Le chef de l’assemblée des Premières Nations Perry Bellegarde s’entretient avec François Legault à Big River en Saskatchewan, mardi, lors de la rencontre des premiers ministres des 13 provinces et territoires du Canada.

«Trop tôt» pour une commission spéciale sur Desjardins, dit Legault

SASKATOON — Le premier ministre François Legault rejette la demande du Parti québécois (PQ) de tenir une commission parlementaire spéciale au sujet du vol de données personnelles chez Desjardins.

Selon le chef par intérim du PQ, Pascal Bérubé, le Mouvement Desjardins, Equifax et l’Autorité des marchés financiers (AMF) doivent rendre des comptes devant les députés «quant aux actions posées à la suite de la fuite des données personnelles de 2,9 millions de membres de Desjardins».

Mardi, il a écrit au président de la Commission des finances publiques, le caquiste Jean-­François Simard, pour lui demander de convoquer immédiatement une séance de travail, afin que la commission puisse se saisir d’un mandat d’initiative et tenir des auditions.

«Nous comprenons qu’il est inhabituel de convoquer les membres d’une commission parlementaire au mois de juillet, mais nous croyons que la gravité de la situation est telle qu’il est opportun de déroger aux usages», a écrit M. Bérubé.

«La responsabilité nous incombe de convoquer ces organisations rapidement afin que les 2,9 millions de victimes de la fuite des données soient assurées que les conséquences de celle-ci sont minimisées et que chacune de ces organisations [...] fait tout en son possible pour ce faire», a-t-il ajouté.

Appui de QS

Le PQ a l’appui de Québec solidaire (QS). Mardi, le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, a également plaidé en faveur d’une réflexion plus large sur la collecte et le stockage des informations personnelles des Québécois, ainsi que «sur la loi censée protéger nos données personnelles».

De la Saskatchewan où il participe à la rencontre du Conseil de la fédération, le premier ministre Legault a rétorqué qu’il était prématuré de lancer de telles initiatives.

«Il est trop tôt pour parler d’une commission spéciale dans le cas de Desjardins, a-t-il tranché lors d’une courte mêlée de presse. Les dirigeants du Mouvement Desjardins font un travail qui est très demandant à court terme avec l’AMF et puis bon, là, il y a différents groupes qui vont intervenir. On va laisser travailler les gens de Desjardins.

«J’ai confiance»

«Moi, j’ai confiance dans la direction de Desjardins, a-t-il poursuivi. Maintenant, quand la crise sera un peu sous contrôle, là on pourra se poser des questions comme : est-ce que c’est nécessaire d’aller en commission parlementaire? Mais là, il est trop tôt pour en parler.»

La veille, son ministre des Finances, Éric Girard, s’était dit «très satisfait» de la façon dont la direction de Desjardins a géré jusqu’à maintenant la crise majeure qui secoue l’institution financière depuis quelques semaines.


« On va laisser travailler les gens de Desjardins »
Le premier ministre François Legault

Desjardins compte quelque sept millions de membres. Cette faille de sécurité sans précédent concerne 41 % de sa clientèle. Ce sont près de 3 millions de particuliers et 173 000 entreprises qui sont affectés.

C’est un employé de Desjardins, qui a depuis été congédié, qui aurait mis la main sur ces précieuses informations. Une enquête policière est en cours.

Des noms, dates de naissance, numéros d’assurance sociale, adresses, numéros de téléphone, courriels — des informations prisées par les fraudeurs — ainsi que des renseignements en matière d’habitudes transactionnelles et de produits détenus ont été transmis illégalement à des tiers. Toutefois, les mots de passe, les numéros d’identification personnels des membres et leurs questions de sécurité n’ont pas été compromis, assure Desjardins.

Lundi, la Commission d’accès à l’information du Québec et le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada ont annoncé qu’ils mèneront des enquêtes conjointes sur cette affaire.