La cartographie du système actuellement utilisé par les ambulanciers ne propose pas toujours l’itinéraire le plus court ni le plus rapide pour se rendre sur les lieux d’une intervention, dénoncent des intervenants d’urgence.

Un système de navigation ambulancier moins fiable que Google Maps

Lorsqu’une urgence médicale survient, chaque minute compte. Or, des ambulanciers de Granby dénoncent le système informatique implanté dans leurs ambulances, dont l’outil de cartographie leur propose parfois des itinéraires plus longs que Google Maps.

« Ceux qui viennent travailler et qui ne connaissent pas la région vont suivre les indications de la tablette SYM. Vous remarquerez une différence d’environ 3 min 30 s de plus en temps et de deux kilomètres de plus avec SYM versus Google Map », a écrit un ambulancier à La Voix de l’Est.

Pour appuyer ses dires, il a fait parvenir au journal une capture d’écran de Google Maps qui proposait un itinéraire de neuf minutes pour parcourir 3,7 kilomètres tandis que le système de cartographie de l’ambulance suggérait plutôt un itinéraire de 5,7 kilomètres dans un délai estimé à 12 minutes 34 secondes. Le point de départ et le point d’arrivée étaient pourtant les mêmes.

« Penser juste à un infarctus, un accident vasculaire cérébral ou une alerte cardiaque. Lorsqu’ils disent que chaque minute compte, priez pour que les paramédics connaissent bien votre région », poursuit l’intervenant d’urgence dans son courriel.

Cette situation n’est pas la seule à avoir été vécue par les secouristes. La cartographie suggère parfois des itinéraires avec une route qui n’existe pas ou en propose d’autres qui sont loin d’être les plus rapides, selon différents témoignages recueillis par le journal.

Un outil qui n’est pas sans faille

Le système SYM est celui utilisé par les Centres de communication santé qui répondent aux appels logés au 911 en matière d’urgence médicale ; il affecte les ambulanciers. Le système informatique est actuellement implanté dans les ambulances de Granby, mais également dans celles de plusieurs autres services du Québec.

Lorsqu’un appel est logé au 911, le répartiteur va localiser l’appelant via son adresse civique et c’est là que le système va le prendre en charge et déterminer quel véhicule d’urgence est le plus près du lieu de l’intervention pour s’y rendre. « Est-ce que c’est mieux qu’il y a 20 ans quand c’était moi sur la route qui devait connaître toutes les rues par cœur ? Est-ce que je connaissais toutes les bonnes rues ? C’est une aide qui permet qu’on coupe du temps, qu’on organise mieux le travail, qu’on organise mieux la répartition des véhicules, mais ce n’est pas sans faille », affirme Stephan Scalabrini, directeur des opérations secteur Ouest pour l’entreprise ambulancière Dessercom, notamment présente à Granby.

La problématique, qui a été soulevé par l’entreprise ambulancière au fournisseur, est que le système actuel ne permet pas d’avoir accès à Google Maps, indique M. Scalabrini.

Nouvelle technologie

La compagnie ambulancière ne veut pas se départir de SYM, précise-t-elle, mais elle souhaite pouvoir l’arrimer avec le nouveau système Préhos pour lequel elle a investi près de deux millions de dollars (lire texte ci-dessous). « On veut juste s’assurer que les Centres de communication santé vont pouvoir le mettre dans SYM pour nous acheminer les appels, indique M. Scalabrini. Si on peut faire des alliances et améliorer des choses, tant mieux. »

Il compare notamment les systèmes informatiques utilisés dans les ambulances aux réseaux de téléphonie. « Tu peux avoir une ligne téléphonique avec un fournisseur, mais utiliser un cellulaire d’une autre compagnie et ça va marcher parce que la ligne téléphonique c’est une chose, et les outils qu’on utilise c’en est une autre », illustre-t-il.

Une porte-parole du ministère de la Santé a fait savoir La Voix de l’Est en fin de journée mardi que les problématiques soulevées n’avaient pas été portées à leur attention.