En août 2019, à la suite du dépôt de la plainte, Marc Bellemare a donné sa démission au CHAUR
En août 2019, à la suite du dépôt de la plainte, Marc Bellemare a donné sa démission au CHAUR

Un gynécologue radié quatre mois

Trois-Rivières — Le Dr Marc Bellemare, un gynécologue-obstétricien de Trois-Rivières, s’est vu imposer une radiation de quatre mois par le conseil de discipline de son ordre professionnel pour avoir traité deux proches et pour des manquements administratifs liés à la tenue de leurs dossiers respectifs.

Il s’agit d’une suggestion commune de sanction soumise par le syndic et les avocats du gynécologue. Le conseil de discipline a accepté de l’entériner le 24 janvier dernier puisqu’elle n’est pas susceptible de déconsidérer l’administration de la justice et qu’elle n’est pas contraire à l’ordre public.

Selon ce que révèle cette décision disciplinaire, le médecin a assuré le suivi gynécologique d’une femme avec laquelle il existait une relation affective susceptible de nuire à la qualité de son service, et ce, pendant une vingtaine d’années. Il a notamment procédé à une investigation concernant un problème d’infertilité, il lui a prescrit du Clomid et de l’acide folique, des examens et des bilans sanguins. Il a procédé au même type d’investigation en lien avec le problème d’infertilité à l’égard du conjoint de la patiente.

Au cours de la période délictuelle, le Dr Bellemare a aussi pris en charge la grossesse de la patiente, en a assuré le suivi et il a procédé à son accouchement. Parmi les autres gestes médicaux posés, il a assuré un suivi de contraception, a procédé à des examens des seins, des examens gynécologiques, des cytologies, à l’insertion et l’exérèse d’un stérilet et a fait un suivi post-partum.

Le Dr Bellemare a aussi fait défaut d’inscrire aux dossiers médicaux de sa patiente et de son conjoint des renseignements sur ses interventions et les prescriptions.

Le médecin a reconnu qu’il avait agi à l’encontre de ses obligations déontologiques et il a plaidé coupable. Dans une déclaration assermentée, il a dit avoir réalisé s’être placé dans une position où il était susceptible de manquer d’objectivité et a dit regretter sincèrement avoir agi de la sorte.

«Le processus disciplinaire dans son ensemble fut pour moi une grande leçon d’humilité», a-t-il écrit. «J’ai compris qu’il était inapproprié de traiter mes proches et que cette règle existait pour protéger les patients», a-t-il aussi indiqué. Il soutient avoir eu sa leçon et promet de ne plus traiter aucun de ses proches pour les mois restants de sa carrière.

En août 2019, à la suite du dépôt de la plainte, il a donné sa démission au CHAUR. Il prévoit continuer sa pratique générale en gynécologie exclusivement en cabinet. Il prévoit y mettre fin en décembre 2020.

La décision disciplinaire précise que les infractions commises en l’espèce sont graves considérant le lien entre lui et la patiente, la longue période de temps et la nature des services rendus. Par contre, il est aussi mentionné que les soins prodigués à la patiente et à son conjoint ne sont pas remis en question. En 34 ans de pratique, le Dr Bellemare n’avait eu à ce jour aucun antécédent disciplinaire. Notons que sa radiation de quatre mois est en vigueur depuis le 9 mars dernier.