lettre les critères exigés afin de procéder à une reclassification.

« Ça fait plus d’une vingtaine d’années que je coache, et c’est la première fois que je suis témoin d’une situation semblable. L’an passé, au niveau pee-wee C, on a compilé une fiche de trois victoires contre 11 défaites et quatre matchs nuls. Mais au moins, on compétitionnait. Cette année, c’était juste ridicule », a dit M. Goupil.

« On a parlé à des entraîneurs des autres équipes et même eux disent qu’on n’a pas d’affaire là. Ces équipes adverses nous ont confirmé qu’ils ordonnaient à leurs joueurs de lever le pied contre nous. Plus la saison avançait et plus le différentiel augmentait et devenait énorme. On ne touchait presque pas à la rondelle, on avait entre cinq et 10 tirs au but, alors qu’on en accordait près de 40. Il fallait le voir pour le croire. Une chance que notre gardien était bon! L’appréhension des jeunes était palpable, avant les matchs, et certains pleuraient en voiture, en revenant à la maison », a dit Nick Côté, qui a remis sa démission, il y a quelques semaines.

En 12 rencontres, l’équipe a marqué 15 buts et en a accordé 67.

Malgré la fin de non-recevoir de la première demande de dérogation, faite à Hockey Estrie, l’équipe revient à la charge, en décembre, cette fois avec entre autres une pétition signée par tous les parents (sauf un) demandant à Hockey Estrie, avec l'accord de l’Association de hockey mineur de Coaticook, d’évoluer dans le pee-wee C.

« On a procédé à une évaluation de chaque joueur, de son parcours, de ses succès passés. On a fourni nos feuilles de matchs, nos évaluations. On était à un différentiel de -25. Mais ça a été refusé à nouveau. Une dernière demande de dérogation, verbale cette fois, a été faite avant le Tournoi pee-wee/bantam de Coaticook, à Hockey Estrie. Mais ça a été refusé », a poursuivi Stéphane Goupil.

Un match d’évaluation est même organisé, pendant la période des Fêtes, contre une formation de pee-wee C. Coaticook s’est incliné 3-1, devant un comité d’évaluation de l’Association de hockey de Coaticook.

« Notre différentiel était alors de -45, alors que l’équipe la plus proche était à -22. Je n’ai jamais vu quelque chose de semblable. Je trouve ça dommage que l’Association de hockey de Coaticook, ou même Hockey Estrie, ne se soit pas fiée sur notre expertise, quand on leur parlait de notre équipe. On ne touchait pas à la rondelle! Les jeunes ne s’amusaient pas, et on a eu des blessures, des commotions. Le jeune doit passer avant tout, selon Hockey Québec. Ce n’était pas le cas pour nous », a poursuivi l’entraîneur Goupil.

Des communications ont également été envoyées à Hockey Québec.

La demande de quitter la ligue a été envoyée le 14 janvier.

« Notre saison est terminée. L’Association de Coaticook nous laisse faire des entraînements jusqu’à la fin, mais elle a refusé qu’on dispute des matchs hors concours. J’imagine qu’on veut éviter les frais d’arbitres ou de marqueurs ».

« Au moment où on se parle, il y a au moins cinq joueurs qui ne reviendront pas, sur les 15 joueurs de l’équipe. Pour une petite association, c’est gros, c’est triste. J’ai toujours eu cette passion du hockey, et de son enseignement, pour que les jeunes s’amusent. On espère qu’une situation comme ça ne se représentera plus », a conclu M. Goupil.

Une saison frustrante et décevante

Marie-Ève Dupont fait partie de ces parents qui n’ont pas hésité à signer la pétition demandant une dérogation de l’équipe pee-wee B vers un niveau inférieur.

La sixième année de hockey de son fils aura été décevante, frustrante, dit-elle.

« Cette saison va laisser des traces chez nos jeunes et pour les parents qui les accompagnent. Mon garçon m’a dit avant le tournoi de Coaticook, ‘‘je suis tanné’’. Pourtant, il adore le hockey, il lance des rondelles dans le garage, il va jouer à la patinoire du coin. Mais là, il était plus capable. Son estime de soi en a pris une claque. Il pleurait dans la voiture, après les matchs et répétait, ‘‘je suis pas bon’’. C’est pas vrai que sa passion du hockey va briser son estime de soi. La pression, on la sentait dans l’auto », a-t-elle pesté.

« Notre équipe ne touchait pas à la rondelle. Lors de certains matchs, on pouvait voir qu’un seul côté de la patinoire avait été utilisé. Lors de notre dernier match, l’autre équipe a réussi 56 ou 57 lancers et nous, 4. »

« Le hockey est un sport de compétition, mais quand tu ne peux pas toucher à la rondelle, il n’y a plus de compétition. J’ai bien averti mon jeune que je ne voulais pas qu’il lâche parce qu’il perdait. C’était son choix. »

« Il y a eu un manque de suivi de notre association, ils ne nous ont pas épaulés dans tout ça. »