Julien Fecteau Robertson parle d’une «attitude accusatrice et agressive, d’un manque de nuance, d’une malhonnêteté dans l’interprétation des propos d’autrui et d’une façon cavalière de nier la légitimité de la position adverse [...]».

Un militant de QS dénonce une «dynamique malsaine» dans les débats

MATANE — Dans un texte publié sur sa page Facebook, le co-porte-parole de Québec solidaire dans Rimouski dénonce «une dynamique malsaine dans les débats» du parti, en précisant s’exprimer à titre personnel. Julien Fecteau Robertson parle d’une «attitude accusatrice et agressive, d’un manque de nuance, d’une malhonnêteté dans l’interprétation des propos d’autrui et d’une façon cavalière de nier la légitimité de la position adverse [...]».

«J’ai pu assister à de nombreux échanges qui dégénéraient en raison d’approches différentes dans la communication et qui créaient des polarisations et des contrariétés qui font mal au parti, peut-on lire dans son billet. Beaucoup de ces échanges ont eu lieu sur les réseaux sociaux, notamment dans des groupes de discussions secrets [oui, on en a], mais j’ai vu une dynamique semblable lors des débats en instances et ça m’inquiète sérieusement.»

Dans le débat sur la laïcité, M. Fecteau Robertson est favorable au rapport Bouchard-Taylor, soit l’option A. Il ajoute cependant être prêt à reconnaître ceux qui défendent l’option B, soit ceux qui ne veulent aucune interdiction. «Le problème, c’est lorsque certaines personnes présupposent que, du fait qu’on soit pour l’option A, qu’on ait une attitude xénophobe, déplore-t-il en entrevue au Soleil. Ils laissent entendre ou sous-entendre qu’on n’a pas notre place dans le parti ou ils font des amalgames entre nos positions et celles des adversaires. Ce n’est pas quelque chose qui arrive tout le temps, mais ça arrive assez souvent pour que ça mérite d’être nommé.»

À son avis, cette attitude observée chez certains militants radicaux empêche ceux qui sont plus modérés de pouvoir s’exprimer. Par ailleurs, il croit que «les camarades qui ont ce genre de comportement sont souvent de l’île de Montréal». Il donne comme exemple le sujet de l’autoroute 20 à Rimouski. Alors que l’association rimouskoise était favorable au prolongement, des associations montréalaises étaient contre. «Ça aurait été facile, pour moi, de leur dire qu’ils ne connaissaient pas les réalités régionales, raconte M. Fecteau Robertson. Je ne l’ai pas fait.»