La directrice de l’école primaire Boisjoli Nicole Clermont annonce sa retraite. Sur la photo, elle est entourée de ses élèves en 2016.

Une directrice d'école prend sa retraite pour mieux s’entraîner

Après une dizaine d’années à la tête de l’école primaire Boisjoli, Nicole Clermont quitte pour la retraite. Même si son départ la rend émotive, la femme de 56 ans carbure à l’idée de se dévouer entièrement à son sport, afin de pouvoir s’envoler pour Tokyo en 2020.

« C’est très difficile émotivement de tourner la page, mais je vais pouvoir mettre toute mon énergie dans ma passion », explique Mme Clermont, l’athlète de paracyclisme qui achève une carrière de plus de 20 ans dans la direction d’écoles.

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Paralympiques: une directrice d'école inspirante

Elle s’entraînait soirs et week-end, en plus de travailler tous les jours de semaine. Son temps de récupération était moindre. Après sa retraite, en plus d’avoir le temps de rouler le matin et de permettre à son corps de récupérer durant la journée, elle aura plus de temps pour entretenir une vie sociale plus remplie.

« Je vais pouvoir aussi profiter de la vie. Pas de pression et je n’aurai pas de décision à prendre, exprime Mme Clermont, ça t’habite toujours le chapeau de direction, tu le portes tout le temps ». La nouvelle retraitée explique qu’elle devait répondre à certains courriels lorsqu’elle était à l’extérieur du pays pour des compétitions ou des camps d’entraînement.

« J’ai enlevé ce chapeau-là de directrice pour mettre mon casque de vélo à temps plein! »

Jongler entre son travail et le paracyclisme représentait un défi ardu, mais pas impossible. « Ça demande une discipline énorme, mais ça se fait. Quand on croit en soi et qu’on a un rêve, ça se fait. Ça m’a tellement apporté le paracyclisme que ça vaut les efforts », explique Mme Clermont.


« J’ai été choyée! Ils m’ont toujours appuyée dans mon projet de paracyclisme. »
Nicole Clermont

Il faut dire qu’il était parfois difficile pour la commission scolaire de permettre à leur directrice la pratique de son sport de haut niveau. Nicole Clermont reste plus que reconnaissante auprès de ses employeurs.

« J’ai été choyée! Ils m’ont toujours appuyée dans mon projet de paracyclisme. Les enseignants et les membres du personnel comprenaient que je devais m’absenter plusieurs semaines pour les camps d’entraînement ou pour les compétitions. Ce n’est pas donné à tous les milieux de travail. Je remercie beaucoup la commission scolaire et mon équipe-école ».

Conserver un pied dans le milieu

Il serait impossible pour l’ancienne directrice de quitter complètement le secteur scolaire dès aujourd’hui. « Je fais souvent des conférences dans les écoles de la commission scolaire justement pour parler de ma folie, de vélo, de mon rêve et de la persévérance. J’ai l’intention de continuer ça. Je ne pourrais pas couper ça comme ça. Pour moi c’est vital. »

Bientôt, elle visitera à nouveau l’école Boisjoli pour continuer d’encourager les élèves à faire preuve de persévérance. D’ailleurs, il s’agit de la principale valeur qu’elle souhaite avoir transmise.

« Croire en soi, toujours donner son maximum et, surtout, avoir du plaisir dans ce qu’on fait, c’est le plus important », lance Mme Clermont. « Des fois, j’ai des élèves en difficulté d’apprentissage qui travaillent très fort, et les résultats ne sont pas tout le temps là. Malgré ça, il faut être fier du chemin parcouru », ajoute l’athlète.

L’objectif ultime de Nicole Clermont est de participer aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2020. « Ça va être difficile, mais il faut avoir des rêves », commente-t-elle.

À court terme, elle espère se qualifier pour les Championnats du monde en Italie, d’ici la fin du mois de juillet. Elle sera aussi sur la ligne de départ des circuits de la Coupe du monde, en Hollande et à Baie-Comeau cet été.

« À 50 ans, j’ai été assez folle de penser que je pouvais me rendre à Rio à 54 ans. Là, je vais être assez folle de penser que je peux faire Tokyo! »