Le Dr Bernard Norman Barwin

Un médecin ontarien comparaît après avoir utilisé son propre sperme dans des fécondations in vitro

TORONTO — Le Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario a plaidé mardi qu’un spécialiste de la fertilité avait commis des fautes professionnelles en utilisant son propre sperme pour inséminer plusieurs patientes, et en donnant le mauvais sperme à plusieurs autres femmes.

Un comité de discipline du Collège doit maintenant décider s’il révoquera le permis de pratique du docteur Bernard Norman Barwin.

Un exposé non contesté des faits, lu devant le comité mardi, relate le cas d’une quinzaine de patientes qui affirment avoir subi un préjudice irréparable. L’octogénaire, qui n’assistait pas à l’audience, n’a pas contesté les allégations, par l’intermédiaire de son avocat.

Selon cet exposé des faits, un expert engagé par le collège pour examiner le dossier a conclu qu’il était peu probable que le médecin ait utilisé son propre sperme «de manière accidentelle».

Le docteur Barwin avait déjà été sanctionné pour avoir inséminé artificiellement plusieurs femmes avec le mauvais sperme; il avait reconnu sa faute professionnelle lors d’une comparution devant le Collège en 2013. À l’époque, M. Barwin avait reconnu que trois patientes avaient eu un enfant dont le père biologique n’était pas celui qu’elles avaient choisi. Le Collège avait alors suspendu son permis de pratique pour deux mois, et le docteur Barwin n’a pas souscrit à son permis l’année suivante.

M. Barwin doit maintenant faire face à de nouvelles allégations d’incompétence, de non-respect des normes d’exercice de la profession et de comportement déshonorant ou peu professionnel. Si le comité du Collège décidait de révoquer son permis, les autres ordres professionnels au pays seraient alertés si jamais le docteur Barwin demandait d’exercer la médecine ailleurs.

L’ex-médecin pourrait aussi devoir faire face à une action collective: des patientes allèguent que plus de 50 enfants ont été conçus avec le mauvais sperme, dont 11 avec celui du médecin. L’action collective n’a pas encore été autorisée par un tribunal.