Lahbib Reddani devrait donner sa version des faits aujourd’hui dans le cadre de son procès.

Un portier aurait agressé sexuellement une cliente

TROIS-RIVIÈRES — Le procès de Lahbib Reddani, un ex-portier d’un bar de Trois-Rivières, a commencé, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières, pour une agression sexuelle qui aurait été commise sur une cliente alors qu’il était dans l’exercice de ses fonctions.

«C’est un portier, quelqu’un qui s’occupe de la sécurité dans un bar. Avec ce qui s’est passé, je me demande bien sur qui on peut se fier maintenant», a déploré un témoin et ami de la plaignante lors de son témoignage.

Selon la preuve soumise par la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, le portier aurait en effet profité de l’état d’ivresse très avancé d’une cliente qui fêtait ses 18 ans pour l’agresser sexuellement. Le délit serait survenu le 20 février 2016.

Dans cette affaire, la plaignante, dont l’identité fait l’objet d’une ordonnance de non-publication, ne se rappelle aucunement de l’agression dont elle aurait été victime. Elle aurait en effet vécu un black-out. Cette ex-étudiante en techniques policières se souvient très bien d’avoir bu plusieurs shooters et autres consommations. Elle soutient par contre n’avoir pris aucune drogue. Selon elle, la soirée allait bon train mais elle a soudainement perdu la carte.

Elle se serait réveillée chez elle puis dans un lit d’hôpital. La présumée victime a bien tenté par la suite de retrouver la mémoire mais sans succès. «Au début, je n’y croyais pas. Ça ne se pouvait pas que ça arrive à moi. On voit ça dans les films. J’avais été violée, mon intimité avait été violée. Le plus frustrant est que je n’ai pas de souvenirs. Je suis incapable de mettre une image sur ce qui est arrivé», a-t-elle raconté en larmes.

En effet, ce sont ses amis qui auraient été témoins de la scène. À l’hôpital, on lui a raconté qu’elle avait embrassé plusieurs gars inconnus dans le bar, elle qui est d’un naturel plutôt réservé. Des filles aussi. Selon son amie, la jeune femme était devenue incontrôlable et son état n’avait cessé de dégringoler. Elle avait également commencé à vomir. Ses amis l’avaient donc confiée à un portier du bar.

Un autre ami a expliqué au juge Jacques Trudel que la plaignante avait été laissée sous la responsabilité du portier pour une trentaine de minutes maximum dans une salle VIP. Selon lui, elle était alors étendue sur un banc, à semi-inconsciente et tenait des propos incompréhensibles.

Or, ils sont tous les deux revenus cinq minutes plus tard auprès de la jeune fille sous prétexte qu’ils n’avaient plus le goût de faire la fête et se sentaient inquiets. Derrière un rideau, ils soutiennent avoir vu la jeune fille accroupie à quatre pattes sur une banquette, les pantalons baissés. Le portier était derrière elle et avait lui aussi les pantalons baissés.

Selon le jeune homme, le portier était en train exécuter des mouvements de va-et-vient. «Il était en train de la pénétrer. J’ai pogné de quoi. Il y a quelques secondes, elle était couchée morte sur un banc et là, elle voulait se faire du fun?!? Qu’est-ce qui se passait? Il y a eu une situation de panique. J’ai reculé mais je suis entré de nouveau dans la pièce en disant qu’on s’en allait», a-t-il expliqué.

L’autre amie soutient pour sa part avoir été témoin de la même scène sauf qu’elle n’a pas vu de contact physique direct. Elle a cependant eu un choc parce qu’il se passait quelque chose selon elle. Sans comprendre pourquoi, elle a remercié le portier pour son aide. «Je lui ai dit que ce n’était pas peut-être pas une bonne idée par contre d’avoir abusé d’elle mais il a répondu que c’était elle qui voulait ça», a-t-elle ajouté.

Elle a ensuite précisé que jamais elle n’avait réfléchi au fait que son amie aurait pu faire des avances au portier compte tenu de son comportement antérieur au bar. Il était clair dans son esprit que dans l’état où elle se trouvait, une relation sexuelle aurait en quelque sorte constitué un abus.

Une fois qu’elle a été ramenée chez elle, ses amis ont décidé de contacter les policiers et les services d’urgence. Ils croyaient même qu’elle avait été droguée au GHB. Il est vrai que ce soir-là, une autre amie qui avait festoyé avec la présumée victime avait pour sa part éprouvé un soudain problème d’incontinence anale qui avait également nécessité un retour à la maison.

Notons que les résultats des examens n’ont révélé aucune trace de GHB dans le sang de la présumée victime. Elle ne présentait aucune blessure physique non plus. Une plainte a cependant été portée pour l’agression sexuelle. Le procès va se poursuivre aujourd’hui. Le prévenu, qui est défendu par Me Eddy Ménard, devrait livrer sa version des faits.