Les deux jeunes se voyaient tous les jours en classe et souvent la fin de semaine. Ils ont été amis jusqu’à la dénonciation à la police, le 18 avril 2018, affirment Marc-Antoine* et Juliette*.

Un jeune des Maristes nie toute agression sexuelle sur une collègue de classe

Un ex-étudiant des Pères Maristes a plaidé coupable à du leurre informatique et d’avoir possédé et rendu accessible des photos et vidéos de deux collègues de classe. Il admet avoir touché les fesses et les cuisses de l’une des plaignantes, mais soutient que tout était fait dans un contexte de flirt, avec le consentement de la jeune fille.

Marc-Antoine*, 14 ans, a admis sans difficulté avoir demandé des photos osées et une vidéo très explicite à sa copine Mélissa*. Le garçon a obtenu ce qu’il voulait à coup de flatterie, mais sans menace. Marc-Antoine reconnaît aussi avoir montré la vidéo et les photos à plusieurs copains. 

Dans le téléphone de Marc-Antoine, les policiers ont également trouvé une photo montrant le corps nu de Juliette*, une de ses bonnes amies, surmonté de la tête d’un des jeunes co-accusés.

Marc-Antoine conteste toutefois l’accusation d’avoir agressé sexuellement Juliette.

La jeune fille, qui avait 13 ans tout comme l’accusé au moment des faits allégués, affirme que les attouchements ont commencé dès le début de l’année scolaire 2017-2018. Elle dira aussi que les gestes ont débuté après qu’elle ait envoyé des photos d’elle nue à d’autres garçons.

Lorsqu’elle prenait ses cahiers dans son casier, Marc-Antoine passait derrière elle et lui flattait ou tapait une fesse, dit Juliette. Aussi, lorsqu’ils faisaient des travaux d’équipe, le garçon lui flattait la cuisse, même si elle tassait sa main, dit-elle.

Lors d’une soirée cinéma chez un ami, Marc-Antoine aurait voulu démontrer, dit-elle, qu’elle était une fille «facile». Il aurait tenté de lui prendre les seins et aurait réussi à lui toucher les fesses.

«Je lui ai déjà dit d’arrêter», assure Juliette. Ce refus verbal ne figure toutefois dans aucune des déclarations faites par Juliette à la police.

De son côté, Marc-Antoine affirme qu’il était attirée par Juliette, une belle fille «qui était importante pour moi». 

Les deux jeunes se voyaient tous les jours en classe et souvent la fin de semaine. Ils ont été amis jusqu’à la dénonciation à la police, le 18 avril 2018, affirment Marc-Antoine et Juliette.

Le garçon explique que, par ses petites tapes aux fesses et ses caresses sur les cuisses, il voulait démontrer son affection à Juliette et flirter avec elle. Il avait aussi vu d’autres garçons le faire, assure-t-il. «Au début j’étais gêné, nerveux. Je ne savais pas si elle allait aimer ça», témoigne le garçon.

Mais la jeune fille était consentante, assure Marc-Antoine. «Après les touchers, elle faisait des sourires, riait, me regardait et venait me parler à ma case, affirme Marc-Antoine. Je voyais qu’elle aimait ça.»

Le jeune homme s’était toutefois rendu compte que Juliette devenait plus distante lorsque d’autres élèves pouvaient assister aux gestes. «Je ne faisais pas exprès pour la gêner et j’ai arrêté quand il y avait d’autre monde», dit-il. Juliette n’a jamais dit «non» à ses gestes, assure Marc-Antoine.

Le procès devrait se conclure cet après-midi. 

Parmi les cinq jeunes du Séminaire des Pères Maristes qui ont été accusés, deux ont obtenu une absolution conditionnelle après avoir plaidé coupable. Un troisième a plaidé coupable et attend de connaître sa peine. Le dernier conteste toutes les accusations et subira son procès à la fin avril.