Linda Cardinal est la chargée de mission à la francophonie au cabinet du recteur de l’Université d’Ottawa.

Un souffle nouveau pour la francophonie à l'Université d'Ottawa

L’Université d’Ottawa (Ud’O) insufflera un souffle nouveau à la francophonie. L’établissement bilingue a rendu public un rapport « ambitieux » qui prévoit des mesures pour faire rayonner la langue de Molière à l’intérieur et à l’extérieur du campus.

La tâche de rédiger ce rapport et de proposer des actions est revenue à Linda Cardinal, chargée de mission à la francophonie au cabinet du recteur. Cette dernière ne cache pas que la réflexion était nécessaire.

« Ça faisait depuis 2005-2006 qu’on a de la documentation dans laquelle on dit que l’Université doit aller de l’avant. Aux trois à cinq ans la commission permanente des affaires francophones et des langues officielles publiait des recommandations qui étaient étudiées et mises en œuvre. Là, ça prenait un peu plus qu’un rapport d’un comité et le recteur a décidé que ça lui prenait un plan d’action », confie la titulaire de la chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Ud’O.

En créant un Plan d’action pour la francophonie, l’établissement d’enseignement promet d’accorder une place d’importance à la langue de Molière et de se donner les ressources nécessaires. 

« Est-ce que tout est parfait dans un monde idéal à l’Université d’Ottawa ? Certes non, admet le recteur Jacques Frémont. Il y a place à amélioration le caractère francophone de ce que nous sommes et de ce que nous aspirons à être. À mes yeux il fallait agir rapidement. Je souhaitais que le rapport propose des principes directeurs qui définissent ce qu’est pour nous la francophonie. »

Le nouveau Plan d’action vise à mettre en place une gouvernance plus efficace de la francophonie, à accroître le rayonnement de la francophonie sur le campus et à mettre sur pied des moyens de mieux communiquer la mission francophone de l’établissement.

Parmi les mesures proposées, on compte entre autres la possibilité d’étendre la désignation partielle en vertu de la Loi sur les services en français aux programmes d’études supérieures ainsi que la relance du carrefour francophone sur le campus, sans oublier le recrutement francophone et l’immersion.

Selon Mme Cardinal, l’Ud’O doit en faire plus afin de promouvoir ses services dans les deux langues. 

« Le message public de l’Université en matière de francophonie n’est pas assez fort. Il faut que ce soit clair que la francophonie est vue comme un moyen de positionnement de l’Université sur la scène locale, provinciale, nationale et internationale, estime Mme Cardinal. Que la francophonie soit vue comme un vecteur d’enrichissement. Qu’il y ait un espace de vie intellectuel en français et que l’Université assume pleinement son rôle comme lieu privilégié de dialogue des langues et des cultures, mais aussi en francophonie. »