Sylvain Lamontagne est bénévole au CHSLD de Valcourt depuis 2013.

Un bénévole d'un CHSLD prêche contre l’aide médicale à mourir

Deux plaintes ont été déposées au CIUSSS de l’Estrie-CHUS contre Sylvain Lamontagne, un bénévole au CHSLD de Valcourt qui tente de convaincre les résidants de ne pas demander l’aide médicale à mourir. De confession catholique, il serait contre nature pour lui de ne pas intervenir auprès de ces gens qui souhaitent la mort.

M. Lamontagne fait du bénévolat à raison de deux jours par semaine depuis 2013. « Si ça n’avait pas été de mes convictions chrétiennes, je ne serais pas resté si longtemps », confie-t-il. 

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« Tout a bien été jusqu’à ce qu’on commence à parler de l’aide médicale à mourir », continue M. Lamontagne. 

Après environ six mois à s’occuper d’un patient, celui-ci lui annonce qu’il l’invite à une fête... pour célébrer sa mort. « Je lui ai dit que je ne pouvais pas aller à une fête où on célébrait quelqu’un qui allait s’enlever la vie. Je lui ai dit que le Bon Dieu ne voulait pas qu’on se tue, ce n’est pas pour ça qu’on a été créé. Ce n’est pas un bon message qu’il lance à sa famille, car c’est comme de dire que lorsqu’on a des problèmes, on peut s’enlever la vie. Le gouvernement aujourd’hui donne accès à ça », déplore le bénévole, qui a abordé trois personnes dans l’établissement qui pensaient à l’aide médicale à mourir. 

« J’ai reparlé au résidant après. Pour moi, ne pas parler, c’est impossible. Quand je vois quelqu’un en détresse physique ou psychologique, c’est un réflexe normal de vouloir l’aider. Deux semaines plus tard, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a dit qu’il y avait deux plaintes contre moi », raconte M. Lamontagne.

Selon lui, deux plaintes ont été déposées par le résidant qui est aujourd’hui décédé et par un membre du personnel du CHSLD. Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS n’a pu confirmer l’information.

M. Lamontagne continue d’accomplir ses tâches de bénévoles « avec tout son cœur ». Cependant, il continuera ses interventions auprès des personnes qui pensent à l’aide médicale à mourir. « Lorsque la personne va me dire “ Sylvain, je vais le faire ”, je ne peux pas en faire plus. Je vais le dire au moins une fois, si on m’en reparle, je vais répondre, mais je ne reviendrai pas chaque jour. Ma job, c’est de le faire au moins une fois », assure-t-il. 

Si on lui interdit d’aborder ce sujet, M. Lamontagne quitterait le CHSLD. « Je ne peux pas ne pas parler. Je raconterais des mensonges. C’est comme demander de ne pas donner à manger à quelqu’un qui a faim », résume M. Lamontagne, qui réclame un réel débat autour de cette question.