Gilles Lehouillier se demande si le Parti libéral n’essaie pas de sauvegarder des circonscriptions dans la région de Québec au détriment de Lévis.

Un gouvernement à deux vitesses? questionne Lehouillier

Déçu de ne pas avoir eu de réponse du provincial pour son propre réseau de transport en commun structurant, le maire de Lévis Gilles Lehouillier se demande si les libéraux dirigent un gouvernement «à deux vitesses».

Le maire Lehouillier juge que la Ville de Québec a droit à ce «très beau projet» de transport structurant. Il a l’intention de «prendre la balle au bond» et de travailler pour une interconnexion avec le transport en commun dans sa ville.

Il n’en veut donc pas à son homologue, le maire Régis Labeaume, qui a «joué son rôle», mais dirige ses critiques vers le gouvernement provincial. 

Selon lui, il n’est pas normal que Lévis n’ait pas eu d’argent pour mettre en branle son projet de transport en commun, alors que Québec a finalisé le sien au cours des dernières semaines et a déjà du financement garanti. «Comment se fait-il qu’on n’a même pas été foutu de nous donner une réponse sur la demande qu’on a faite en juin dernier? […] Youhou, on existe!»

M. Lehouillier soupçonne que le gouvernement a un rythme de travail différent pour les projets de transport en commun : une vitesse rapide pour les grandes villes que sont Québec et Montréal et l’autre, plus lente, pour les villes de région comme la sienne. 

Alors que des élections provinciales s’en viennent, M. Lehouillier se demande si le Parti libéral n’essaie pas de sauvegarder des circonscriptions dans la région de Québec, alors qu’il a laissé tombé Lévis, représentée par des députés de la Coalition avenir Québec (CAQ). «C’est-tu ça la game politique?»

Le maire a annoncé qu’une réunion spéciale du conseil municipal de Lévis est convoquée pour le lundi 19 mars, afin de faire des demandes précises au gouvernement. 

Lors de l’annonce, le premier ministre Philippe Couillard a rétorqué qu’il était aussi à l’écoute des demandes de M. Lehouillier, à condition qu’il devienne «un partenaire» du projet. «Je l’invite à embarquer dans le tramway avec nous autres», a-t-il lancé. 

La députée du PQ Agnès Maltais a quant à elle déploré que le maire Lehouillier se soit exclu lui-même de l’aventure, en lâchant le projet de service rapide par bus (SRB) l’an dernier. «Quel dommage! Il a raté — c’est le cas de le dire — il a raté le tramway.»

Le maire Lehouillier dit encore aujourd’hui ne pas regretter son retrait, car le SRB n’aurait pas desservi ses grands pôles comme la cité Desjardins ou le cégep Lévis-Lauzon. Le projet qu’il propose aujourd’hui pour Lévis est beaucoup plus modeste que celui de Québec et coûterait au maximum 80 millions $.