Kevin St-Hilaire au palais de justice de Québec, en mai 2018
Kevin St-Hilaire au palais de justice de Québec, en mai 2018

Un chauffard ivre coupable d’avoir tué un adolescent

La vie de Thomas Ratté, 17 ans, s’est arrêtée brutalement en mars 2018 parce que Kevin St-Hilaire a conduit son véhicule après avoir bu de l’alcool. Le chauffard ivre a plaidé coupable mercredi matin.

Le 23 mars 2018 - on est vendredi -, Kevin St-Hilaire, 29 ans, décide d’aller prendre un verre au bar Dooly’s des Promenades Beauport après sa journée de travail. Il est installateur de planchers de bois. St-Hilaire est rejoint par trois amies. Il quitte le bar vers 20h30, après avoir bu plusieurs consommations, et prend la route pour rentrer chez lui, à Charlesbourg.

Presque au même moment, Thomas Ratté descend de l’autobus avec deux amis. Le trio marche le long de l’avenue du Bourg-Royal, dans un quartier résidentiel. Camélia Lopez et Anthony Tremblay sont sur le gazon tandis que Thomas les suit sur la chaussée, en avançant sur sa planche de type «long board».

Tout près d’une traverse pour un sentier de motoneige, à proximité de la rue du Château-Bigot, la route est plus sombre. Les lampadaires sont loin.

C’est là que la camionnette bleue de Kevin St-Hilaire va happer Thomas. L’adolescent est projeté sur une dizaine de mètres. Étendu au sol, il respire avec difficulté.

Le conducteur sort de son véhicule, ébranlé. «Je capote, je capote, je l’ai pas vu», dira St-Hilaire.

Les policiers de la Ville de Québec arrivent quelques minutes plus tard. Une policière constate que le conducteur a les yeux vitreux, injectés de sang. Kevin St-Hilaire est au téléphone, en train d’expliquer à son père qu’il a bien vu les deux jeunes sur le trottoir, mais pas celui dans la rue et n’a pas réussi à l’éviter.

La policière perçoit l’haleine d’alcool du conducteur. Elle lui demande de mettre fin à sa conversation. Avant de raccrocher, St-Hilaire demande à son père de venir le rejoindre. Il ajoute «qu’il est dans la merde, qu’il a fait une gaffe et qu’il va perdre sa compagnie».

Dès le départ, le conducteur collabore avec les policiers et dit que «c’est de sa faute». Après avoir échoué en soufflant dans l’appareil de détection approuvé, St-Hilaire est mis en état d’arrestation pour conduite avec les capacités affaiblies ayant causé des lésions corporelles. Thomas est à ce moment toujours vivant.

Au poste de police, le taux d’alcoolémie du conducteur sera de 0,15, près de deux fois la limite permise, deux heures après avoir quitté le bar. L’homme sans antécédent judiciaire est libéré avec une promesse de comparaître.

Quelques heures après la collision, Thomas est dans un état de mort cérébral. Sa famille accepte qu’il soit débranché le lendemain de l’accident. Kevin St-Hilaire sera réarrêté pour conduite avec les capacités affaiblies causant la mort.

Les parents et les soeurs de Thomas étaient présents au palais de justice de Québec pour entendre le plaidoyer de culpabilité. Ils devaient assister à l’audience de façon virtuelle, à partir d’une autre salle.

Devant un problème informatique qui les empêchait de se connecter, Kevin St-Hilaire a demandé à sa conjointe et à ses parents de sortir pour que la famille de Thomas puisse entrer dans la salle d’audience, dont la capacité est limitée à 10 personnes en raison de la pandémie.

Un rapport présentenciel sera réalisé pour éclairer le tribunal sur la peine à imposer au chauffard. Les représentations sur la peine auront lieu en novembre.