Entourée de ses parents Patrick Langevin et Cindy Côté, la petite Nelly a fait beaucoup de chemin depuis qu’elle est née prématurément après seulement 25 semaines de grossesse.

Un miracle prénommé Nelly

TROIS-RIVIÈRES — Une livre et six onces. C’est tout ce que pesait la petite Nelly, maintenant âgée de deux ans et pleine de vie, lorsqu’elle est née prématurément à 11 h 39 le 30 septembre 2016.

À la voir courir dans tous les sens dans la maison de Trois-Rivières qu’habite sa famille, on est loin de se douter que la fillette a dû se battre lorsqu’elle est venue au monde par césarienne après seulement 25 semaines de grossesse. Ses parents, Cindy Côté et Patrick Langevin, se souviennent comme si c’était hier de ce moment ainsi que des quatre mois qu’a duré le séjour de leur enfant à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal. D’ailleurs, sa mère était loin de se douter que la grossesse sans trop de tracas qu’elle vivait jusque là allait prendre fin brusquement et être suivie par une série d’épreuves et d’obstacles. Tout a commencé lorsqu’elle a décidé de se rendre à l’hôpital de Trois-Rivières en raison d’une vive douleur à une jambe.

«Ça faisait deux ou trois semaines que j’étais un peu plus fatiguée et que j’avais mal au dos. Il y avait eu quelques petites choses depuis le début de la grossesse, mais rien d’alarmant. Je pouvais continuer à travailler et à faire mes activités normalement, notamment courir, jusque là. Mais une nuit que mon chum travaillait, j’avais vraiment mal. J’ai pris un bain car j’étais incapable de dormir et en sortant je me suis rendu compte que j’avais une jambe enflée. Je suis donc allée à l’urgence et comme j’étais enceinte de plus de 20 semaines, je suis montée au département d’obstétrique et ils ont mis le bébé sur moniteur. En plus de me diagnostiquer une phlébite, ils ont alors constaté que Nelly faisait de la tachycardie. Ils m’ont aussi fait passer une échographie qui a révélé que j’avais perdu beaucoup de liquide amniotique sans que je m’en rende compte. Il n’en restait presque plus», raconte la mère alors que sa fille ne cesse de pousser des petits cris et que son amoureux tente tant bien que mal de l’asseoir sur ses genoux.

À partir de ce moment, le mal dont souffrait la mère, et qui n’est d’ailleurs peut-être aucunement relié à l’état du petit être en devenir, est vite devenu secondaire. Comme l’équipe de l’hôpital trifluvien n’est pas en mesure de procéder à des accouchements à un stade de gestation si peu avancé, la femme qui était alors âgée de 38 ans a été transportée en ambulance à Sainte-Justine.

«Je n’étais vraiment pas prête à accoucher. Je ne savais même pas que l’on pouvait accoucher d’un bébé à 25 semaines! En arrivant à Sainte-Justine, on devait rencontrer quelqu’un qui nous expliquerait c’était quoi avoir un bébé après une grossesse de 25 semaines, mais il n’a pratiquement pas eu le temps de parler. [En raison de l’état de Nelly], ils ont décidé qu’ils devaient agir rapidement» poursuit la mère.

À sa naissance, Nelly tenait dans une des mains de son grand gaillard de père. Pendant que sa conjointe se remettait de l’importante opération qu’elle venait de subir, ce dernier a pu la suivre alors qu’elle était prise en charge par le personnel hospitalier. C’est à ce moment qu’il a compris que Nelly allait devoir se battre pour survivre.

«Quand je l’ai vue pour la première fois, j’ai figé. Je ne pouvais pas croire qu’elle pouvait vivre si petite. Je l’ai suivie jusqu’à sa chambre et c’est là qu’elle a serré mon doigt avec sa petite main et qu’elle a poussé son premier cri. Je me suis alors dit que c’était le début d’une aventure», confie-t-il.

Dans les jours qui ont suivi, le premier enfant commun des deux amoureux, qui ont chacun un garçon issu d’unions précédentes, a subi une batterie de tests. Ces derniers ont notamment révélé que Nelly n’avait aucune lésion au cerveau. Les deux parents ont alors poussé un soupir de soulagement car des résultats moins encourageants les auraient confrontés à des choix déchirants...

«C’était un signe qu’elle voulait se battre. Quand ils ont des lésions, soit des caillots de sang, ils peuvent avoir des handicaps. Ça peut être alors normal de baisser les bras», reconnaît le père.

Par contre, Nelly était petite pour un bébé né après 25 semaines de grossesse. Elle a également perdu du poids dans les premiers jours de sa vie, ce qui n’était rien pour rassurer ses courageux parents.

Quatre mois à l’hôpital

Dans les semaines et les mois suivants, le séjour de Nelly à l’hôpital s’est déroulé comme un véritable tour de montagnes russes. Le premier mois a notamment été pénible selon son père, qui a heureusement pu obtenir un congé pour pouvoir être auprès de ses deux amours à Montréal. Mais petit à petit, sa fille a pris du mieux, pour finalement pouvoir rentrer à la maison avec ses parents le 30 janvier 2017, soit quatre mois jour pour jour après sa naissance. M. Langevin et Mme Côté tiennent à souligner que leur fille ne serait pas dans son état actuel sans les soins et l’encadrement du personnel de l’hôpital Sainte-Justine.

«Ils nous ont accompagnés du début à la fin. Autant j’avais hâte de rentrer chez moi, autant j’étais triste de partir. C’est comme une famille là-bas», lance la mère de famille.

Pour sa part, son conjoint va même jusqu’à qualifier d’êtres d’exception les membres de l’équipe de l’hôpital se spécialisant dans les soins destinés aux enfants.

«Une infirmière à Sainte-Justine, c’est plus qu’une infirmière. Ça prend des personnes minutieuses, patientes et surtout passionnées», déclare le père qui tient également à remercier toutes les personnes qui se sont impliquées afin que Nelly puisse devenir la fillette qu’elle est aujourd’hui.