Un homme accusé de délits sexuels sur sa fille et sa belle-fille

Trois-Rivières — Un autre cas de présumés abus sexuels sur des mineures, dont une personne déficiente intellectuellement, vient d’être mis à jour au palais de justice de Trois-Rivières.

Un homme de 42 ans de Trois-Rivières subit présentement son procès devant le juge Jacques Trudel pour avoir agressé sexuellement et séquestré sa propre fille mais également pour avoir abusé à plusieurs reprises de sa belle-fille. C’est cette dernière, atteinte d’une déficience intellectuelle légère, qui a commencé à donner sa version des faits lundi.

Précisons d’emblée qu’en vertu d’une ordonnance de non-publication visant à protéger l’identité des victimes, nous ne pouvons nommer le suspect.

La procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, a pris soin de déposer en preuve la déclaration vidéo que cette première présumée victime a donnée aux policiers en juin 2015. L’adolescente, qui avait alors 16 ans, a ainsi raconté que c’est le suspect qui lui avait «appris à faire le sexe.» Les gestes auraient été commis entre août 2012 et mai 2015. En l’absence de sa mère partie travailler, il lui aurait montré comment masturber son pénis. Il se serait également masturbé devant elle pendant qu’ils regardaient de la pornographie sur Internet. Il lui aurait également fait un cunnilingus. Elle a aussi parlé d’un événement où il y aurait eu utilisation d’un vibrateur par le suspect, ce qui lui aurait causé des saignements.

Dans le cadre de son témoignage par visioconférence fait dans l’après-midi, elle a réitéré les attouchements sexuels dont elle aurait été victime à quelques reprises par l’accusé et la consommation régulière de pornographie avec celui-ci mais elle a aussi impliqué sa mère dans des pratiques éducatives pour le moins douteuses.

Lors du contre-interrogatoire par l’avocat de la défense, Me Mario Melançon, la jeune fille a en effet indiqué ce sont finalement sa mère et son beau-père qui lui avaient acheté un vibrateur mais à sa demande à elle. De retour à la maison, la plaignante aurait commencé à l’utiliser dans sa chambre sous le regard de sa mère qui lui disait comment faire. Le beau-père les aurait rejointes pour lui aussi fournir des explications.

Elle a aussi fait mention d’activités hors normes comme la pratique de naturisme par sa mère et son beau-père dans la maison. Elle prétend avoir aussi surpris ces derniers en train d’avoir des relations sexuelles. Toujours selon elle, ce sont eux qui lui auraient montré quels sites de pornographie consulter sur Internet.

Enfin, il a été question lors des audiences d’un «trip à quatre» impliquant sa mère, son beau-père et un autre couple mais qui aurait mal viré puisque sa mère aurait été violée. La plaignante n’a pas été témoin de cet événement puisqu’elle était alors gardée par sa grand-mère. Son beau-père aurait cependant clamé lors de son retour à la maison vouloir tuer l’autre homme. Inquiète, la jeune fille se serait ensuite confiée à son éducatrice spécialisée et aurait finalement avoué les abus dont elle aurait été victime.

La plaignante a par la suite été retirée de ce milieu et confiée à une famille d’accueil. Sa mère continue pour sa part de fréquenter le suspect. Elle était d’ailleurs présente au palais de justice.

Le procès va se poursuivre mardi.

Rappelons que l’individu fait face à un total de huit chefs d’accusation, soit six pour des contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et agressions sexuelles sur sa belle-fille. Il est aussi accusé d’avoir séquestré et agressé sexuellement sa fille. Celle-ci devrait bientôt témoigner.