L’homme arrêté aurait tenu des propos litigieux sur Facebook.

Un homme accusé de menaces contre les musulmans

À un mois du triste anniversaire de l’attentat de la Grande Mosquée, un homme de Québec a été arrêté puis accusé de menace de mort contre la communauté musulmane.

«Hey google let’s plan a terrorist attack on a mosq [SIC]», a écrit Nicolas Thériault sur sa page Facebook, vendredi matin. 

Le Soleil n’a pas été en mesure d’obtenir une confirmation de source officielle à savoir si c’est ce message qui a mis la Gendarmerie royale du Canada (GRC) aux trousses de l’homme de 46 ans. Chose certaine, Thériault était arrêté à son domicile par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) un peu plus tard la même journée. 

«Les Équipes intégrées en Sécurité nationale de la GRC […] nous ont informés d’un message transmis via les réseaux sociaux incitant à la haine contre la communauté musulmane. Après des recherches effectuées par l’unité des renseignements criminels du SPVQ, le suspect ayant transmis ce message a été identifié. Ce dernier fût par la suite localisé et mis en état d’arrestation pour incitation publique à la haine et menace», a confirmé Mélissa Cliche, porte-parole du SPVQ. 

Nicolas Thériault est demeuré détenu dans la nuit de vendredi à samedi. Il a comparu par visioconférence depuis le poste de police devant un juge au palais de justice de Québec. 

Selon nos informations, il a été formellement accusé de menace de mort à l’encontre de gens fréquentant une mosquée à Québec. Il a été remis en liberté en attendant la suite des procédures judiciaires. D’après Radio-Canada, l’homme a l’interdiction de s’approcher à moins de 500 mètres d’une mosquée, de posséder une arme et d’utiliser un ordinateur. 

Selon plusieurs sources, ce même Nicolas Thériault avait fait parler de lui en 2012. Dans un article paru dans le Journal de Québec, il racontait comment il avait berné la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) en faisant une demande d’accommodement religieux. 

Il avait obtenu la permission de garder sa casquette pour la prise de photo de son permis de conduire sous prétexte qu’il était «juif-musulman» et qu’il devait se couvrir la tête.

«Pour moi, c’est une question d’équité. Alors, si tout le monde peut avoir quelque chose sur la tête à cause de leur religion, moi aussi, je peux», disait-il au journaliste. Déplorant une «fausse déclaration», la SAAQ avait finalement obligé Nicolas Thériault à faire reprendre sa photo après la parution de l’article.

«Un bon signe»

L’affaire est prise très au sérieux par la communauté musulmane. Mohamed Labidi, président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), a accueilli l’arrestation de vendredi avec un certain optimisme. «Nous sommes soulagés comme communauté de voir que le service de police prend les mesures qui s’imposent, a-t-il dit au Soleil. On voit maintenant que le fait d’inciter à la haine ne va pas passer inaperçu dans notre société.»

Pour Boufeldja Benhabdallah, cofondateur du CCIQ, la police envoie «un bon signe» avec cette arrestation. «Des menaces de mort, on ne s’amuse pas avec ça. […] Même en blaguant, on ne peut pas. C’est une leçon à donner, c’est tolérance zéro.»

Le SPVQ a d’ailleurs profité de l’événement de vendredi pour lancer un avertissement à la population en rappelant que les autorités ont la capacité de scruter le Web. «Échanger des idées dans un espace public peut parfois devenir criminel et vous pouvez être tenu criminellement responsable d’avoir incité à la haine contre un groupe identifiable.»