La publicité du "Sex Party".

Un party controversé sans débordement

TROIS-RIVIÈRES — Le «Sex Party» du bar Le Temple s’est déroulé sans débordement, selon ce que rapporte la police de Trois-Rivières. Cette soirée controversée avec David Hener, une vedette des réseaux sociaux toujours entourée de femmes très légèrement vêtues, avait été dénoncée par des organismes qui voyaient dans cet événement la valorisation de l’exploitation sexuelle du corps des femmes.

Comme on peut le voir sur le compte Snapchat de l’animateur de la soirée, ce dernier s’est présenté dans une limousine dorée et entouré d’une demi-douzaine de jeunes femmes. Lorsque David Hener est monté sur scène, il avait un exemplaire du Nouvelliste à la main dans lequel un article sur la controverse entourant cette soirée avait été publié. Il s’est moqué, encore une fois, des critiques du «Sex Party» et de la couverture médiatique. 

Dans une des vidéos éphémères publiées sur Snapchat par David Hener, on peut même lire en anglais «Ce party n’est pas sexiste. On est juste des ‘‘fucking’’ dominants. ‘‘Fuck’’ les médias».

David Hener aime bien susciter la controverse pour faire parler de ses événements.

David Hener a posé la question dans une autre de ses vidéos éphémères «Qu’est-ce que les féministes diraient de ça?» en montrant ses accompagnatrices donner des coups de cravache sur le ventre et les fesses d’un jeune homme à moitié déshabillé.

Cette soirée du Temple prévoyait aussi du pole dancing, pornshow et un concours de wet t-shirt. Et bien évidemment, le vin mousseux a coulé à flots, pouvant même être envoyé directement dans la bouche des clients avec un fusil à pression. 

En entrevue à Radio-Canada Mauricie, David Hener s’est défendu de faire la promotion de l’exploitation sexuelle du corps des femmes comme le lui ont reproché certains organismes. 

«Je trouve que c’est eux qui viennent diviser les sexes au lieu de les rendre égaux et de ne pas donner cette liberté aux femmes», a-t-il affirmé. «La femme, elle a le droit de faire ce qu’il lui plaît. Donc si la femme est consentante, si la femme a le goût de venir à mon événement ou d’être engagée par nous et de faire ce genre d’événement là, en 2017, c’est sa liberté à elle.»

La soirée de samedi n’était pas un événement Best & Finest, qui prévoit qu’à la fin de la soirée, six femmes sont sélectionnées afin de poursuivre la fête dans la chambre d’hôtel de l’organisateur. 

Lorsque l’événement du bar Le Temple avait été annoncé, des voix se sont élevées pour dénoncer ce genre de soirée qui, selon eux, «banalise et valorise l’exploitation sexuelle du corps des femmes».

«À la limite, ça frôle la prostitution, parce que quand on regarde les événements encouragés par David Hener ailleurs, où on choisit six filles pour venir passer la nuit dans la chambre du promoteur, on n’est pas loin de ça. Et on a beau dire que les photos ne sont accessibles que pendant quelques heures, on peut facilement en faire des captures d’écran et tout ça peut circuler pendant très longtemps», avait affirmé Joanne Blais, directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie. 

Le Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Trois-Rivières avait aussi dénoncé le «Sex Party» qui consiste selon lui à faire la promotion d’une image dégradante du corps féminin.

«Nous travaillons au quotidien dans une institution regroupant majoritairement des jeunes femmes et hommes, visés par la tenue de ce type d’activité. Nous sommes donc à même de constater les conséquences d’une culture dominante qui confine la femme dans le rôle d’objet de consommation et de convoitise», affirmait le Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Trois-Rivières, Jean Fournier, à la suite d’une assemblée générale où cette question a été abordée.