Ugo Fredette a reconnu avoir causé le 14 septembre 2017 la mort de Véronique Barbe et d'un homme de 71 ans, Yvon Lacasse, croisé lors de sa fuite.

Ugo Fredette: son chaudron a explosé le jour des meurtres, plaide son avocat

SAINT-JÉROME — Le chaudron d'Ugo Fredette a explosé le jour des deux meurtres pour lesquels il subit un procès criminel, dont celui de son ex-conjointe, a fait valoir son avocat en présentant jeudi sa plaidoirie au jury. Il avait subi ce jour-là des gestes de violence de la part de la femme de 41 ans, a-t-il notamment plaidé.

Ugo Fredette a reconnu avoir causé le 14 septembre 2017 la mort de Véronique Barbe et d'un homme de 71 ans, Yvon Lacasse, croisé lors de sa fuite.

L'avocat de la défense, Me Louis-Alexandre Martin, n'a pas demandé au jury de blanchir l'accusé, mais plutôt de le trouver coupable d'homicides involontaires - et non de meurtres.

Car Ugo Fredette n'a jamais eu l'intention de les tuer, a-t-il fait valoir dans une salle de cour du palais de justice de Saint-Jérôme.

La théorie de la Couronne est que l'accusé a tué Yvon Lacasse pour lui voler son véhicule et ainsi poursuivre sa fuite plus discrètement. Elle fera aussi valoir qu'Ugo Fredette n'acceptait pas la séparation avec Véronique Barbe et l'a tuée de 17 coups de couteau.

L'accusé est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire.

«Si vous éprouvez un doute raisonnable, vous devez en faire bénéficier Ugo Fredette», a dit Me Martin aux 12 membres du jury, leur demandant de faire preuve «de gros bon sens».

Il leur a rappelé que l'accusé a témoigné devant eux que le 14 septembre 2017, lors d'une chicane houleuse, Véronique Barbe avait tenté de le pousser en bas d'un escalier dans leur maison de Saint-Eustache, «un geste de violence», a qualifié l'avocat. Puis, elle l'a attaqué d'un coup de couteau, selon les prétentions de l'accusé.

De plus, il y avait eu du dénigrement et des médisances à répétition de la part de Véronique Barbe, une menace d'appeler la police et le fait qu'elle voulait qu'il quitte la maison - alors qu'il refusait net.

«Si on regarde l'ensemble de faits (...) ce n'est pas illogique de croire qu'une personne ordinaire peut avoir le chaudron qui explose... atteindre son point de rupture», a déclaré Me Martin.

Puis, selon ce qu'il a relaté au jury, Ugo Fredette a aussi donné un coup de couteau à sa conjointe. Ensuite, il ne se souvient de rien, que des «flashes», jusqu'à un autre souvenir où il la voit par terre, baignant dans son sang.

«Cette image-là l'a marqué au fer rouge et ça l'a hanté», a plaidé Me Martin.

Elle a coloré l'ensemble de ses actes, de ses décisions par la suite, a ajouté le procureur.

Une image qu'il avait encore en tête lorsqu'il a croisé Yvon Lacasse dans une halte routière, lors de sa cavale avec un enfant qu'il avait emmené avec lui. Il a dit s'en être pris au septuagénaire assis dans sa voiture, car il l'a vu tenir les mains de l'enfant de six ans et tenter de le tirer vers l'intérieur de son véhicule. Il a craint pour l'enfant et a attaqué l'homme pour le protéger, a-t-il dit.

Ugo Fredette, seul sur le banc des accusés, prenait des notes sans relâche pendant que son avocat plaidait.

Me Martin s'est aussi servi du témoignage du thérapeute conjugal Michel Corneillier qui, devant la cour, a qualifié le couple Barbe-Fredette d'«immature et impulsif», un couple qui se réconciliait par le sexe.

«Il n'est pas illogique de croire qu'elle aussi a pu faire des gestes impulsifs», a suggéré Me Martin. Selon lui, cette relation colore tous les faits de cette affaire.

Il s'est aussi employé à démontrer que l'accusé n'a ni séquestré ni harcelé Véronique Barbe dans les jours précédant le drame.

Me Steve Baribeau, le procureur de la Couronne, va plaider vendredi.