L'accusé a transmis à une chroniqueuse du Journal de Québec des menaces de causer la mort ou des lésions corporelles au maire Régis Labeaume.

Un troll condamné pour menaces envers Régis Labeaume

Un troll du Web a été condamné pour avoir transmis à une chroniqueuse du Journal de Québec des menaces de causer la mort ou des lésions corporelles au maire Régis Labeaume.

Le 22 octobre, en pleine campagne électorale, Sacha Crépeault, 43 ans, envoie un premier courriel à la chroniqueuse municipale Karine Gagnon, la traitant de «vendue», à la solde du maire sortant Régis Labeaume.

Le ton est agressif et les propos remplis d’insultes, a témoigné la chroniqueuse devant la cour mardi. Le troll du Web, qui s’est aussi fait remarquer sur les réseaux sociaux pour des commentaires antimusulmans, récidive quelques heures plus tard.

«C’était mon dernier message sinon tu vas brailler que je fais de l’intimidation», lance Sacha Crépeault. 

Crépeault écrit pourtant de nouveau à la chroniqueuse le 27 octobre. «Au lieu de ... avec M. Labeaume vous devriez écouter M. Gosselin il en a une plus .... Ah! Ah!»

L’accusé, gêné, a convenu que les mots qu’il avait omis d’écrire dans le courriel étaient «fourrer» et «grosse».

Ce qui inquiète encore davantage la chroniqueuse, c’est que ce courriel est accompagné d’une photo de Régis Labeaume où l’on peut lire la phrase «Die by my hand. I creep across the land.» Cette phrase est tirée d’une chanson de Metallica. L’image est de plus ornée de traces rouges imitant le sang.

Karine Gagnon porte plainte à la police et Sacha Crépeault est arrêté. 

Un courriel envoyé à la chroniqueuse Karine Gagnon était accompagné de cette photo. Un geste qui fait dire à la juge que l'accusé «avait l’intention d’intimider et qu’il voulait que sa menace soit prise au sérieux».

La juge Chantale Pelletier de la Cour du Québec n’a pas cru l’accusé qui affirmait avoir seulement voulu faire du sarcasme et de l’ironie et avoir trouvé l’image par hasard en cherchant sur Google.

«Ajouter au courriel la photographie où on voit le mot "die" montre qu’il avait l’intention d’intimider et qu’il voulait que sa menace soit prise au sérieux», conclut la juge en déclarant Crépeault coupable d’avoir transmis des menaces de mort à Régis Labeaume par l’entremise de la chroniqueuse.

La juge a accepté de surseoir à l’imposition de la peine durant deux ans. Crépeault devra faire 40 heures de travaux communautaires et s’abstenir formellement de communiquer avec Karine Gagnon et Régis Labeaume.