Lyne Guillemette, directrice générale de l’Association Panda, et Marie-Pierre Lacasse, directrice du camp Portneuf, à Saint-Raymond, ont travaillé de pair pour offrir aux jeunes vivant avec un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité un camp de vacances adapté à leur situation.

Un camp de vacances pour les jeunes TDA/H

Marie-Pierre Lacasse a un trouble du déficit de l’attention et a grandi avec des frères qui en avaient un aussi. Directrice du camp Portneuf, à Saint-Raymond, elle rêve depuis des années de créer un camp de vacances où les jeunes qui vivent avec un TDA/H pourraient se sentir à leur place.

Ce sera chose faite cet été. Lundi, Mme Lacasse a annoncé que le camp Portneuf offrirait cet été le premier camp de vacances adapté aux jeunes vivant avec un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) dans la grande région de Québec.

Certains enfants qui ont un TDA/H «ne rentrent juste pas dans le cadre régulier», dit Marie-Pierre Lacasse. «Quand on a un groupe d’enfants et qu’il y en a un qui perturbe, qui dérange, et qu’on n’a pas l’encadrement à lui fournir, c’est malheureusement à lui qu’on demande de quitter. On trouvait que c’était une situation très triste et qu’il y avait un besoin criant» de créer un camp pour eux. 

Le camp Portneuf a donc approché l’Association Panda, qui vient en aide aux enfants qui ont un TDA/H et à leurs familles, d’être son partenaire dans l’aventure. 

L’association a dit oui sans hésiter. «Les parents nous disaient souvent que les jeunes n’étaient pas acceptés dans les camps ou qu’ils débutaient et se faisaient sortir du camp», souligne Lyne Guillemette, directrice générale de Panda. «On a décidé d’embarquer avec eux justement pour ça.» C’est-à-dire pour que les jeunes ayant un TDA/H puissent vivre une «expérience positive» au camp de vacances, comme les autres enfants. 

Le TDA/H fait partie des troubles dits neurodéveloppementaux. Il se caractérise par une inattention générale, une impulsivité des gestes et des paroles ou une hyperactivité motrice (la bougeotte). Dans les pays occidentaux, entre 5 % et 7 % des enfants en sont atteints. Les garçons sont deux à trois fois plus touchés que les filles. 

Les enfants qui vivent avec un TDA/H sont aussi plus à risque d’avoir aussi d’autres troubles psychologiques tels que les troubles anxieux, la dépression et les troubles de comportement. 

À l’école, ils fonctionnent souvent moins bien que les autres élèves. C’est parfois la même chose dans les camps de vacances, souligne Marie-Pierre Lacasse. 

L’idée du camp adapté au TDA/H ne vise pas du tout à stigmatiser les jeunes qui en sont atteints, mais de leur donner un espace où ils risquent moins de l’être, souligne la directrice du camp Portneuf. «On ne passera pas notre journée à dire : “Vous avez un TDAH, donc voici ce qu’on fait”», précise-t-elle. 

Plus de moniteurs

Le camp sera simplement plus adapté au trouble de l’attention. Il y aura un moniteur pour trois jeunes dans le camp pour les jeunes ayant un TDA/H, alors qu’il est d’un pour cinq dans les groupes réguliers. 

Des intervenants spécialisés, notamment des psychoéducateurs, feront aussi partie de l’équipe. Deux préposés seront également affectés à l’infirmerie, notamment pour gérer la médication des jeunes qui en ont une. 

Le camp Portneuf, qui est situé sur les berges du lac Sept-Îles, à Saint-Raymond, réservera 56 places par semaine durant un mois aux enfants qui ont un TDA/H. 

Le camp Portneuf est situé sur les berges du lac Sept-Iles, à Saint-Raymond.

Grâce au support financier de plusieurs partenaires — notamment des Chevaliers de Colomb, du Club Lions et du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur — le camp facturera le même tarif pour le camp adapté au TDA/H que pour un camp régulier, soit de 627 $ pour une semaine. De l’aide financière est disponible pour les familles à faible revenu. 

Mme Lacasse se dit très satisfaite de la réponse positive obtenue jusqu’à maintenant dans les cliniques et les CLSC et elle espère que  de nombreux parents partageront son enthousiasme. 

«Quand on vit avec le TDA/H, qui n’est pas un handicap physique, qui n’est pas une déficience intellectuelle, on n’a comme pas de case», dit-elle. «Je me considère chanceuse de mener ce projet-là à terme.»