«Trois autos de la SQ, un tracteur, un gros loader. Ils sont partis avec nos barils de sirop»

Scotstown - Des producteurs de sirop d'érable sont encore dans la mire de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) pour leur non-respect de la règlementation en place.

« Ils sont venus chez nous avec trois autos de la Sûreté du Québec, un tracteur, un gros loader, et ils sont partis avec nos barils de sirop d'érable », raconte Nathalie Bombardier en décrivant la scène lorsque la FPAQ a mené une saisie, jeudi dernier, à l'érablière Gaudreau, qu'elle possède avec son conjoint.

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Leurs problèmes avec la fédération remontent à 2001 alors que les Scotstownois avaient décidé d'entailler 20 000 érables supplémentaires, faisant passer leur production de 8000 à 28 000 entailles. Depuis ce temps, plusieurs autres conflits ont amené les deux parties jusqu'en cour.

« On a procédé à des saisies sans jugement depuis l'année passée », explique le directeur général de la FPAQ Simon Trépanier. « À plusieurs reprises les chiffres ne s'additionnaient pas et on a trouvé de leur sirop dans certaines succursales, ce qui nous pousse à croire qu'ils en vendaient en grande quantité eux-mêmes. »

Mme Bombardier déplore le fait que les producteurs du Québec soient assujettis à des quotas de production et de vente strictes alors que les producteurs étrangers peuvent venir vendre leur sirop dans la province. « Tous les producteurs de l'Ontario peuvent venir vendre ici à qui ils veulent, en quantité qu'ils veulent, sans avoir à donner de contributions et sans suivre aucun règlement. Le Nouveau-Brunswick, les États-Unis aussi », dit-elle en guise de comparaison.

« On veut contester la décision, ça c'est sûr », poursuit-elle. « Ils vont nous poursuivre avec l'argent de nos contributions. On est des entrepreneurs avant tout, on veut être capable de développer notre propre marché. »

La FPAQ, quant à elle, espère que l'érablière Gaudreau va enfin respecter les lois imposées à ses membres et arrêter de faire à sa tête. « Ce sont les seuls dans toute la province avec qui nous devons prendre des mesures aussi élaborées », conclut M. Trépanier en justifiant les actions entreprises par la fédération.