Les champions du dernier Super Bowl, les Eagles de Philadelphie, devaient rencontrer Donald Trump à la Maison-Blanche, mardi, mais le président a retiré son invitation lundi soir.

Trump retire l’invitation des Eagles à la Maison-Blanche

WASHINGTON — Donald Trump a retiré l’invitation à se rendre mardi à la Maison-Blanche transmise aux Eagles de Philadelphie, vainqueurs du dernier Super Bowl, en raison du geste de certains joueurs mettant genou à terre pendant l’hymne national.

Le président républicain est en conflit ouvert depuis des mois avec les joueurs de football américain (NFL), qui protestent ainsi contre les violences raciales aux États-Unis, ayant même été jusqu’à estimer le mois dernier que ces joueurs «ne devraient peut-être pas être dans le pays».

«Les Eagles de Philadephie ne peuvent pas venir demain avec leur équipe au complet pour être mis à l’honneur. Ils ne sont pas d’accord avec le président, car il insiste pour qu’ils se lèvent fièrement pour l’hymne national, la main sur le coeur», a déclaré Donald Trump dans un communiqué publié par la Maison-Blanche lundi soir.

Certains joueurs des Eagles avaient déjà annoncé leur refus de répondre à l’invitation du président américain, qui reçoit traditionnellement les équipes sacrées dans les quatre championnats professionnels.

Mardi, dans un de ses tweets matinaux, le président est revenu sur le sujet en affirmant: «nous allons fièrement interpréter l’hymne national et d’autres airs merveilleux pour fêter notre pays à 15h», l’heure initialement prévue pour la réception avec les Eagles.

«NFL, pas moyen d’y échapper se réfugiant dans les Vestiaires!» a encore lancé M. Trump, qui avait affirmé la veille que les 1000 fans de l’équipe qui voulaient se rendre à la Maison-Blanche étaient toujours invités.

«Mensonges»

«Tellement de mensonges...», a réagi sur Twitter un ancien joueur des Eagles, Torrey Smith. «Pas grand monde allait y aller. Personne n’a refusé d’y aller simplement parce que Trump "insiste" pour que les gens se lèvent pour l’hymne. Le président continue de propager cette fausse histoire selon laquelle les joueurs sont anti-soldats», a-t-il développé.

Dans un communiqué publié après les déclarations du président Trump, les Eagles se sont contentés de remercier leurs partisans.

«C’était une source d’inspiration de voir toute la communauté Eagles se réunir. Nous sommes reconnaissants pour tout le soutien reçu et nous continuerons de nous préparer pour la saison 2018», déclarent-ils dans ce communiqué.

Le maire de Philadelphie Jim Kenney a estimé que retirer l’invitation des Eagles «ne prouvait qu’une chose: que le président Trump n’était pas un vrai patriote».

Le sénateur démocrate Bob Casey, de l’État de la Pennsylvanie, a pour sa part déclaré qu’il ignorait le «coup politique» de Trump et avait invité les Eagles à visiter le Capitole, siège du parlement américain.

«Fils de pute»

Cet épisode est le dernier en date dans une querelle acrimonieuse entre Trump et les joueurs de NFL.

Le mouvement de protestation pendant l’hymne national avait été lancé en 2016 par le quart-arrière de San Francisco Colin Kaepernick, qui voulait dénoncer la mort de plusieurs Afro-Américains lors de leur arrestation par la police.

Il s’est développé la saison dernière lorsque des centaines de joueurs, le plus souvent noirs, s’étaient agenouillés pendant l’hymne avant les matches pour protester contre les tensions raciales aux États-Unis.

La réaction de Donald Trump, qui avait traité les protestataires de «fils de pute», avait jeté de l’huile sur le feu, de nombreux joueurs expliquant alors qu’ils refuseraient de se rendre à la Maison-Blanche en cas de victoire de leur équipe.

La NFL a tranché en mai en annonçant qu’à partir de la saison prochaine les joueurs présents sur le terrain seraient obligés de rester debout pendant l’hymne sous peine d’amende. Une décision saluée par Donald Trump.