Olivier Desjardins, alias Oli Jardins, lancera au cours des prochains jours Le Pot show, sa chaîne YouTube spécialisée sur le cannabis. Il y parlera notamment des vaporisateurs (photo), ceux-ci représentant un mode de consommation peu connu du grand public.

Un YouTubeur du pot

Comme bien des gens, enthousiastes ou simplement curieux, Olivier Desjardins fera le pied de grue jeudi devant une succursale de la Société québécoise du cannabis. Or, l’achat que le Granbyen y fera marquera le premier jalon d’un projet de longue haleine, car il lancera sa chaîne YouTube sur l’univers de la marijuana. Une façon de « déstigmatiser » sa consommation tout en dévoilant au public les produits sur le marché.

Olivier Desjardins, alias Oli Jardins, consomme du cannabis depuis près de 20 ans. Au même titre que pour l’alcool, il voit la légalisation de cette substance comme une opportunité « d’éduquer la population » à la consommer de façon responsable. « Malheureusement, les préjugés à l’égard du cannabis sont bien ancrés dans la société. C’est le moment de faire tomber les tabous, a-t-il confié. Et je veux le faire de la façon la plus professionnelle possible. »

En fait, l’idée du Pot show a germé il y a près d’un an. Oli Jardins a vu le potentiel de jumeler ses capsules vidéo à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi. « C’est évident qu’il y aura une vague et je veux surfer dessus. Le problème, c’est que plus je parle de cannabis avec des gens, plus je me rends compte que c’est méconnu. Il n’y a pas qu’une sorte de cannabis et les effets sont loin d’être les mêmes d’un type à l’autre. C’est la base de savoir ce que tu consommes. En quelque sorte, je veux devenir un “sommelier” du cannabis. »

Mis à part les variétés de cannabis disponibles sur le marché, Oli Jardins veut parler des différents équipements servant à sa consommation. Notamment les vaporisateurs qui, selon lui, gagnent de plus en plus en popularité.

« Le cannabis, c’est un monde. Ce n’est pas réservé uniquement à des jeunes qui veulent “buzzer” en fumant un gros joint. Il y a des gens de tous les âges et de toutes les classes sociales qui en prennent, a fait valoir le trentenaire. C’est à toutes ces personnes que je veux m’adresser. »

Celui qui se définit comme un passionné de cannabis envisage même d’avoir son propre petit local où il pourrait conseiller autant les néophytes que les connaisseurs en la matière. « Vraiment, ce serait un plus pour mon projet global », a-t-il lancé en réfléchissant à voix haute.

Le pot... et les jeunes

Consommation de pot et enfance ne font évidemment pas bon ménage. Or, la légalisation du cannabis engendrera son lot de questions chez plusieurs jeunes. Graphiste de formation et illustrateur, Oli Jardins a quelques idées pour aborder ce sujet délicat auprès de cette clientèle, notamment la réalisation d’un livre. « Quand les enfants verront leurs parents, ou même grand-papa consommer du cannabis, ils voudront savoir pourquoi ils font ça. Si c’est comme une cigarette. Je crois que c’est important de commencer à éveiller les jeunes à ça pour qu’ils comprennent que ce n’est pas mal, mais qu’il y a un âge pour le faire. Et surtout qu’il y a des limites à respecter. Comme dans n’importe quoi, il faut s’éloigner des excès. Je crois que ce serait bien de faire un livre intéressant côté visuel avec du contenu simple à comprendre », a-t-il résumé.

D’ailleurs, Olivier Jardins est catégorique : pas question de permettre aux adolescents de consommer du cannabis avant 18 ans. « Quand tu atteins l’âge de la majorité, tu as davantage un sens critique développé. Tu saisis mieux ce qui est bien ou non pour toi », a-t-il fait valoir.

Il met toutefois un bémol au fait d’augmenter à 21 ans l’âge requis pour acheter du cannabis, comme le prône la Coalition avenir Québec. « Je comprends le nouveau gouvernement de vouloir encadrer la consommation de cannabis chez les jeunes. Mais en limitant l’âge légal à 21 ans, ça fera en sorte que plusieurs jeunes se tourneront vers le marché noir, a-t-il indiqué. Ça va à l’opposé de ce qu’on veut en lançant la Société québécoise du cannabis contrôlée par la SAQ. »