Un homme de la région de Québec a volé un autobus d'Orléans Express au terminus de Trois-Rivières alors que des passagers se trouvaient à l'intérieur.

Un autobus d’Orléans Express volé avec... ses passagers à bord

Un chauffeur du transporteur Orléans Express a probablement eu la surprise de sa vie, mercredi soir, lorsqu’il a vu son autobus et ses passagers quitter le terminus de Trois-Rivières... sans lui. En effet, un homme de la région de Québec, qui n’était visiblement pas dans un état normal, a non seulement volé l’imposant véhicule, mais il s’est aussi engagé à contresens sur la rue des Forges, le tout avec des passagers à l’intérieur. Poursuivi par les policiers, il a fait le tour du quadrilatère pour finalement retourner au terminus!

«Le chauffeur de l’autobus se trouvait à l’extérieur en attente de repartir pour Montréal lorsqu’il a aperçu son autobus qui reculait avant de quitter le stationnement», explique le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières. Il a immédiatement contacté les policiers. Au même moment, des patrouilleurs se trouvant au centre-ville ont vu l’autobus qui circulait en sens contraire sur la rue des Forges. Les policiers aux trousses, le suspect s’est engagé sur la rue Champlain. En chemin, il a heurté un autobus de la Société de transport de Trois-Rivières qui lui barrait la route. Il a par la suite tourné sur la rue Saint-Roch avant de revenir dans le stationnement du terminus! «Heureusement il ne s’est pas engagé sur l’autoroute. Il a fait le quadrilatère autour du terminus à basse vitesse avec les patrouilleurs qui le suivaient en tout temps», précise le sergent Mongrain. Sa vitesse était d’environ 20 à 30 km/h.

Les policiers l’ont immédiatement arrêté. «Tout de suite lorsqu’ils l’ont interpellé, les patrouilleurs ont noté des symptômes évidents de capacités affaiblies mais par la drogue», note le porte-parole.

Quant aux passagers, ils n’ont pas été blessés ni même traumatisés. «Plusieurs ne se sont même pas rendu compte de ce qui venait de se passer. Par la suite, ils ont dit qu’ils trouvaient que le chauffeur avait une conduite erratique et qu’il embarquait sur les trottoirs, mais ils ne sont jamais aperçus que quelqu’un s’était substitué à la place du conducteur.»

Le suspect n’est toutefois pas un néophyte en ce qui concerne la conduite d’un véhicule lourd. Il est en effet camionneur. Il avait d’ailleurs été arrêté pas plus tard que la veille de cet événement par les policiers de Trois-Rivières pour conduite avec les facultés affaiblies, toujours par la drogue. Avant ses frasques des deux derniers jours, il n’était pas connu des policiers de Trois-Rivières.

Keolis Canada, qui est propriétaire d’Orléans Express, est très surprise qu’un tel événement ait pu se produire. «C’est la première fois qu’une telle situation survient et sachez que nous prenons la situation très au sérieux. Nos équipes se sont rapidement mobilisées afin d’assurer le suivi nécessaire. Nous évaluons présentement la possibilité de revoir nos procédures opérationnelles afin qu’une telle situation ne se reproduise pas. La sécurité des passagers est une priorité pour nous. Fort heureusement, aucun passager n’a été blessé durant l’incident», explique Maurice Vaillancourt, directeur – Marketing, intelligence d’affaires et relations clients chez Keolis Canada.

Le suspect au cœur de cette histoire est Steve Deschênes, 39 ans. En milieu d’après-midi, il a comparu au palais de justice de Trois-Rivières. Il est accusé de vol d’un autobus, méfait, entrave au travail des policiers, fuite, refus d’obtempérer, possession de méthamphétamines et conduite dangereuse. Il doit en plus faire face à deux accusations distinctes de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue en lien avec ses arrestations, soit la première à 2 h 12 et la seconde à 22 h 14 le 20 février. 

Il devra se soumettre au cours des prochains jours à une évaluation psychiatrique sur son aptitude à comparaître. Tant les policiers que les avocats de l’aide juridique ont noté des symptômes de troubles mentaux. Il tenait des propos décousus et avait de la difficulté à répondre à des questions fort simples. 

Il sera donc ramené devant le tribunal pour la suite des procédures le 27 février.