Mère de quatre enfants, l’ex-éducatrice Mélanie Roy a plaidé coupable mardi à l’accusation de leurre informatique d’un garçon de 12 ans.

Une éducatrice leurre un élève de 12 ans de son école

Pendant un mois, l’éducatrice en service de garde Mélanie Roy, 36 ans, a multiplié courriels et textos pour tenter de convaincre un élève de 6e année de son école d’avoir des relations sexuelles avec elle. Elle purgera 10 mois de prison pour son crime.

L’accusée, mère de quatre enfants, a choisi de plaider coupable mardi à l’accusation de leurre informatique d’un garçon de 12 ans. La poursuite a accepté de modifier la dénonciation pour que l’accusation soit portée par voie sommaire. 

Mélanie Roy, ex-éducatrice du service de garde de l’école primaire La Farandole à Beauport, a commencé à avoir des échanges sur Facebook et par texto avec un élève de 6e année.

Les conversations, qui dureront près d’un mois, sont d’abord légères. Puis, Mélanie Roy cherche avec de plus en plus d’insistance à obtenir des contacts sexuels avec l’élève.

Selon le récit fait à la cour par le procureur de la Couronne Me Régis Juneau-Drolet, l’éducatrice lance des invitations «d’aller dans sa chambre», demande «un service», parle de «strip poker». Les deux s’échangent des émoticônes de condom et d’actes sexuels. Mélanie Roy envoie une photo d’elle en maillot de bain.

Le jeune hésite, fait valoir qu’il n’a aucune expérience.

Mélanie Roy le rassure; s’il accepte sa proposition, elle ira seulement jusqu’où il la laissera aller. «Laisse-moi faire et promet-moi de ne pas me repousser», écrit l’éducatrice.

Me Juneau-Drolet souligne que les échanges n’ont pas lieu dans un contexte de relation amoureuse réciproque. «Dans les échanges, on sent le malaise du jeune», souligne le procureur de la Couronne.

Mélanie Roy a aussi des contacts avec la mère du jeune. Elle lui proposera de garder son fils, de faire des sorties avec lui.

Faux profil Facebook

L’éducatrice va ensuite se créer un faux profil Facebook en adoptant l’identité de «Mike», un adolescent de 14 ans.

Mike se présente à l’élève de sixième année comme une connaissance de Mélanie Roy. Il confie  avoir eu ses premières relations sexuelles avec une femme plus vieille et vante les bons côtés de ce type d’apprentissage.

La mère de l’élève a découvert les conversations par hasard. Son fils lui avait pris son téléphone cellulaire et avait laissé sa session Facebook ouverte. La mère a donc pu lire les échanges grivois entre le garçon et Mélanie Roy et aussi ceux avec le fameux Mike.

Elle a averti l’école primaire et une enquête policière a été ouverte. L’éducatrice a été arrêtée et a pu reprendre sa liberté durant les procédures. Elle a perdu son emploi.

Le juge René de la Sablonnière de la Cour du Québec a accepté la suggestion de peine des parties, soit d’imposer 10 mois de détention ferme à l’accusée, sans antécédent judiciaire. Mélanie Roy sera en probation durant deux ans et a accepté de se soumettre à toute thérapie jugée utile par les spécialistes.

Il lui sera interdit d’utiliser Internet et d’occuper un emploi la plaçant en lien avec des enfants.

«Vous avez trompé la confiance d’un enfant et celle d’une adulte, a souligné le juge de la Sablonnière. La jurisprudence est sévère pour ce type de crime parce que ça a un impact sur la vie des jeunes garçons et jeunes filles tout au long de leur vie.»

Avant de partir pour le quartier cellulaire, Mélanie Roy s’est adressée au procureur de la Couronne afin qu’il présente ses excuses sincères au jeune et à sa famille. Le message sera fait, a répondu Me Juneau-Drolet.