À partir de mai 2020, les parents dont l’enfant fréquente un service de garde éducatif recevront deux fois par année un dossier dans lequel seront inscrites des observations sur la façon dont leur bambin de 0 à 5 ans évolue.

Un dossier sur chaque tout-petit en 2020

Le ministre de la Famille Mathieu Lacombe repousse de six mois l’obligation pour tous les services de garde reconnus de fournir aux parents un dossier éducatif sur le développement de leur tout-petit. Les éducatrices demandent quant à elles d’être formées et payées pour accomplir ce travail.

À partir de mai 2020, les parents dont l’enfant fréquente un service de garde éducatif recevront deux fois par année un dossier dans lequel seront inscrites des observations sur la façon dont leur bambin de 0 à 5 ans évolue.

Un règlement publié mercredi par le gouvernement prévoit que les observations porteront sur le développement physique, cognitif, langagier et social de l’enfant. Si certains Centres de la petite enfance (CPE) demandent déjà de remplir ce type de dossier, la procédure est nouvelle pour plusieurs éducatrices, qui avaient plutôt l’habitude de communiquer verbalement avec les parents. 

«Sur le fond, on salue la volonté du gouvernement et on est d’accord pour mettre l’accent sur le côté éducatif des services de garde. Par contre, il y a beaucoup d’intervenantes qui vont avoir besoin de formation», commente Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ). 

C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé d’octroyer «davantage de temps» aux CPE, garderies subventionnées, garderies en milieu familial reconnues et garderies privées pour «s’approprier les nouvelles exigences», explique Antoine de la Durantaye, attaché de presse du ministre Lacombe. Il ajoute que le ministère de la Famille «entend fournir toute la formation et le soutien nécessaire» aux milieux de garde. 

Compensation financière demandée

Mme Grenon réclame également une compensation financière pour ses membres qui auront à accomplir cette nouvelle tâche. «C’est une surcharge, parce que c’est pas un travail qui va pouvoir être fait en présence des enfants.» 

La représentante syndicale croit que des journées ou des heures pédagogiques devraient être octroyées aux éducatrices en installation, alors que les responsables d’un service de garde en milieu familial devraient être payées davantage, étant donné qu’elles passent déjà 50 heures par semaine en présence des enfants. Ces revendications feront partie des négociations qui s’amorcent avec le gouvernement. Dans un communiqué, le ministre Lacombe fait valoir que la création de ce dossier aidera au dépistage précoce des difficultés d’apprentissage des enfants. Il s’inscrit ainsi dans la stratégie déployée par son collègue Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé. «Le dossier éducatif contribuera à cerner rapidement ces difficultés et favorisera les transitions harmonieuses, dont celle vers l’école», ajoute M. Lacombe. 

«Ça va être une porte d’entrée pour parler des difficultés de l’enfant avec les parents, sans émettre de diagnostic, parce qu’on n’a pas l’autorité pour faire ça», commente Valérie Grenon. Lorsque leur enfant sera en âge de fréquenter la maternelle, les parents auront le choix de transmettre ou non ce dossier à l’école.