Les ambulanciers paramédicaux Samuel Côté et Brigitte Leblond ont réussi à ramener Stéphane Côté à la vie le 13 décembre dernier alors que celui-ci s’est écroulé en rentrant chez lui à la fin de sa journée de travail, au grand bonheur de sa conjointe Josiane Gouin..

Un miracle juste à temps pour Noël

Stéphane Côté aurait pu mourir le 13 décembre dernier. À 38 ans, il est passé à un cheveu de laisser sa vie derrière lui alors que son cœur s’est tout simplement arrêté de battre. Mais les astres étaient formidablement bien alignés pour lui et il est revenu à la vie grâce à l’intervention rapide des ambulanciers paramédicaux. « Je me sens comme un miraculé », dit le père de famille reconnaissant.

Stéphane Côté ne se sentait pas bien depuis quelques jours le 13 décembre; il avait très mal à l’estomac. Il n’avait pas d’autres symptômes et croyait vraiment que c’était son estomac qui faisait des siennes. À peine rentré chez lui après sa journée de travail, sa douleur s’est amplifiée. Sans autre avertissement, il s’est effondré sur son lit. Quelques instants plus tard, le cœur de cet homme de 38 ans ne battait tout simplement plus. Sa conjointe et sa fille de 12 ans ont alors appelé les secours. Et c’est là que tout s’est enchaîné pour ramener le père de famille à la vie!

« Je suis infirmière auxiliaire. J’ai commencé le massage cardiaque; ma fille est allé attendre les ambulanciers dehors. Ça m’a paru long, mais tout est allé vite en réalité. Moins d’une dizaine de minutes après mon appel, les ambulanciers étaient dans la chambre », se souvient Josiane Gouin, la conjointe du miraculé.

Pour les ambulanciers paramédicaux Brigitte Leblond et Samuel Côté, l’adrénaline était à son apogée. Les ambulanciers se trouvaient à quelques rues de l’appartement lorsqu’ils ont reçu l’appel où ils ont foncé avec sirène et gyrophares.

L’appel, d’abord rentré comme un possible AVC, s’est transformé pendant le trajet en arrêt cardio-respiratoire.

« Un arrêt cardio-respiratoire pour un homme de 38 ans, ça n’arrive pas tous les jours! On avait des chances de le sauver. À cet âge-là, il ne faut pas mourir. La vie est devant nous! Alors on savait qu’il fallait agir vite », soutient Brigitte Leblond, qui sillonne les rues de l’Estrie à bord de son ambulance depuis 14 ans.

Après avoir reçu deux chocs à l’aide du défibrillateur, le pouls de Stéphane Côté était de retour. Il a été intubé, ventilé. Il était stabilisé. À ce stade, c’est déjà quelque chose de très rare.

« En 14 ans de métier, c’était la septième fois que je réussissais "un code", c’est-à-dire qu’on ramenait à la vie quelqu’un qui n’avait plus de pouls. Et je suis dans celles qui en ont fait le plus! Le taux de réussite d’un code est très faible », soutient Brigitte Leblond.

Il fallait maintenant transporter le malade de toute urgence à l’hôpital pour qu’on lui prodigue d’autres soins plus avancés pour le tirer d’affaire pour de bon.

« L’appartement était au troisième étage. L’escalier était étroit. Ce n’était pas facile de descendre avec le patient couché sur la planche, tout en continuant de le ventiler. Nous avons eu l’aide des policiers et des pompiers de Magog pour nous aider à le descendre. Le travail de collaboration a été extraordinaire », ajoute l’ambulancier Samuel Côté, qui compte dix années d’expérience.

Pour diminuer encore davantage les délais, une voiture de police a aussi « ouvert la route » à l’ambulance pour qu’elle puisse arriver le plus vite possible à l’Hôpital de Magog où le patient a été pris en charge aussitôt arrivé, avant d’être transféré à l’Hôpital Fleurimont du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Après un séjour aux soins intensifs, Stéphane Côté est rentré chez lui moins d’une semaine plus tard. Sans séquelles. La seule chose, c’est qu’il a oublié les deux journées qui ont précédé son arrêt cardiaque.

« Je me sens comme un miraculé. J’ai été chanceux. Tout s’est bien déroulé. J’aurais pu avoir mon malaise dans ma voiture, sur l’autoroute. Ç’aurait été dangereux pour moi et pour les autres... Mais non. C’est arrivé chez moi, les ambulanciers sont arrivés rapidement. C’est un magnifique cadeau de Noël que j’ai eu là », ajoute Stéphane Côté.

Pour les deux ambulanciers paramédicaux, c’est aussi un cadeau de Noël exceptionnel qu’ils ont reçu en faisant la différence auprès de leur patient.

« C’est notre travail d’aider nos patients, on se lève pour ça le matin. Mais on a rarement de leurs nouvelles une fois qu’on les a déposés à l’hôpital. Alors quand Stéphane a pris la peine d’écrire un courriel à Samuel pour le remercier et qu’on a su qu’il était en vie et même qu’il s’en sortait sans séquelles, on était tellement heureux! C’est l’fun! On a fait la différence dans la vie de quelqu’un. On a sauvé une vie! C’est mon cadeau de Noël, c’est le plus beau que je ne pourrai jamais recevoir! » renchérit Brigitte Leblond, les yeux pétillants.

Le miraculé a passé des vacances de Noël tranquilles à la maison, près de sa famille. Il a déjà entrepris de changer quelques habitudes de vie pour mieux prendre soin de son cœur remis à neuf.

« Cette histoire a changé la valeur du temps des Fêtes pour moi. On n’est plus matérialiste après ça. Ça change notre perspective de notre vie », soutient-il.

Ses sauveteurs auront aussi passé un beau temps de Fêtes, heureux d’avoir fait la différence.

« Quand on réussit un code, surtout quand ça arrive à un patient aussi jeune, devant sa fille qui a fait preuve d’un sang-froid remarquable, c’est extraordinaire », se réjouit Brigitte Leblond, tout sourire.