Des policiers chinois font le guet devant l’ambassade canadienne à Pékin, vendredi dernier.

Un troisième Canadien aurait été arrêté en Chine

PÉKIN - Un troisième ressortissant canadien a été arrêté en Chine, a annoncé mercredi un quotidien de Toronto, près de trois semaines après l’interpellation à Vancouver d’une haute responsable du groupe chinois Huawei qui a suscité la colère de Pékin.

Selon le National Post, un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a confirmé au journal qu’un troisième citoyen canadien avait été placé en détention par les autorités chinoises.

Le porte-parole n’a pas fait le lien avec la détention au Canada de la responsable de Huawei, selon le journal.

Le quotidien n’a pas précisé l’identité de la personne arrêtée en Chine, mais indiqué qu’il ne s’agirait pas d’un diplomate ni d’un responsable d’entreprise basé dans le pays.

Interrogée lors d’un point presse, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a dit ne pas être au courant de ces informations et l’ambassade du Canada à Pékin ne répondait pas aux questions de l’AFP.

Si cette interpellation était confirmée, elle serait la troisième après celles de deux autres Canadiens en début de semaine dernière: l’ex-diplomate Michael Kovrig, employé par l’association International Crisis Group (ICG), et Michael Spavor, un consultant fréquemment en relation avec la Corée du Nord.

L’ambassadeur du Canada à Pékin a pu rencontrer les deux hommes, soupçonnés de menace à «la sécurité nationale».

Si elle ne fait pas le lien avec ces deux arrestations, la Chine ne décolère pas contre le Canada depuis l’interpellation début décembre de la directrice financière de l’équipementier en télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, à la demande de la justice américaine.

Mme Meng a été relâchée sous caution la semaine dernière dans l’attente de son audience d’extradition vers les États-Unis, qui la soupçonnent de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

Pékin a menacé Ottawa de «conséquences graves» si elle n’était pas immédiatement libérée.

«Nous allons très clairement défendre nos citoyens qui sont détenus, nous essaierons de savoir pourquoi, nous allons travailler avec la Chine pour démontrer que ce n’est pas acceptable», a déclaré pour sa part le premier ministre canadien Justin Trudeau.