Émilie Ricard

Un cri du coeur qui fait le tour du monde

Trois-Rivières — «Jamais je n’aurais pensé que ça aurait autant d’impact. En même temps, c’est bien la preuve que ce qu’on vit n’est pas facile et que ça vient chercher la population». Depuis lundi, c’est au coeur d’une véritable tempête médiatique que se retrouve Émilie Ricard. Cette jeune infirmière de 24 ans, originaire de Shawinigan et qui pratique maintenant à Sherbrooke, ne s’attendait pas à causer un tel tsunami en publiant sur Facebook son cri du coeur au sujet des conditions de travail des infirmières.

Mercredi matin, son message où on la voit en larmes après son quart de travail et où elle titre «Voici le visage des soins infirmiers» a été partagé plus de 47 000 fois sur les réseaux sociaux. Plus de mille personnes, la plupart du secteur de la santé, lui ont écrit un message en privé afin de la féliciter et de l’encourager à parler haut et fort pour dénoncer la situation. Elle a même reçu des messages d’infirmières et de personnel de la santé de partout dans le monde, dont certains venant de France et leur exprimant leur appui.

«Je n’ai jamais écrit ça dans le but que ça fasse le tour du Québec. Déjà, quand j’ai vu que ça avait été partagé une centaine de fois, je trouvais ça gros. Mais là, c’est incroyable. Et en même temps, c’est la preuve que je ne suis pas un cas isolé», constate Émilie Ricard, en entrevue au Nouvelliste.

L’infirmière, également maman d’un petit garçon d’un an, souhaite maintenant que son message serve à élever d’autres voix dans le secteur de la santé et change une fois pour toutes les façons de faire, que le système cesse de régler les problèmes au cas par cas, en mettant un peu partout ce que les infirmières appellent désormais des «plasters».

«J’ai ouvert une porte et je souhaite que d’autres de mes collègues parlent et se fassent entendre. La population, clairement, est prête à écouter. Le ministre parle d’une amélioration du système de santé, mais je peux vous dire que ce qu’on voit, nous, c’est une dégradation», affirme-t-elle.